lundi 27 août 2012

Yell Fest n° 2, 24 & 25/08/12, le Loup dans la Bergerie, Chambalon

Soir I :

Neige Morte : première bonne surprise, je ne pensais pas entendre du death si tôt dans le fest, et je croyais que Neige Morte jouait du black ; doublement charmé, donc, d'entendre une boue occulte et malveillante, faite de Portal, de Witchrist et de crust-punk, élever à l'aise ses miasmes entre les pierres déjà fameuses de la Bergerie. Leur manque peut-être juste, malgré le son tout à fait galeux de la guitare, une basse pour réellement donner un enracinement à leurs maléfices - dans les cages thoraciques des auditeurs.

Warsaw Was Raw : un peu déçu de prime abord d'entendre ce qu'ils donnent sans la chanteuse qui faisait partie de l'image simpliste qu'on en avait gardée, on finit par se rendre comme avant voire plus que dans mon souvenir, à leur chaos groovy et purement électrique ; ça commence à rocker sur le Causse-Méjean.

Morgue : les vieux deatheux d'Alès, dont je verrais bien le seul album que je connais en ancêtre de tout cet amour septimane pour le chaos-core, m'auront révélé sur les planches leur façade... groove aussi, et pas qu'un peu mon neveu ! Des vagues de bonheur qui agitent la première scène que je vois de pleine extase dans la Bergerie cette année.

Jour II :

Sanair : le petit concert rural-noisedrone sur le vert parking n'aura donc pas été pour cette année, dommage, ç'avait tout de la très bonne idée pour commencer à la coule et allongé.

Mudbath : les petits neveux de Dadoo sont toujours les mêmes qu'il y a quelques mois en ouverture de Birds in Row : plein d'une belle envie, comme dirait le reporter sportif en moi (j'ai fait une partie de boules après la fin des concerts, ou pas ?) encourageante pour la suite, mais ... qu'ils passent leur bachot d'abord, et après on verra pour les conneries

Lahius : pareils eux aussi à leur souvenir d'il y a quelques mois : zéro dégaine, zéro tatouages, et un stoner de barbare total - son de vandale, batterie de porc, rugissements crus, riffs barbares, ils ont par-dessus le marché réussi à me faire presque aimer un long morceau de stoner instru-narratif, à sonner sans basse pendant une moitié du set, et à rester toujours aussi abrasants lorsqu'ils s'aventure sur l'ubac de la barbe de Neil Fallon. Un peu tout le contraire de ce qui suivra plus tard, en stoner. J'espère que leur tout frais petit disque sera à la hauteur.

 400 The Cat : et la leçon déculottée continue avec les extra-terrestres d'Alès (Jean-Mi nous aura donné des suées pendant cette partie de boules, ou pas ?), leur zenitude de darons psychopathes chacun dans son genre, leur charisme tout en coups d’œil rapides et en gestuelle nature, leurs interventions aussi spartiates qu'hilarantes - et surtout leurs morceaux de noisecore mental qui tape dans tous les sens sans jamais rien louper et surtout pas le bide, surtout pas à mesure que la fin approche et que la lancinance envahit la furie déployée, où l'on ne remarquerait presque pas à la hauteur de leur mérite les extravagances libérées par leur batteur ; sur-leçon en guise de finale avec la participation d'un membre d'un autre de leurs groupes affiliés, Royal McBee Corporation, et le finale du finale en forme de transe sidérurgico-alchimique intégrale. Vivent les vieux.

Mudweiser : cette année le Yell avait de la caillasse dirait-on, qu'ils se sont payé Johnny. La seule chose que je retiendrai de ce groupe qui était très exactement tout ce que je l'attendais où je l'attendais (mais pas ici) : son bassiste, la sonorité dégueulasse et inappropriée de son manche, et son énergie primate à la Scott Ian - et je ne dis même pas ça parce qu'il porte la barbe la plus célèbre de Montpellier ou qu'il a joué avec Verdun sur leur dernière tournée. Mais un bon moment de rigolade ne se refuse pas. Reuno bourre Chambalon, quoi.

Dead Like Me : j'ai toujours le même mal à décrire leur musique, ou à expliquer pourquoi je les aime alors que je reste imperméable à Stuntman ou Comity, par exemple ; mais ces grosses tranches de viande et de béton hardcore chaotique tombées de nulle part, aux structures, formes, cadences incompréhensibles et ultra-denses, me touche aux viscères, d'autant plus lorsqu'elle s'écorche de stridences hallucinées (mais ici presque rêvées) telles que je les aime tant chez Kill the Thrill, Binaire ou This Gift is a Curse. Dommage que leur chanteur doive les quitter, il fait partie constituante de ce douloureux bloc de son.

Ce qui ne se refuse pas davantage, c'est une petite sieste de 22h, histoire de ne pas dormir pendant le bouquet final. Je louperai donc, et ai cru comprendre que le mot n'était pas volé, Goudron.

Verdun : bon, bah Verdun, quoi - toute la France les connaît, non ? Ils font pas la prochaine Eurovision ?
Les nouveaux morceaux labourent un peu la gueule, ça brode, ça maîtrise, ça grand-messe dans la nuit cévenole, ou un truc dans le genre - ça moshe aussi, devant, j'apprécie aussi peu que pour Godflesh à la Villette, et ça me sortira plusieurs fois de l'hypnose headbangatoire bénie. Mais les jumpeurs sembleront s'être un peu fatigués tous seuls sur la fin. On était tous bien vidés, alors on a vidé les fûts qui restaient.

Puis évidemment, il y avait tout le reste, tout ce qui ne se raconte pas, parce que le Yell Fest, c'est la famille. Disons simplement qu'on a beaucoup beuglé avec l'accent.
A l'an prochain sans faute.


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