vendredi 14 septembre 2012

Bigg Jus : Machines that make Civilization Fun

Dieu sait que j'en ai vérifié, des disques de futur-hop fragmenté pour petits blancs sapés en noir, des Def Jux, des El P, des Cannibox, des Rawkus mon boule, et que sais-je encore. Et pourtant le voilà seulement enfin, le petit dernier à se montrer digne et qualifié pour étoffer un brin l'étagère où j'aligne comme à la parade les cyberpunks Dälek, Rubberoom, Fever, Sensational, Food for Animals, Dizzee, Octavius ... A la fois aussi hélicoptère conscient/filet à papillon bactériologique/dégénérescence germinative - que le veut l'exercice, et assez h.i.p.h.o.p - assez Wu-Tang, pour tout dire et malgré l'idolâtrie toute relative que j'entretiens à leur endroit, sorti de Forever - assez Ol'Dirty, plus spécifiquement - pour le faire avec vigueur, avec ses orchestrations martiales branleuses en sac à patates taille ex-ex-extra-basse, assez amples pour aller avec et contenir tout - car Grrand Jus n'oublie pas d'épaissir son bouillon de chou chimique jusqu'à lui donner la richesse en multiples textures d'une douillette et grisante pâtisserie mentale, avec une langueur soul digne d'un échantillonnage de RZA, une fumée dans la voix qui pourrait tirer vers les nocturnes de Kill the Vultures, un luxe de rythme fiévreux cousin d'un Timbaland passé au grime chez Modeselektor, voire de Seal Phüric virant dancehall, et une douzamertume stratosphérique et polluée dérivant vers la harsh-wave toxiconirique de Skinny Puppy. En fait je suis passé pas loin un moment, de vous servir une saucée de rhétorique photoshop, mais cela manquait de quelque succulence verbale, et puis je ne parvenais à me décider, entre la pochette de N***a Please avec le logo de Skinny Puppy quelque part en jaune survèt', ou la pochette de Rabies avec le nom de Big Baby Jesus dessus - mais dites vous que Machines c'est un peu beaucoup ça : Drexl débarqué dans Ghost Dog à la place de l'autre aï, un cross-country survival chamanique futuriste, les genoux tout écorchés au cerveau par le biais de dangereux super-pouvoirs autophages. Des barres.

3 commentaires:

Raven a dit…

Bigg Jus ça fait mal dans la tête

Karamazov a dit…

La rentrée est chargée, pas encore été voir celui-ci.
Tu connais les deux précédents albums Gulo ?
Dans le genre hip hop futuro/bien casse-gueule (ça passe ou ça casse), faut goûter le Zwarte Achtegrond de Lab Wast (si je peux me permettre la suggestion).

gulo gulo a dit…

essayés vite fait, le Mamba et l'autre, trouvés trop tradi et pas assez charismatiques