jeudi 27 septembre 2012

Chaos Echoes : Tone of Things to Come

Chaos Echoes, c'est avant toute chose un nom et un signal visuel dont on devine aussitôt les auteurs, hautement recommandables ; partant, c'est l'objet d'une grouillante attente, en confiance ; c'est, surtout, rien qu'un peu plus que juste un nouveau nom dans ce qu'il est sûrement des cuistres satisfaits pour juger "hipster" et "commercial" : l'outre-occultisme élémental façon Teitanblood, Antedeluvian, Portal, Mitochondrion, Aevangelist, ainsi de suite. Parce qu'il leur est la réponse franchouillarde - c'est à dire plus documentaire, plus cuisamment râpeuse et tangible, donc plus flippante ; plus sexe, aussi. Parce que très logiquement, en ces nouvelles pérégrinations free-death psychédélique, Chaos Echoes conserve de Bloody Sign cette dévotion inentamable pour celui qui est Dieu en terre mormétal : Chris Reifert bien sûr, et Chaos Echoes conserve de Bloody Sign ce qui les faits dépasser de la tête et des épaules en terre mormétal : cette aura tirant sur le black misérable et vicié, ce vague air d'Arkhon Infaustus en bien plus madré, de Funeral Mist en plus famélique. Mais Chaos Echoes, ce n'est pas Bloody Sign, c'en est l'étage suivant, Tone of Things to Come est une grisante errance toxicologique, sur des guitares aux chaudes ailes de cuir et une brigade rythmique bâtie à en causer des frissons aux adeptes d'Aluk Todolo, une sensuelle natation dans les paresseux flots de globules, un rapt du cortex, un catapultage dans une dimension façonnée de muscs orientaux, de gongs, et de rushes de cellules étrangères - une initiation tantrico-grammaticale menée sur des rythmes militaires par des adorateurs de l'insecte aux émotions ravagées par les alcaloïdes en fanfare, où le goudron a le goût du miel d'oranger. Point n'est besoin ici de jouer la dépravation, on se contente de l'exsuder, comme d'aucuns se pourlèchent les babines : avec un sain appétit - Saint Reifert, y es-tu, m'entends-tu ? Tone of Things to Come est une putain de fauve et délicieuse séance de gourdin. Et Tone of Things to Come, ainsi que son nom l'indique, est beaucoup trop court.

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