dimanche 16 septembre 2012

Chowder : Passion Rift

Amis de l'anguleux, comptez-vous ! Les ceusses qui gardent toujours malgré leur propre grimace de réaction un petit quelque chose de spécialement affectueux, ou un chien de leur chienne, pour les disgrâces cavalclaudicantes de Trephine, Loincloth et Tarantula Hawk, autorisez-vous un entrechat de gaieté. Lovecraft, ce n'est pas nécessairement - oh, j'aime beaucoup beaucoup Tyranny, Evoken et Aarni, n'allez pas vous méprendre - mais ça n'est pas que pachydermisme visqueux, couleurs tombées de cieux et réverbérances impossibles. Chowder redonne la parole  aux parquets qui craquent et à la pénombre qui se niche entre leurs lattes ricanantes, aux horloges qui grincent de malveillance, à la poussière dans les rideaux balourds et hors de proportions, à l'aigre et à l'âcre. A la manière de Necrovation, récemment, plus crânement et dans un genre autrement plus kermesse aux ciseaux, Chowder affiche sur ses traits, avec la modeste application qu'on est en droit d'attendre d'un artisan ébéniste qui joue dans Earthride et Revelation, la noblesse évanescente des dégingandements non-euclidiens et de la filandre métaphysique, fait honneur en somme à Erich Zann et à sa démente scie, traduite ici sous les doucereux dehors d'un vieux rock progressifumiste aux étranges lumières d'été de par-delà les antipodes du cosmos, qui fait miel les pluies les plus aigrelettes de riffs caprins autant que caillés pour la plus grande gloire de Pan - et rend accessoirement fou dans la plus grande et liquide béatitude à bandana, bien entendu. Parce que, n'est-ce pas, Lovecraft c'est aussi le cauchemardesque ravissement pastoral venu de chez Machen, la menace insoutenable comme le miroitis d'un mirage - et les chiches mots de franche sinistrerie pour la toute fin, avant de claquer le couvercle de la boîte.

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