mardi 11 septembre 2012

Missy Misdemeanor Elliott : Miss E... So Addictive

LE disque de r'n'b. LE disque de Missy, aussi. Le temps de l'intro, on se croit parti pour un album de délicieuse soupe aux épices de luxe dans la lignée de Da Real World. Et on se fait connement cueillir comme une fleur bientôt perdue, par la première ligne de basse entre house et hip-hop canaille - et emporter dans le festival satiné de ce disque qui voyait la rencontre au timing parfait entre le beat lubrique de Timbaland dont le triomphe commençait tout juste et était encore buvable, et l'initiation de Madame à un cacheton qui faisait alors une entrée fracassante dans le milieu des lascars (il a inspiré "Kim" à Eminem, dites pas le contraire vous savez que j'ai raison), et dont l'album est (un peu plus qu'ouvertement) la voluptueuse et religieuse célébration des pouvoirs. Rythmiques heurtées-saccadées-explicites et irrésistibles, qui vouent la carcasse à la condition de pauvre sac d'osselets et électrisent les hanches, phrasés zézayant entre Busta Rhymes et Lady Saw, synthés caoutchoutés chourrés à la dark-wave la plus scabreuse, orientalismes plus ou moins raffinés mais toujours piquants, ambiances stellaires, chœurs tout en sucre et cyprine, la soie et les fluides corporels sont une seule même et douce pluie parcourue de gracieux miaulis de séraphins femelles, une musique d'alcôve futuriste bien plus humide et organique qu'on n'attendrait - et surtout aussi, surprise au milieu de ces années tyrannisées par l'immonde french touch, nous tenions là un des albums qui le mieux transmettaient la sensation frissonnante de ces nuits sans fin et sans fond, le vertige sensuel de cet appétit extra-terrestre, l'angoissante intensité de bien-être, que prodiguait la fameuse petite pilule dans le noir.

1 commentaire:

Raven a dit…

oh; je suis plus sur la période lose control cookbook, mais elle arrive a me saouler autant que Busta sur la longueur d'un demi-disque, après c'est sur elle a su s'entourer ; faut que je retente depuis un bail, par celui-ci donc