mercredi 26 septembre 2012

Nachtmystium : Silencing Machine

Comment rendre sexy un album de ce groupe qui n'a jamais alimenté le moindre malheureux rêve, avec son nom pourri, son logo pourri, et son sanfordparker-black pourri par le muscle et le parallèlépipédisme ?
En n'essayant même pas. Nachtmystium, avec ce miraculeux Silencing Machine et sa pochette à la pignouve fauchitude eighties toute voïvoidesque, ce sont réunis la virtuosité touche-à-tout de KEN Mode et l'extravagance flamboyante et tonitruante d'Edge of Sanity ; c'est un album qui est First and Last and Always et Transilvanian Hunger, valsant enlacés la danse du j'cherche-mes-clés telle qu'on l'a rarement vu aussi émouvante, c'est une teinte new-wave qui hésite, titube, entre le Wolves in the Throne Room le plus vangélisse, et les jérémiades curistes épongées au temesta - avant d'un instant à l'autre de se laisser aller aussi épisodiquement qu'entièrement aux suggestions des étranges bruitages industriels qui le parcourent de bout en bout, et de prendre de curieux airs de Red Harvest (on n'est guère loin même des clones de Skinny Puppy les plus tiraillés entre rabique et émotif, pensez Din_Fiv, F.P.A.C, Decoded Feedback, Morgue Mechanism), pour d'inquiétantes pérégrinations reptiliennes où la rouille a des accents de trompette - l'horreur old-school de la jaquette tenant alors ses promesses de Chasses du Comte Zaroff. On crapahute un peu dans tous les sens, à une cadence folâtre et capricieuse, dans Silencing Machine, qui en cela me rappelle les sensations oubliées des disques que j'écoutais dans mes tendres années, avant de me mettre à fétichiser les albums obsessionnels et (peut-être surtout) leur perception en bloc - et ces disques-là, on le sait bien, n'en ont pas pour autant moins de caractère impossible à confondre, bien au contraire.
Il suffit de dire que ce disque est un disque de black qui plaît à Bernard, et pour faire avaler du black à Bernard il faut se lever tôt, les seuls ratas que j'ai réussi à lui fourguer se nomment Aosoth, Hell Militia, Nunfuck Ritual : ça vous situe un peu la délicatesse du type, et la caution que son auguste palais représente. C'est même bien pour quoi j'ai flairé le coup fumant et daigné ignorer les préventions qui m'auraient fait passer à côté de ce délicieux album. Vous aussi apprendrez à compter avec Bernard.

1 commentaire:

BBB a dit…

Alléluia!!! :)