lundi 3 septembre 2012

Yob : The Illusion of Motion

Sidérant Yob. Le groupe par excellence qui sans vergogne ni états d'âme glane ses influences dans les prairies de la modernité, El Wiz, Burning Witch et Neurosis en guise de dieux, plutôt que le sempiternel et ennuyeusement "sacro-saint" gang des postiches du doom - et qui pourtant, bien plus que des légions d'autres justement restés accrochés comme de palourdes rombières aux poussiéreuses tables de la loi, déploie une irrésistible envie de jouer (il faut avoir vu Scheidt se colleter langoureusement autant que vigoureusement avec ses riffs, sur une scène) comme si on était pile en mille-neuf-cent-soixante-je sais pas combien (vous maniez certainement mieux le wiki que bibi), et que tout restait à faire sous le soleil de feu. Voire mieux, en mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix-quelque-chose, tant cet album, qui a envers et contre toute logique la violence de couleur des premiers émois, me rappelle mes propres premiers vrais émois sidérurgiques, et sonne un peu beaucoup comme si c'étaient Jane's Addiction et le FNM de The Real Thing qui étaient en 1970, et démentiellement affairés à forger une nouvelle musique chamanique et chamarrée appelée doom. Une musique d'une sincérité, d'une nécessité, à tout rompre, à commencer par la croûte terrestre bien entendu. Soit la seule considération qui compte en fin de compte, puisque Murat avait bien raison : on n'est pas dans l'industrie du yaourt.

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