lundi 1 octobre 2012

The Glad Husbands : God Bless the Stormy Weather

Je ferais mieux de cesser de suite de conjecturer sur la provenance des groupes italiens ; après tout l'Italie n'est pas qu'une rive. Mais, déplorerai-je tel ma compatriote Alizée, est-ce ma faute à moi si leur mathcore à eux a si souvent le goût vif des embruns ? Si leurs groupes apparentés, ainsi qu'on a pu justement le lire, à Dazzling Killmen, ou à Keelhaul comme on l'a moins lu, ont un gris métallique et salé que n'a aucun parrain ricain aussi illustre que congestionné ? Je devrais probablement objectiver, et citer de préférence, pour évoquer cette limpidité invasive non pareille, les noms de Fugazi et Don Caballero - en compagnie d'un paquet d'autres, puisque Les Maris Heureux sont un de ces groupes qui virtuosent à refaire un peu tous les autres dans leur sphère, en quelques aériennes virevoltes - mais c'est bien plutôt cela, cette âpreté saline et claire, qui définit le groupe, et cet album qui gicle joyeusement en se brisant dans les rochers déchiquetés, gifle un sourire sur le visage, rudoie les émotions dans les rouleaux aux odeurs de varech, avec l'élégance permanente d'un Shellac qui mouillerait sans façons le bas d'un pantalon de flanelle pour le plaisir de quelques ricochets, toujours doucement éclairée par la grâce et la légèreté d'un sourire, d'une moustache vénitienne, même dans les moments les plus barbus... C'est l'enfance de l'art ou tout comme, c'est peu ou prou la même chose toutes les saisons, c'est depuis toujours le même remou de vie indompté... Et pourtant, mieux que Dazzling Killmen, mieux que Keelhaul (rappelez-moi d'où vient ce terme qu'ils ont pris pour nom, d'ailleurs ?), c'est de Craw et du céleste Bodies for Strontium 90 que God Bless the Stormy Weather est le cousin : faire de mathématiques aussi abstruses et anguleuses, chose aussi simple et fraîche qu'une baignade.

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