vendredi 2 novembre 2012

American Heritage : Sedentary

Une de nos vedettes locales récemment disait de ce groupe qu'il nous donnait ce que Mastodon aurait pu si ces derniers ne s'étaient mis à faire de la merde (je cite de mémoire) ; même si ledit héros local a l'idée saugrenue de trouver qu'Axe to Fall est un bon album, dans le cas qui nous concerne il n'a fait, du moins je l'espère de mes congénères, qu'exprimer à haute voix ce que le commun des honnêtes gens pensent : Mastodon de la fameuse époque Remission - en plus décontracté du slibard ; j'aurais presque envie de dire que j'en ai autant pour le compte de Keelhaul, en moins pire, certes, parce que Keelhaul (qui sont d'ailleurs aussi nos héros locaux) ça reste tout de même très buvable, mais disons qu'ils ont à mon goût un brin trop tendance à préférer l'instrumental architectural à ce que moi je préfère chez eux : les maThs avec un T comme t-bone et à chant de taureau débonnaire de II. Mais bref, Sedentary c'est ça : une décontraction redoutable, un peu semblable à celle de KEN Mode, et qui s'avère redoutablement fatale chez un groupe qui mouline aussi dru et infatigable que bon nombre de ces mirmidons semés dans son sillage par Matt Pike, mais sans se la jouer barbare, ni ce second degré qui est surtout une ambiguïté permettant de gagner à tous les coups - sauf que là, c'est American Heritage qui gagne, avec cette somptueuse pochette Yellowstone, pour cette re-sortie sur sillons (courant novembre, chez Solar Flare, oui ce billet est une commande, qui m'a été passée avec moult urbanité et m'a donné l'occasion d'enfin revenir à un album à qui j'avais déjà détecté un capital sympathie certain, à sa sortie première), sous laquelle sans chichis, sans façons, sans degrés d'aucune sorte, on envoie la viande, en toutes tailles de tranches pour le bonheur de tous les honnêtes viandards, on en ressert avec largesse et bonne humeur à qui veut,autour du feu, avec le seul outillage du couteau de chasse et de ses doigts, ce qui reste le meilleur et plus simple appareil pour savourer leur heavy ursin musqué de stoner hardcore tempétueux. En vérité elle était tout à fait nécessaire, cette nouvelle édition : ne fût-ce que pour lui donner cette pochette qu'il méritait, mieux que la joliette abstraitelette qu'a faite Stephen Kasner pour le cd, parfaite pour cet album qui donne à Baroness une désinvolte leçon de bonne manières rurales, où tout respire la décontraction, la résine, l'humus, où tout respire tout court, parfaite pour cette musique de steak-party bonhomme et discrète de bûcherons au fond des bois.

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