mardi 6 novembre 2012

Doom 03/11/12, Squat 'n' Rot Palace


Ma relation avec Doom, en particulier avec leur Peel Sessions, est intimement liée à l’abus d’alcool. Je mets le disque. J’ai envie de boire. Je bois. J’ai envie de réécouter le disque. Je remets le disque. Du coup, j’ai de nouveau envie de boire. Alors je bois. Naturellement, j’ai envie de le réécouter, ce foutu disque. Alors je le remets et là, la soif, encore.
Ethylisme tout-sauf-festif, beuverie grise, solitaire, aussi déprimante qu’une carte postale de Birmingham en hiver, cercle vicieux à rebours des grandes purges fougaziennes de printemps (Je mets le disque. Je vais me faire une verveine. Je remets le disque. Je décide d’arrêter de fumer, etc.…) qui se termine en général par une vile transformation en Supermurgeman (Drunk with Power !) et une estime de soi dans les chaussettes.
Aussi, à l’annonce de leur passage, j’anticipais l’autodestruction programmée et, judicieusement, m’assurais de ne rien planifier pour le lendemain.

Jour J.

Le problème des lieux autogérés c’est que le prix de l’alcool y est scandaleusement bas, un vrai pousse-au-crime. Lorsque survient l’intro musicale (Asylum de Crass) qui précède l’entrée du groupe sur scène (tiens, ils ont tous la même non-coiffure) je suis un phacochère, un vieux mâle acariâtre au poil dru, bruyant, puant et bas du front, qui s’ébroue bientôt frénétiquement dans la boue parmi ses congénères. J'ai dû chuter du rameau bourgeonnant sur lequel je reposais, m’être tant bien que mal rattrapé aux branches basses du grand arbre phylogénétique mais à un moment donné, en remontant, j’ai dû prendre une fourche à droite au lieu de la prendre à gauche, ou l’inverse.
Je relève le groin de la fange alors que le concert s’achève sur "Means to an End".


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