mardi 27 novembre 2012

Neurosis : Sovereign

Aussi montagnard que Honor Found in Decay peut être forestier : avec un foutu caractère merdique de blaireau - car Neurosis, mes chers petits, ce n'est pas juste l'apocalypse, la fin du monde, les gémonies, et tout ce qui s'ensuit : c'est aussi mon pied dans ton cul, ta tête au carré, tes couilles dans un tupperware, et le cataclysme tout aussi cuisant d'un bon coup de rougne qui pète. Ou bien se contente de couver, tel qu'ici il fait le plus gros du temps, sans pour autant laisser grand chose à l'imagination des brutaux sévices qui guettent l'impétrant.
Sovereign, très clairement devant mes yeux, c'est une troupe de ruffians armés jusqu'aux dents, la mine sinistre, sur un raidillon à flanc de rocheuse, la barbe giflée par l'avant-garde de l'orage, on ne sait trop si en exil ou si en expédition de représailles sur un village rival, mais de toute évidence ça va barder et l'imminence des bleus, des bosses et des plaies barbares est un lourd couvercle de maussaderie qui étouffe tout lyrisme dans ces riffs qui si l'on regarde sous leur terne croûte (le disque est généralement aussi peu prisé que le dernier album), ont tout le désagréable air de vous garder un chien de leur chienne, comme ça sans vraiment de raison, juste parce qu'il fait gros temps, que c'est la montagne et que les jours sont méchamment durs ces jours-ci, et que le ciel va bien finir par tomber, juste parce qu'on verrait pas comment ça pourrait être autrement. Sovereign ? Ce disque de boue et de petit matin obscur et sans illusions où les hommes parlent bas et brusque, cette version épurée et désédulcorée d'A Sun that Never Sets, aurait dû s'appeler Soudard, voire Peon.

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