lundi 19 novembre 2012

Neurosis : The Word as Law

De loin en loin je dois réécouter cet album, car je parais ne jamais me rappeler à quoi il ressemble. Tu m'étonnes, aussi, au vu de la dernière fois en date : The Word as Law ne ressemble à rien, c'est pour ça. Guère étonnant qu'il ait l'affection très sélective de notre cher One Love, esthète s'il en est et président de la Turquoise Nation (dont l'hymne national est d'Unholy et où Godflesh a sorti en exclusivité un e.p appelé Gordon dont nous attendons toujours la chronique par ledit One Love, bref) : qui mieux que lui pour siffler les sucs rares et exigeants d'un album qui est fait de la stridence abstraite de Dazzling Killmen, du sadisme acide de Black Flag, celui d'In my Head, de la passion spirituelle tourmentée de 108 - et de l'urbanité et la grâce bondissante de Biohazard ; mais qui est surtout, avec déjà ses touches de basse punk maladives qui nous jouent les espagnolades du tænia, un genre de rencontre entre Crass et Joy Division - arbitrée par des moniteurs aux carrures de Pascal Brutal ; ou si l'on veut, de Rudimenary Peni et d'Integrity, ils sont aussi moyen-âgeux l'un que l'autre après tout ; et avec sa façon d'hésiter encore entre gravité et acidité, le groupe évoque plutôt Stranger than Fiction que Meatjack, plutôt Circus Mort que Swans. Bref, ce n'est pas un hasard s'ils ont sorti un e.p intitulé Aberration, le groupe est un monstre, et l'album a de toute évidence le charme de la maladresse, si l'on veut, qui est surtout le charme de l'énorme potentiel qui, capricieux, a décider de s'aller incarner dans ces dépouilles ingrates, d'aller les les trans- ou les défigurer de ses révélations cosmiques, de ses questionnements surtout puisque comme chez 108 c'est tout sauf l'apaisement qui est à la clé de l'entrée en religion, qui commencent à faire sentir ici leur lancinement et à troubler l'existence autant qu'elle grise et élève, la tête en bas.

Et pour mettre fin à notre enquête-démonstration de l'automne : oui Oakland est un nid et oui Neurosis sont des corbacs - ou des post-punk, si vous préférez (et post-hardcore, contrairement à tous ceux qu'ils ne faut pas nommer).

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