mercredi 7 novembre 2012

Scott Kelly and the Road Home : The Forgiven Ghost in Me

Le voudrais-je que j'aurais du mal à m'en cacher, ma discrétion et ma légèreté numériques étant légendaires : j'ai toujours fait des gorges chaudes des albums solos des deux Neurozizitops, avec justement une acrimonie particulière pour Scottie et sa gentille bouille d'ourson street-crédible, dont j'ai même snobé la date unique en France ou quasi dans une cave de mon bled tenue par les deux demi-clones de Kirk Windstein - à la réécoute aujourd'hui, je me demande si à la fin ce n'est pas la voix de Steevie qui est la plus ridiculement affectée et empruntée.
Mais il s'en est passé, des choses depuis, et dernièrement ; c'est compliqué, une relation de vingt ans ; il y a eu un album dont, tout comme celui de Converge, j'attendais fermement une déception, malgré l'effet appréciable que m'avait fait le précédent : on est comme tout le monde, après tout ; il y a eu, cependant que je regardais venir ladite vautrade espérée, ce fameux (?) entretien de Scottie dans Tracks, un Scottie vieillissant comme un sac, la barbe, les jointures et le maillot de foot à leurs plus caricaturaux, qui prétendait que Neurozizi leur truc c'était de fracasser les têtes, et qu'ils le faisaient bien - causant chez moi une hilarité un peu navrée. Et il y a eu l'album derrière ; et il fracasse des têtes ; avec la même sinistre et placide indifférence du désespoir que le gros monsieur barbu parlait dans le poste.
Alors, forcément, j'ai fini par avoir la suite dans les idées d'écouter ce nouvel album pour barbe solo, avec son nom à  backing band qui va bien, et sa pochette crari Sacred Bones qui va bien ; après tout j'affectionne The Eye of Every Storm, l'album avec lequel on s'est remis ensemble Neurosis et moi ; et, bien entendu, c'est ce que ce doit être : un album solo de mec qui bosse dans un groupe de lourd-pas-drôle ; il évoque très logiquement tour à tour Man's Gin et Angels of Light.
Mais c'est surtout un très chouette album de country de chaise à bascule, avec l’œil dans le vide et tout, et la voix épaisse et mâchouillarde de joue de routier et tout, un peu appliqué tout de même c'est normal c'est Neurosis, c'est leur façon rituelle de faire les choses même la country ; il y fait plutôt un jour assez cru et qui fait plisser les yeux, qu'un quelconque crépusculaire de complaisance ; et il me va très bien. Faut croire que je vieillis. Mais comme à ce qu'y paraît Neurosis aussi, c'est cool. C'est ça, les vieux couples.

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