lundi 31 décembre 2012

Diocletian / Weregoat : Disciples of War

Trois nouveaux morceaux de Diocletian, trois nouvelles coulantes à la limaille de monde putréfié, trois nouvelles invasions brutales, trois irruptions de l'Immaterium sauvage dans le tissu délicat de la réalité, trois abominations dont la semblance paraît n'obéir qu'aux remous et aux ondulations d'un énorme nuage de mouches à viande, trois hargneuses nausées, trois volées de bombardiers migrateurs, annonciateurs du retour de l'hiver nucléaire.
Avec les trois Weregoat, on n'est guère loin, puisqu'on pourrait parler d'amalgame entre Abscess et Witchrist, on est plus terre-à-terre puisque l'on pourrait encore et pour emprunter la métaphore du titre, dire que pendant que Diocletian officie l'holocauste céleste rituel, Weregoat se charge de l'assaut en surface, de la partie meutre animal de masse, avec une belle nervosité rock'n'roll préhistorique, qui ne parviendra pas à dissimuler qu'ils s'abreuvent au même psychédélisme de dérivé pétrochimique.
Bref, on l'aura compris, je n'aime pas chroniquer les splits, pas davantage que les singles ou les compilations.

lundi 24 décembre 2012

2012 is

Cette année je ne les ai même pas comptés et ne veux pas savoir combien ils sont, plein, vu que l'année fut une fois de plus bonne, n'en déplaise aux blasés et aux gens raisonnés, les albums qui ont fait mon 2012 à moi, y a même deux e.p. dans le lot parce que la qualité c'est pas au poids, et d'ailleurs ils viennent tous deux du même riant coin de France, d'ailleurs si c'est peut-être bien mon palmarès le plus black metal depuis avril 2008, c'est sûrement le plus chauvin, mon provincialisme devient de plus en plus difficile à dissimuler, que voulez-vous on a eu une belle récolte. Les voici donc, les albums qui t'emmènent hors de toi dans un hors du monde que tu n'oublieras jamais, et ceux qui te parlent mieux qu'on ne t'a jamais parlé, ceux qui te plient et ceux qui t'esclaffent. Bref, c'est comme tous les ans.























Sans oublier ceux qui cette année ont en un seul morceau calmé ce rap-jeu, en appliquant un gros caramel salé sans beurre - et parfois sans que ce soit incompatible avec un match parfait et dominateur ; les morceaux qu'il est toujours un peu compliqué d'écouter par tranches d'une seule fois, ou assis sur son derrière, et qui collent la peau de poulet même sur les écouteurs du smartphone pendant les horaires ouvrés. C'est pas toujours très beau, c'est normal c'est le ralenti des plus beaux directs au foie de l'année :


Asphyx "Deathhammer"
Ceremony "Hysteria"
Deftones "Tempest"
Converge "All we love we leave behind"
Doktryn "Il faut que tu crèves"
Killing Joke "Primobile"
Converge "Aimless arrow"
Meshuggah "Swarm"
Rise and Fall "Things are different now"
Douglas J. McCarthy " All kinds of wrong"
Douglas J. McCarthy "The last time"



Sans oublier non plus, n'est-ce pas, ceux qui sont arrivés trop tard dans l'année pour les laisser suffisamment reposer et les mettre là au-dessus de façon assurée et péremptoire - parce que je me prends décidément trop au sérieux. Et puis, ça donne l'impression que j'en ai mis un peu moins, ça me donne l'air sérieux.





vendredi 21 décembre 2012

Andy Stott : Luxury Problems

Comme qui dirait que le gars dans mon frigo a trouvé le vieux pot à café où je rangeais mes taz, et tombé va savoir comment sur mes vieux disques chéris les plus gourds, Tricky, Starfish Pool, Riou, Cristian Vogel, Scorn, Enduser, Carla Subito, Fetisch Park, Morgenstern, Orphx, Witchman, Slotek - et ainsi de suite ; et, j'en suis bien content, qu'ils lui donnent bien de la joie ; du coup il a tout mis ensemble et en a fait un seul machin, martial et céleste.
Et frigorifique, bien entendu.
Ils appellent ça bass music, et sans doute est-il donc logique qu'on y entende du dub, de la house, de la jungle, de l'abstract hip-hop, de la garage. Je préfère quant à moi surtout y entendre ce que devrait être le dubstep dans un monde bien rangé, ce que je croyais qu'il était la première fois que j'ai rencontré le vocable : un téléscopage entre Logghi Barogghi et une compil' 2-step de chez Blackmarket - ou alors juste appeler ça de la techno, mais aujourd'hui on dirait que ça ne se dit plus et qu'on doit dire electro - alors Andy Stott doit logiquement être dans la catégorie electro-ménager. Parce que quand bien même ça essaie de mettre ses coups de pression bunker-style avec le renfort de ses kilogrammes cube de basse - et que ça marche même pas mal, quand Andy dit oui et lâche les stomps, sur les terraformeurs "Sleepless" et un "Up the Box" Icarus-style - on reste pourtant toujours davantage du côté de Julee Cruise, que de celui d'Inade.
Ce qui n'est pas un mal, notez bien : Luxury Problems, c'est comme un plat de standing gourmet/couture, surgelé, et consommé sans décongeler : ça rappelle de bons souvenirs, de descentes grelottantes, et de ce battement des membres qui ne veut pas mourir, ni finir de mourir, toujours plus raide soit-il - la techno, dans toute sa stérile magnificence indomptée.

Douglas J. McCarthy : Kill your Friends

Qui l'eût parié, certainement pas moi, que tout comme James Bond un autre fleuron de la culture britonne en la personne des Sheep on Drugs se verraient repris en main avec une virile assurance par Daniel Craig ?
Aussi énorme cela puisse-t-il paraître à avaler, Douglas incarne ici une sorte de grand frère laconique et aux méthodes brutalement expéditives des exubérants gobeurs disco-batcave - mais qui sous le costard casual irréprochablement coupé a discrètement digéré ou plié en pochette le gospel gominé de Dave Gahan et Martin Gore, le gospel beaucoup trop gominé de Raymond Watts, la condition physique inoxydable d'un Bill Leeb qui aurait appris la soul ou d'un Marc Heal born again straight edge revenu de l'enfer, l'appétit de J.G. Thirlwell, et les blessures impeccablement masquées sous les pintes avalées cul sec sans le moindre tremblement, et sous les synthés de mac en costume blanc... Douglas, il ventile. Sans chichis, sans tralala, sans faire de trucs de fiottes, sans masse musculaire excessive, il raréfie l'atmosphère autour de lui, d'un seul coup autour de tant de classe concentrée dans un seul petit nervi sec comme un coup de trique, il n'y a plus rien, plus que ce rictus de dédain discrètement agité de tics psychopathes.

Atheist : Jupiter

Vous êtes nombreux à vous demander le secret de mon teint de pêche, je le sais, et aussi ce qui me permet de continuer à dire comme je le fais "les métalleux", alors que depuis de longues années le metal constitue le plus gros de ce que j'écoute.
C'est que je continue avec une exemplaire constance à ne pas savoir de quoi je parle, la preuve je n'ai jamais entendu les autres albums d'Atheist et n'ai pas prévu de le faire, et à ne pas savoir ce que je dis, la preuve je ne vois pas dans la ci-devant frétillante et sur-énergétique chose ce qu'il y a de death, d'ailleurs je m'en vais de ce pas et avec une satisfaction non dissimulée en ranger le seyant boîtier là où je mets déjà les Voivod, le Loincloth et les Meshuggah.

jeudi 20 décembre 2012

Andy Stott : Passed Me By / We Stay Together


Comme qui dirait que mon Beko DSA 25012 est devenu le dernier club à la mode pour les extrémistes de l'after, et qu'on y passe une version judicieusement chambrée d'un autre double album, le album définitif de la hardhouse d'after. Simplement, la présente sauterie est cette fois vécue depuis la vieille barquette en polystyrène, sous le plissé chuintant du film alimentaire, avec la souplesse du rôti froid. Laquelle a au bout du compte peu à envier à celle des lombes et des jambes des illustres piétineurs du petit matin, aux petites heures. On y est bien, dans mon Beko, on y entend ronronner les basses de la bombinette de fréon, et chuchoter les sauces qui tout doucettement se gâtent, les fruits qui passent de date... On y soulage ce manque que j'ai si mainte fois ressenti de ce qu'il faudrait d'angélique soul pétrifique dans la musique industrielle... La redescente a toujours été partie constituante du voyage, et pas la moins cosmique, aussi anti-émotive fût-elle comme ici, la congélation de l'âme a même toujours été le passage qui me remplissait le plus d'horreur sacrée. La voici à son sommet de pimpitude impeccable.

mercredi 19 décembre 2012

Desolate Shrine : The Sanctum of Human Darkness

On ne sait toujours pas s'ils sont à compter dans les rangs death ou black mais une chose est certaine : Desolate Shrine marche sous la bannière de la terreur ; totale, genre. Ondskapt, Asphyx et Hate Forest sont leurs pairs et les noms qui viennent en tête ; et guère d'autres. In Slaughter Natives dans la Slaughterhouse ? Les riffs et leurs murs sont horrifiques, sévères, minéralisés, leur scie dégueulasse vient d'un autre monde, et il est étourdissant de constater les effarantes doses d'étrangeté que le death metal, celui de ces types en tous les cas, arrive à convoquer, sans nécessairement le besoin d'en appeler à aucune géométrie non-euclidienne, mais plutôt à des couleurs qui sont à la couleur traditionnelle ce que le timbre est à la note ; le death de Desolate Shrine n'est peut-être pas précisément doom, mais il est précisément maudit à n'en pas douter ; Desolate Shrine joue le death avec magie, joue une musique monacale et sorcière, sinistre, barbare, qui ne montre pas grand chose mais exerce directement sa préhension, sa possession, sur les organes internes, qui fait claquer des dents de froid et de peur, une musique qui n'a plus grand chose de rock, un peu à la façon du Merrimack dont The Sanctum of Human Darkness est une version nappe de carburant fossile, avec sa musique des entrailles et du barrissement chtonien, sa sorcellerie, encore plus antédiluvienne et pré-humaine que cette de Tenebrous Towers, des souches, des racines et de l'humus, cette nature à un état tellement brut qu'il en accède au surnaturel. Un album ensevelissant, ce qui paraît à propos.

lundi 17 décembre 2012

Malformed Earthborn : Defiance of the ugly by the merely repulsive

 

Cette fois-ci, la piqûre de rappel ne sera pas faite dans les normes sanitaires de rigueur : merci de vous assurer par vous même de la bonne stérilité du matériel médical. Plus crade que tout Napalm Death réuni, plus ouvertement indus que l'ensemble de leurs side-projects, et puis ce titre : la phonétique parle d'elle-même. Ce truc-là, ça ne suinte pas, non madame, ce truc-là, ça gicle par pâtés, ça glairise dans tous les coins façon l'Exorciste, ça s'incruste dans les tissus-viande, ça se gargarise joyeusement de mutagène contaminé pour mieux le distiller dans ses sucs vomitifs, purulente purée de crachat toxique, soupe primitive et primordiale, matrice de la Sainte Bactérie, bla bla bla blark bleurk. Les abattoirs automatisés Beyrouth 3000 sont en marche, les charognes plient sous la pression des mâchoires métalliques, sont vomies par caisses entières direction le dépotoir nucléaire, sur fond de beats-tech-sielwolf en tout aussi dégueu voire pire, et de basses analogiques dignes des meilleurs passages de la bande originale de Bad Taste. La couche de crasse essentielle qui vous tiendra au chaud tout l'hiver.


vendredi 14 décembre 2012

Botanist : III : Doom in Bloom

Le nouveau Botanist c'est comme les deux précédents, mais en, comme son nom l'indique n'est-ce pas, plus lent - pense-t-on au début déçu par la sensible baisse d'astringence et de violente intensité du saisissement procuré ; en plus languissant, finit-on par s'apercevoir - il est déjà trop tard : les botanistes comme chacun sait sont, en puissance tout du moins, tous des enculés d'empoisonneurs, et Doom in Bloom est une foutue saloperie de décoction végétale, d'intoxication qui vous possède d'une langueur fatale, invincible, molle et souveraine à la fois, une paralysie en effet bien plus douce que celle où vous pouvait faire glisser son double prédécesseur, une pâle vie végétative qui vous prend, aussi passive et aussi délétère que la Pocahontas de Mallick ; c'est le placide engourdissement généralisé, celui qui seul fait la morsure de cette musique paraître moins aigüe qu'aux premières gifles de ses orties, et leur agitation, sur de religieux thèmes qui paraissent les mêmes, qu'au début, que sur les autres disques, on ne sait plus bien dans la rêveuse mollesse qui gagne de plus en plus - paraître plus lente, et l'écarquillement d'incrédulité devant une mort qui vient avec une horrible et extrême douceur impossible à seulement combattre ; c'est, excusez moi de le dire, un putain de disque de salopard.

Ash Borer : Cold of Ages

Grey metal, qu'ils disent - je parle bien entendu des vrais. Ils parlent ainsi en général de tout ce qui sort sur Profound Lore, et ils n'ont somme toute pas tort. Car qui mieux que Profound Lore a su voir et réunir tous ces groupes qui ont su voir - sentir - jouer - le pont jeté, offert, entre black et cold wave - et ce pas depuis hier, puisque Dodheimsgard eux-mêmes ont sorti un superbe, cendreux et liquide album de grey metal bien âpre dès leurs toutes jeunes années. Ash Borer joue non du métal tant que de la ferronnerie, et à grand bruit de lames ternes et maussades farouchement martelées, allie Transilvanian Hunger et Pornography - aux accents éplorés de Brave Murder Day et de Forever the End, mais avec une humeur noire et remâcheuse qui donne à ses moindres décélérations des accents de menace et de malédiction prenant la lune à témoin, réminiscents du trad doom le plus gothique et amer (Reverend Bizarre pour ne pas le  nommer), et se mariant assez bien avec l'espèce de rancune celticrust à la Ludicra de rigueur dans cette teinte de metal, comme l'est la rudesse gazeuse hivernale d'un Castevet. Ash Borer joue du beumeu pour regarder les étoiles, comme Altar of Plagues joue du beumeu pour regarder la pluie. Oh, ce n'est pas Satan, non. C'est plus salope que ça, puisque c'est la Lune. T'as qu'à voir, c'est tellement vénérien et morbide que le dernier morceau a son intro sponsorisée par Worm Ouroboros. Un genre de lèpre qui change la chair en métal - noirâtre, oui.

mardi 11 décembre 2012

Neurosis : Enemy of the Sun

Est-il vraiment nécessaire que j'en passe par là ? Par honnêteté, peut-être, pour remettre le reste de l'inventaire (voir plus bas), et mon propos en général, en perspective. Ça va être moche, pour sûr. Parce que vingt ans après bientôt, je suis toujours Gros-Jean comme devant pour parler de ce disque. Faut dire aussi qu'il fait partie dans mon historique personnel de ces fameux albums, il vaut mieux n'en jamais lister plus de trois sinon ça n'a aucun poids, qui ont changé ma vision de la musique (si j'étais emphatique je dirais du monde, voire d'être au monde, mais si je l'étais ça se saurait). Que tel que je le vois, ce disque fait partie des petits nombres - deux, pour être précis ; il y en a deux des comme ça ; Streetcleaner, et Enemy of the Sun, le disque de néandertaldoom qui met la branlée à No Surrender, le disque de punk qui met la race finale à tout ce que pourra sortir Xibalba, le disque de metal que je regardais avec la même diagonale d'appréhension et remontées acides que Blut de Haus Arafna et qu'aujourd'hui The Drift ou Defixiones, Will & Testament... car en vérité Enemy of the Sun est aussi des pairs d'Overkill, de ces disques qui fessaient et continuent de fessaient par anticipation des générations à venir d'albums qui ne démériteraient pourtant pas - mais on est un monstre ou on ne l'est pas ; et Enemy est le monstre, l'ennemi tu peux le dire mon salaud, des disques de Neurosis le plus cru et drogué et hideux et inhumain - à partir de "Cold Ascending", la nausée ne cesse plus de monter, et de faucher au foie, la basse est à dégueuler, les guitares ont la suavité de la bile, le goût du sang vient aux gencives et commande d'aller mosher comme un pourceau, et de laisser les tambours noyer le cerveau comme ils le font des riffs, dans la torpeur bestiale esclave d'astres qui ont failli, et se sont détournés, dans le brouillard noirâtre du cauchemar, de cette histoire d'ogre pour adulte, et de séquestration. Non ce n'est pas ici que l'album aura la chronique qu'il mérite, il ne mérite pas une chronique il mérite d'être éprouvé, comme l'épreuve qu'il est. Avec appréhension, avec crainte, avec répulsion.

lundi 10 décembre 2012

Blut aus Nord : 777

 Vérification a désormais pu être faite : cette histoire est celle d'une lente extraction à un cosmos de noire, tangible et épineuse mélasse, d'une gazéification, d'une ascension.
Une horrible ascension, vers une abominable lumière à la température abyssale, vers un ciel atrocement abrasif.
Zen, mon cul.
La chute, encore et toujours, toujours plus haut.


jeudi 6 décembre 2012

Le Tigre : Le Tigre


Pauvre Abrutie que tu es. Déjà, ce ne sont pas les poils qui puent mais la peau sans les poils, car elle ne respire pas. Je ne sais pas d'où tu sors, mais tu es vraiment une imbécile  (…) L'homme qui ne supporte pas les poils chez une femme est un être immature qui a peur des vraies femmes, des femmes adultes. Et vous toutes qui vous rasez, vous épilez avec un fort sentiment d'horreur à l'idée qu'on puisse vous traiter de poilues, vous n'êtes que des fillettes sans caractère qui vous soumettez à la double autorité de la mode et des faux mâles (mais vrais pédophiles refoulés). Si la mode imposait soudain le poil, vous seriez les premières à bazarder vos saloperies de rasoirs et autres crèmes dépilatoires qui n'enrichissent que le fructueux commerce des cosmétiques. 
(…)
Petit rappel: les poils apparaissent sur le corps, masculin comme féminin au moment où celui-ci devient pubère. Donc pas de poils = pas baisable. Des poils = adulte et formé. Moi, ça me questionne grave sur la maturité sexuelle des gens k'aime pas les poils (...)


"Suis-je une des rares qui ne s'épile pas sous les bras ?" - forum.aufeminin.com

mardi 4 décembre 2012