vendredi 21 décembre 2012

Andy Stott : Luxury Problems

Comme qui dirait que le gars dans mon frigo a trouvé le vieux pot à café où je rangeais mes taz, et tombé va savoir comment sur mes vieux disques chéris les plus gourds, Tricky, Starfish Pool, Riou, Cristian Vogel, Scorn, Enduser, Carla Subito, Fetisch Park, Morgenstern, Orphx, Witchman, Slotek - et ainsi de suite ; et, j'en suis bien content, qu'ils lui donnent bien de la joie ; du coup il a tout mis ensemble et en a fait un seul machin, martial et céleste.
Et frigorifique, bien entendu.
Ils appellent ça bass music, et sans doute est-il donc logique qu'on y entende du dub, de la house, de la jungle, de l'abstract hip-hop, de la garage. Je préfère quant à moi surtout y entendre ce que devrait être le dubstep dans un monde bien rangé, ce que je croyais qu'il était la première fois que j'ai rencontré le vocable : un téléscopage entre Logghi Barogghi et une compil' 2-step de chez Blackmarket - ou alors juste appeler ça de la techno, mais aujourd'hui on dirait que ça ne se dit plus et qu'on doit dire electro - alors Andy Stott doit logiquement être dans la catégorie electro-ménager. Parce que quand bien même ça essaie de mettre ses coups de pression bunker-style avec le renfort de ses kilogrammes cube de basse - et que ça marche même pas mal, quand Andy dit oui et lâche les stomps, sur les terraformeurs "Sleepless" et un "Up the Box" Icarus-style - on reste pourtant toujours davantage du côté de Julee Cruise, que de celui d'Inade.
Ce qui n'est pas un mal, notez bien : Luxury Problems, c'est comme un plat de standing gourmet/couture, surgelé, et consommé sans décongeler : ça rappelle de bons souvenirs, de descentes grelottantes, et de ce battement des membres qui ne veut pas mourir, ni finir de mourir, toujours plus raide soit-il - la techno, dans toute sa stérile magnificence indomptée.

Aucun commentaire: