mercredi 2 janvier 2013

Harpsicorpse : Suite for Harpsichord

L'on choisira si c'est plus ou moins extrême selon de quel point de vue on préfère regarder son concours de zgègue, mais le breakcore n'a pas attendu le délicieux Igorrr pour se mêler de baroque. A l'époque dorée de Zhark et de ses partouzes débridées, le très talentueux, très discret et très demandé Abelcain, ne pouvant plus se contenter d'en saupoudrer de sombres touches son déjà ténébreux et orageux breakbeat zébré de références à Herzog et à la mythologie de l'horreur, pondit, sous ce pseudonyme métalloïde qui coupe l'herbe sous le pied à Bong-Ra, typique de sa sévérité tongue-in-cheek, un disque de clavecin tout seul qui, comme son nom le laisse à supputer, suffit largement à mettre son coup de pression sans le secours d'aucune bassdrum ni nappe ou échantillonnage spooky d'aucune sorte, grâce à un plein usage de ses graves en filigrane permanent, de sa capacité de mâchonnage des tissus tendres de l'oreille, et une subtile mais totale maîtrise de ses ressorts et méandres de composition - à moins que ce ne soient de subtils clins d’œil au répertoire, on ne sait trop dire. Une aristocratique démonstration, aussi austère et rigoureuse qu'il sied, de la délicate brutalité du monsieur.

2 commentaires:

Raph a dit…

tu sais où ça se trouve, ce genre de joyeuseté ? introuvable pour ma part...

gulo gulo a dit…

discogs, mon bon ; y a quelques distro tek-rave françaises qui l'ont même dessus, je crois ; mais y a surtout moyen de l'acheter à ce cher vieux Christof Fringeli ( = Praxis), et de se faire bien plasir aussi dans sa liste, si tu touches un peu ta bille en vieux breakcore et en hardtech violente et expérimentale