mercredi 20 février 2013

Berline 0.33, Drive with a Dead Girl, 19/2/13, le Black Sheep, Montpellier

Drive with a Dead Girl, sur scène encore plus que sur leur Hotel California's, la chanteuse rappelle une petite troupe efflanquée de chanteuse maniérées mais dont elle ne garderait que la coupante sauvagerie et pas les manières : Björk, Siouxsie, Yoshiko Ohara - mais avec la sévère nudité ost-germanique d'X-Mal Deutschland, ou alors une sorte de slavitude de Balkans imaginaires sur Saturne. Les musiciens ont un air de misère lunaire tout droit sorti d'un Gus Van Sant sans le glamour, et sonnent parfois comme un Sonic Youth des grandes premières heures, dont ils ne garderaient que la coupante sauvagerie, et pas les manières - et qui ne s'interdirait pas les sentiments directs. Drive with a Dead Girl, sur scène, c'est le groupe qui prouve qu'en 2013 la cold wave ce n'est pas The Soft Moon, et que le punk ce n'est pas Jersey Shores, et la noise ce n'est pas Pissed Jeans. Drive with a Dead Girl, sur le fond du mur de briques du Black Sheep, ils te rappellent brusquement la sensation que tu allais chercher dans les bacs à disques de Headache, au fin fond puant d'une ruelle du Vieux Nice.

Berline 0.33, ça m'évoquera un peu tout l'inverse, et plus nommément Sonic Youth, Lydia Lunch et Isis - ce qui ne leur fera pas obligatoirement mauvaise presse et c'est tant mieux, dire du mal est la dernière chose que je voudrais faire quand mardi soir est aussi inespérément bath. mais lorsqu'un groupe me fait ce coup-là deux morceaux de suite et que je travaille matin le lendemain, je me sens tout soudain beaucoup moins punk. Sans rancune.

Y a des fois quand même, faut vraiment que je me rappelle que j'ai casqué 33 euros pour voir le Phil Anselmo Show pour sa première Elysée Montmartre, que je me suis fait chier pendant qu'Unsane ouvrait pour Neurosis en 95, et que j'ai adoré MMXII, pour me souvenir que je ne sais pas apprécier que les premières parties et les premiers albums...

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