jeudi 14 février 2013

Frustration : Uncivilized

Un disque qui s'ouvre sur un flirt indécent entre Binaire et de jeunots Killing Joke ne peut mathématiquement pas être mauvais. Et s'il n'y avait que cela...
Uncivilized a l'évidence tubulaire à tout coup sans rien en rabattre sur l'obsédante acidité d'époque, des vieux salopards pas nés de la dernière pluie que sont ses auteurs, et il a l'absence de scrupules des gens bien plantés dans leur temps qu'ils sont, à prendre sans états d'âme ni charité tout ce qu'il y a de plus efficace et létal pour en faire des morceaux qui ne laissent aucune chance : guitares inquiètes chourrées à New Order, beats à la trique du tout premier Oomph!, fougue hallucinée chez Ian Curtis, electro congélo, basses distantes chez Simon Gallup, refrains confiscatoires chez les skinheads du PMU en bas de chez toi - et surtout ce tour de main pour faire des chansons pop à l'os, où strictement rien de trop n'est mis mais que l'on aurait tort d'imaginer en machins minimaux et ressasseurs : les morceaux d'Uncivilized fondent sur la proie de façon maximale quoique sans moulinets inutiles et la raclée est aussi étourdissante qu'elle est laconiquement précise, un fulgurant tumulte où talent et insolence deviennent difficile à définir l'un de l'autre. On aura rarement été aussi près de me donner l'envie de me faire punk.

1 commentaire:

Raven a dit…

ça donne très très (très) envie