dimanche 3 mars 2013

Darkthrone : The Underground Resistance

Je ne vais bien entendu pas vous refaire le sketch de l'explication, et encore moins la justification, de ce qui/que fait Darkthrone aujourd'hui, ça commence déjà à faire un moment de toutes les façons, tout comme ça fait un moment que je ne suis pas journaliste.
Le nouveau Darkthrone a certes quelque chose de la luminosité mélodique ferreuse et éblouissante de Dark Thrones & Black Flags - il en a surtout le mysticisme nordico-épico-campeur ; il possède également un peu de l'âpre haleine de charogne des Circle the Wagons ou Fuck Off and Die - mais il a surtout un bien présent fantôme de l'amertume hyperbilieuse de Sardonic Wrath et Hate Them : même s'il ne renonce pas non plus totalement - comment faire ? - à la vulgarité débonnaire et pochetronne de The Cult is Alive, The Underground Resistance est un album - ne cherche pas, ce n'est pas négociable - aussi religieux, mais oui madame et je ne dis pas cela uniquement pour la splendeur baptisée "Valkyrie" - et vindicatif, dis-je, que sa jusqu’au-boutiste pochette : doom pour tout dire, à l'ancienne, ainsi que le prouve de plus en plus leur art olympien du solo de guitare coupant, aussi indécemment dégoulinant de coolitude qu'il irradie toute la haine méprisante d'un solo war-metal australien recalé sur un morceau de trad finlandais ; autrement dit que juste à trépigner derrière la grosse marrade et le fébrile goût de l'excès, on sent toute la rancune et l'ulcère qui peuvent habiter les deux princes de la bouffonerie ; et l'implacabilité extra-lucide d'un art de passer le piéton au fil de l'épée raffiné et épuré jusqu'à l'extrême, jusqu'au presque gazeux, jusqu'au point où l'âge d'or d'une vertigineuse technicité ressemble à s'y méprendre à une ivresse de rusticité crasse - quelque part, là-bas, dans la pâleur douloureuse du ciel hivernal à son midi. Un endroit que l'on a déjà une fois plissé les yeux pour apercevoir, vous ne croyez pas ?

C'est tout pour cette fois, on en reparlera nécessairement, ne serait-ce que pour les célébrations de fin d'année.

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