jeudi 14 mars 2013

Leviathan : Massive Conspiracy Against All Life/True Traitor, True Whore

Il est toujours non seulement hygiénique mais encore plaisant de faire amende honorable.
Leviathan a bel et bien quelques albums réussis à son compte ; un peu comme le dernier The Body en date, ce qui fait qu'on finit par s'y rendre est justement ce qui en repousse aux commencements ; en l’occurrence, cette spécificité à ma connaissance qu'a le citoyen Wrest, de convoquer toute la grandiloquence metal et black metal qui plus est, nommément de l'architecture deathspellienne de cathédrale thrashie à vitraux injectés de sang, une voix de goule transgalactique, et tout cet apparat monumentaliste, cosmique, épique, pour nous parler de sa sphère strictement privée voire intime. Il y a, pendant longtemps, comme une ridicule démesure entre les deux. Et puis on finit, comme bibi, par en voir la baroque extravagance - un air de Diapsiquir, aussi, à se théâtraliser ainsi les atermoiements et les tribulations avec un même pathétique consommé voire savouré, et malgré l'écart qu'on peut vouloir trouver (mais pourquoi ?) entre un univers ghetto forcené d'un côté et ces sempiternelles allusions de l'autre à Vangelis et Alien ; il y a à la fin une saveur assez délectable à cette façon de faire de ses problèmes d'alcôve une trame de science-fiction romantique, une manière d'auto-traque intérieure pompéienne, qu'au bout du compte ses manies en forme de moments goth-lynch-machin tout tapissés de cold wave bathyscaphe - ailleurs carrément en vedette sur l'album de Lurker of Challice - rehaussent bien mieux qu'il n'y paraît au premier abord, et finissent à force de systématisme obsessionnel et balourd par atteindre le touchant, comme l'est forcément cette étrange intersection de Raison d'Être avec Gorgoroth élue pour servir de théâtre à un Caligula intime, à ce cartilagineux combat de lutte cannibale dans les cavernes de sa propre chair palpitante - plus tard le tout aussi interlope True Traitor, True Whore orchestrera les présentations entre Celestial Lineage et Et le Diable Rit avec Nous, est-ce plus improbable encore ou pas chacun en jugera - entre Through Silver in Blood et ... et rien, la référence black supposée se trouver ici pour compléter les coordonnées de ce lieu n'existe pas, c'est Leviathan, ce machin black erroné, bancal, incohérent, tout en puissance brouillonne et pouilleuse, en appétit infecté de sensiblerie, flou et coupant, larmoyant et lubrique, ce machin forcément écœurant à force de taper tous azimuts et à la fois, de Yakuza à Sopor Aeternus sans se priver de Dodheimsgard, cette éruption cascadante de décadence, ce dégorgement de pulsions torrentielles, désordonnées, puériles. L'internet me souffle que Leviathan désigne un animal de vastes proportions et qui se tortille, ça me va, et c'est tout ce que j'ai envie de dire de ce sujet pour aujourd'hui.

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