dimanche 17 mars 2013

Rorcal : Világvége

Rorcal s'est mis à jouer du black. Il paraît. Parce que bon, Rorcal a sensiblement gardé, ou retrouvé, son art manifeste sur MMM pour lanciner et ressasser d'un feeling besogneux et morose et mène-à-rien qui fait de leur post-metal une chose viscéralement doom et foutue - je vous renvoie très officiellement à mon communiqué sur la question. Oh et puis pardon ! on s'en fout.
Rorcal a gardé, ou retrouvé (on l'a compris, jusqu'à nouvel ordre je suis hermétique à un Heliogabalus trop compassé) ce qui les fait à mes yeux, ce discret mais abominable goût de bile, cet âcre poison qui donne à leurs plus belles et complaisamment longues coulées de triste merde ferrugineuse - et même à ces percées où l'on peut croire voir se manifester la fausse lumière dégueulasse qu'affiche perversement cette pochette - une saveur de peste industrielle grand teint, ce qui n'est pas rien pour des Suisses mais là n'est même pas la question, Világvége est acide tout seul comme un grand et non en milieu préservé, les barbus si aimables me prennent une nouvelle fois par surprise dans leur floculant torrent de sinistrose, dans leur ample et morne tourbillon de chasse d'eau qui jamais ne se vide mais toujours vous fait tourner, à la façon un dimanche d'hiver sans fin avec la plaine blanchie à perte de vue, et la gravité qui cloue l'horizon. Un immobile déluge de neige, sans puissance et aussi mortel que la pluie acide qui vous ruine l'humeur avec toute sa scrupuleuse verticalité. On fait difficilement plus black, et on fait difficilement plus doom. Je sais pas où ça se trouve Világvége mais à l'oreille, ça sonne plus près de Salò que de la moindre post-chocolaterie que je sache.

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