jeudi 25 avril 2013

Ghostface Killah & Adrian Younge : Twelve Reasons to Die

Le gars Ghostface, c'est un peu le Rudy Ratzinger du rap : il te vous sort des théories d'albums à la douzaine, qui sont presque toujours sympathiquement chiants ; et au milieu de cette courante discographique, il te place, avec son timbre boudeur presque infantile que j'ai longtemps confondant avec celui horripilant de Raekwon, des sacrés bon dieu de splendeurs tout bonnement renversantes ; des vrais coups de peau de vache, des Ironman, des Supreme Clientele et des Big Doe Rehab. Du coup ça fait chier, mais faut toujours vérifier tout ce que ce genre d'olibrius sortent, comme un vrai douanier, y aller de sa petite palpation triste et démotivée, mais toujours prêt à dresser la queue et faire fête comme un clébard. Procédons.
Le tout nouveau polar de Ghostface est généreusement doté d'une atmosphère lourdement sicilienne, vaporeusement onirique et fauve, suavement brûlante, à la façon experte et enfiévrée d'un imaginaire porno sixties conséquemment intoxiqué, tout transi de chœurs de sirènes ruisselants d'épopée et de démence comme un arrangement pour Léo Ferré. Et comme c'est du Ghostface Killah bien sûr, la préscience de la tragédie sourd de partout, enivrante, dissolvante, soyeuse, digne d'une adaptation de Donald Goines par Jean-Pierre Melville avec un Pacino de 21 ans.
On parle depuis des lustres aux bébés b-boys, le soir à l'heure du coucher, de Supreme Clientele 2 voire d'Ironman 2. Pas certain qu'ils seront aussi tuants que cette chose-ci.

1 commentaire:

Raven a dit…

"des vrais coups de peau de vache, des Ironman, des Supreme Clientele et des Big Doe Rehab." Et des Fishscale, quand même, qui n'est pas sympathiquement chiant - hormis la daube de r'n'b lyophilisé incrustée dont j'ai oublié le nom - c'est le plus tubesque et racoleur, en plus d'avoir une pochette qui ressemble à un remake dockers-dealers d'Orange mécanique. (oublions pas non plus que le gusse planque sa chnouf dans les poissons eventrés, détail qui a son importance). En fait ce crevard est le seul du Wu qui aie sorti autant de bons disques ; on nous fait tout un foin de Liquid Swords par ex mais je le ressors jamais - Ironman je l'ai ressorti x-fois l'an passé lors de ma dernière phase hip-hop. Bien noter pour la prochaine, hop...