lundi 20 mai 2013

Barn Owl : V

Indépendamment de leur patronyme aux confus mais bien garnis relents de witch-house/chillwave/drone/folk/krautdub/hypnagowhatever qui auraient dû suffire à ce que je les boude dans mon coin, décrétant que c'était un truc de jeunes qui comprennent rien au vrai truc - ce que je n'ai pas fait, parfois je m'étonne moi-même - il y a le fait que leur musique est de consistance ambiante et résolument édentée, mollement vertébrée, aqueusement diluée... Alors comment ? Comment se fait-il qu'elle ait cette action redoutable, certes émolliente voire balnéo-thérapeutique, et cependant cette, oh et puis disons le d'emblée sans ambages, langueur létale, qui vous dissout au fil du disque tandis qu'il vous lave, avec votre consentement indifférent, cette anxiété béatement diffuse, cette gêne comme d'un thé où est tombée juste une goutte du liquide vaisselle saveur amande douce ? Cet album est un grand vide, et l'horreur que ce dernier vient aider à affronter, l'infinité du désert qu'il invite doucereusement à aborder ainsi qu'on ferait d'un départ vers des cieux dont le soir bleu pétrole chasse les dernières lueurs d'orangé - angle que l'on finit par accepter, au moins le temps de parvenir à l'altitude d'où l'on ne revient pas en arrière, à l'apesanteur, et au noir.

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