mercredi 15 mai 2013

Crown : Psychurgy

Crown reste Crown, hein ; quand bien même ils ne parviennent ici à effleurer que quelques secondes dispersées la candeur neuneu-wave-metal brusque de The One, et la majorité de leurs riffs souffre-t-elle d'une enflure certaine, gonflement des tissus également connu sous le nom du timesofgrace-syndrome - ils restent Crown, donc continument touchants, avec une nudité et une innocence indivisible - eh, vise un peu aussi la masse glaciaire, t'as intérêt d'avoir un sacré maudit piolet si tu veux ébrécher quelque chose de ces barbes en forêts de stalactites, de ces montagnes perdues dans les cieux lourds de neiges éternellement en suspension - et même quelques unes rescapées de ces maladresses salutaires - dont la moindre n'est pas celle couillûment placée en tonitruante conclusion - qui sont la matière-même dont se forge leur si particulière et inhumaine musique ; les maladresses ingénues de robots terraformeurs tels que celui qui officie à la batterie, voilà en vérité ce que j'attendais à la place de ces fautes bien humaines que j'entends.
Je me suis pourtant acharné dessus, pour la très bonne raison qu'une certaine personne aux avis toujours au minimum dignes d'attention n'a pas mégoté en fait d'éloges dessus, mais j'en reste là : Psychurgy à mon sens ne respecte pas les proportions établies par The One, ne parvient pas sur sa durée à la même densité tartifère, à maintenir comme ledit cette pression permanente sur le palpitant, qui était peut-être du reste le fait de cette absence, que j'ai vue relevée ici et là et qui moi me passe complètement au-dessus, de transitions, de ponts, de ce genre de machins structurels censés lénifier l'abrupt des dénivelés entre les blocs dont sont fait les morceaux - mais diantre, pour quoi faire, dans le cas de Crown ? On pourrait également, pour faire un peu plus le cuistre, dire que Crown est en proie aujourd'hui aux mêmes difficultés que connaît parfois Red Harvest, notamment sur A Greater Darkness, ce qui, faites excuse, est déjà un peu un problème de riches, on ne va pas non plus les plaindre.
On me rétorquera sûrement, peut-être même avec quelque raison, que c'est moi qui ne suis pas aux proportions, qui vois trop petit, et je ne m'aventurerai pas sur ce terrain, où je me verrais obligé de désobliger Crown, pour qui je nourris le plus grand respect. On sait ce que je pense d'un genre musical faux-ami, qui ne s'accommode que de la plus grande et pure simplicité.

2 commentaires:

BBB a dit…

Assez du même avis. Je veux l'adorer mais je n'arrive qu'à l'aimer. Trop de morceaux me glissent gentiment dessus sans que je retienne grand chose... Ou alors pas encore eu le vrai déclic.

gulo gulo a dit…

Chez moi ça va même s'aggravant : au début j'aurais dit que pareillement je voulais l'adorer, quand je l'écoutais en tant qu'activité à part entière, et récemment je lui ai fait passer le test du train, en lisant de la sf en même temps, il m'a carrément irrité, tellement non seulement on mais ils se sont vus trop gros trop vite, je n'en démords pas, et ils n'ont pas encore la substance et l'épaisseur de charisme pour se permettre de jouer une musique aussi solennelle. Et c'était avant même de voir Neurosis sur scène, alors depuis, il vaut mieux surtout pas pour eux que je le réécoute, avant un moment...