samedi 4 mai 2013

David Meiser : Transitional Stage

C'est amusant, le bal des promos. celle que vous guignez et badez comme un crapaud mort d'amour parce que vous l'avez assidument courtisée et fleurie depuis ses timides et pourtant si ravageurs débuts, vous bat froid parce qu'elle est devenue la reine de la soirée, tandis que toutes sortes de petites olivâtres arrivées au dernier trimestre et que vous n'aviez même pas remarquées viennent vous proposer toutes sortes de choses un peu curieuses, mais ma foi, pourquoi pas ? Où y a de la gêne y a pas de plaisir, ne dit-on pas ? Et puis il y a bien un prix à payer pour écrire de manière aussi insupportable : ce sera donc, il apparaît, de n'avoir de rapports que de dépit, et de voir se tirer les soupirantes dès lors qu'elles ont commencé à signer de autographes. J'exagère, naturellement, il y aura toujours Cercueil, Gorse, Welldone Dumboyz et Caligula, pour ne pas m'oublier tout à fait dans mon grenier rose. Mais profitons donc de David Meiser pendant qu'il n'est pas encore big in China, et pas seulement pour pleurer misère, s'il vous plaît.
David Meiser fait très bien deux choses à la fois de ses petits doigts agiles : tartouiller une solide et épaisse ambiance de futur administratif et paranoïaque, névrosant, sédatif, claustrant et assommant  à souhait, et bâtir une pure efficacité techno, idéalement rectiligne et hypnotique, dit ainsi avec ces adjectifs ça ne paraît pas si a priori antinomique, et pourtant croyez bien que ça l'est, il y a bien cette transe infatigable, mécanique, irrésistible, sans entraves spirituelles, cette compulsion purement physique de la techno, et ce climat résultant d'une action elle bien mentale de la chose en question, laquelle par surcroît commande en l'occurrence assez impérieusement de regarder entre ses pieds et se laisser moisir sur pied bien gentiment, en inspirant bien à fond le lourd gaz d'obéissance qui nous est dispensé par le tube à l'austère robustesse couleur de mastic. Depuis les promesses jamais tout à fait réalisées d'Aural Blasphemy et Tarmvred ce qui ne nous rajeunit pas, on n'avait pas eu tarpin d'occasions de se payer des tranches de ce type d'expérience de soumission assourdie, de couvercle psychique, de free party mi-onirique chuchotée sous couvre-feu et camisole, si ce n'est bien sûr de loin en loin avec les événements que sont toujours plus ou moins les albums d'Asche.
Alors ces deux modestes morceaux de David Meiser, supposés être les premiers d'une série d'e.p qu'on espère longue et mise un jour bout à bout, ça vous console de bien des choses.

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