mercredi 29 mai 2013

Hessian : Manegarmr

L'escalade de la violence n'en finit plus, les rues sont des charniers livrés au saccage par une jeunesse démoralisée qui ne recule plus devant rien pour prendre l'ascendant sur le voisin, et après Death Engine, voici un autre groupe de mutants qui sont déjà aller piller sans aucune pitié la réserve de hachettes et de tessons de This Gift is a Curse - lesquels étaient déjà une mutation de Kickback, Breach et Rorcal - pour s'arroger le territoire par la pure force, en combinant leur pragmatique amalgame d'indus, de crust et de black, au thrashpunk d'un autre récent parmi les plus marquants palier de sauvagerie post-moderne, nommément le second album d'Early Graves, dont le ci-devant disque semble avoir en héritage la colère au stade hallucinatoire.
Alors ? Alors oublions donc cette course paradoxale et vaine vers un extrême qui se dérobera toujours d'autant mieux et prestement que les talents pour le pourchasser se développeront ainsi exponentiellement ; et puis après tout ce n'est pas comme si les choses ne restaient pas à la fin (qui n'arrive jamais, si on a bien suivi) toujours les mêmes, même transposées dans un nouveau référentiel de sévice : certains specimens se détacheront toujours et ce ne sera jamais pour quoi que ce soit de graduable ; et il seront toujours rares, un peu tautologiquement. On commence à les connaître, l'un s'appelle Streetcleaner, un autre Enemy of the Sun, un autre encore No Surrender, et un autre Pornography ; et : oui, I, Guilt Bearer en est un, et Goner également ; mais peut-être pas leurs contemporains qui savent en manier si froidement les techniques. Ce n'est pas si grave. Il faut bien aussi des Wolverine Blues et des Worthless pour mettre un peu de joie et de bloody mary dans une époque bien tristouille, et justement l'album d'Hessian en injecte à la lance à incendie dans la baudruche embarrassante du blackened gregandersoncore - le gros n'a rien vu, il les a signés - et c'est bien de ce genre de mentalité de veau qu'il est question, bon sang ne saurait mentir après tout, puisque ces gens-là sont du Benelux et que par là-bas le hardcore n'est généralement pas un truc pour les tapettes, pédales et autres tantouzes, mais plutôt un sport de combat - même si, bon sang ne saurait mentir, la revanche, le pedigree maison y ajoute rien qu'un début de dimension art martial, puisque nous avons ici à l’œuvre de la force vive d'AmenRa, qui vient auréoler la chose d'un peu d'état second, de misère mentale et d'un halo un peu plus religieux - déjà même avant que le petit Colin ne fasse sa perçante apparition. Ajouté à un savoir-faire certain pour la répétition dangereusement bornée et abrutissante, c'est déjà un bon et un très bon départ et quant à moi je ne leur en demande pas plus pour les premiers pas d'une relation, car je n'oublie jamais que les premières entrevues avec Goner ne m'ont montré qu'un buffle malgrâcieux.

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