dimanche 19 mai 2013

Slidhr : Deluge

D'aucuns que je connais préfèrent écouter leur black metal l'été pour la salubre, je cite, sensation de manger un mister freeze par les oreilles ; quant à moi je dois confesser mieux l'apprécier bêtement et platement l'hiver, et avoir connu le grand frisson Transilvanian Hunger par une minuit de février en attendant le dernier autobus à Joinville-le-Pont - mais peu importe : l'essentiel est établi, que le black metal est une musique dont on ne saurait nier, n'est-ce pas, l'importante composante météorologique.
Slidhr, en fait de déluge, est un sale et persévérant crachin nocturne en forêt, étouffé, tamisé par les frondaisons, et néanmoins salement pénétrant, aussi agréable que la situation des orteils au fond des chaussures qui démontrent depuis plusieurs heures déjà leur flagrante perméabilité. C'est même probablement de là que vient cette inimitable impression d'entendre de la cold wave, quand le disque est objectivement raw et réactionnaire, nonobstant ses passages de dérive chaloupée, qui viennent tenter de corrompre sa rigidité, laquelle prétend les ignorer de son rictus sévère ; un manège à l'image d'un album sous le long duquel maraude la basse et sa lugubre détermination qui a la simplicité de l'homme des bois, voilée d'une menace, d'une angoisse comme une lumière blafarde, qui lui donne de fugaces airs surnaturels ; sans guère de prise pour déterminer laquelle de ces deux attitudes est la plus inquiétante, ni quelle peur exactement, hurlant en silence, se tapit dans ces futaies aux mines de coupe-gorges.

Aucun commentaire: