lundi 13 mai 2013

Starfish Pool : Amplified Tones

Starfish Pool a son trou noir rouge avec Dante's Carnival plus loin ci-dessous - je n'aurais pas dû divulguer qu'il s'agissait de techno dans le billet, si vous saviez comme je m'en veux, mais on perd la main que voulez-vous... - il a aussi rassurez-vous son trou noir noir.
Oh, on trouve bien des beats, sur Amplified Tones ; mais l'effet en est encore plus engourdissant que l'album de Gez Varley sur Tony Montana, et vous n'en retirerez que ce qu'il y a à tirer de Starfish Pool : une bonne grosse irradiation carabinée, qui va vous immobiliser direct, puis vous paralyser totalement, puis vous faire plonger ; s'il y en a qui s'imaginent encore que la techno est une musique sportive, et puis aussi s'il y en a qui s'imaginent que Plastikman c'est dangereux, dissolvant et qu'on peut y rester, voire que Pan Sonic désigne autre chose qu'un très gros potard de volume : le contact avec Amplified Tones n'est peut-être pas recommandé ; pensez donc, un album qui intitule simplement "Seductive" son morceau le plus toxique, le plus métaboliquement intrusif, le plus étranger aux états conventionnels de la matière et tout spécialement de la vôtre, le plus indifférent à votre intégrité et votre individu - et qui, le sagouin, a le front de porter parfaitement son titre... Les douze minutes qui vont venir sont plus traumatisantes que l'intégrale du Traité du Sommeil de Ritchie "Bertrand" Hawtin ; et ça peut faire un peu concentré pour l'estomac mal accroché ; d'autant que la suite ne va pas faire dans le tendre plateau de succédané de silence pour ceux qui voudraient "atterrir" : Dive, The Klinik ou Suicide paraissent bien plus proches d'Amplified Tones que tous ces machins pour grandes tiges binoclardes qui n'assument leur musique de danse que pareillement corrigée oculairement. Et attends donc d'avoir pris pied dans "Lackland". Tu vas tellement désirer, pouvoir être rien qu'un petit têtard vert fluo dans l'écran bien délimité d'un oscilloscope... plutôt que cette flaque dans l'océan noir.
Le monde est une fable. Ta vie est une fable. Ton identité est une fable. Sois le bienvenu dans ta cellule d'élévation, où rien ne viendra déranger tes atomes pendant qu'ils t'emmènent à ton stade suivant.

1 commentaire:

Paul Takahashi a dit…

Une tuerie, ca et Interference '96