mercredi 22 mai 2013

Unknown Mortal Orchestra : II

Je suis passé à ça d'entrer dans ce billet sur les mots de "il est rare et précieux de trouver album contemporain qui parvienne ainsi à capturer intacte l'humeur, la sensibilité d'une époque révolue comme les sixties" - ou un truc à peu près aussi ampoulé, pour changer - mais heureusement il n'en sera rien, puisqu'au juste qu'est-ce qu'on en a à foutre en fait de plus-value, que le disque soit pas de l'époque ? De même qu'inversement ce n'est pas "pour son époque" qu'un disque tel qu' Overkill met à l'amende, mais bien à travers les âges sans discriminations de genre ni de rien du tout, de même le second album d'UMO me semble, à moi et je m'en félicite chaleureusement en personne, sans conteste possible meilleur qu'un sacré paquet de disques de l'époque que vous voudrez bien ne pas me rétorquer - et ce quand bien même ledit II peut paraître, je dis bien peut, jouer dans une discipline différente d' Overkill, et que j'aurais mieux fait avec le même effet de parler de Houses of the Holy. Et avec tout cela je n'ai toujours pas précisé la fameuse sensation dont il est question ici, je m'en excuse comme vous vous doutez : il s'agit de cette intime conviction qui vient du ventre et en irradie la confiance en le monde, que la seule raison ici-bas de ne point occuper sa vie échevelé à shooter de l'héroïne, manger de l'acide et forniquer, du soir au matin et du matin au soir, est l'imbécillité de lapin la plus étriquée ; que l'été durera toujours, et que ces sourds bouillons d'angoisse dont il est malaisé de croire qu'ils proviennent de ton ventre, n'en sont que les échos karmiques d'un orage ; comme si cet invincible feu qui te porte ne t'avait pas déjà élimé plus fin qu'un spectre ; comme si ce resplendissant soleil n'était pas en train de te manger le cœur tout pantelant ; comme si tout cela avait la moindre importance et que ta chair était autre chose que la pitance du Grand Dieu Pan.

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