lundi 3 juin 2013

Cultura Tres : El Mal del Bien

Quel effort et quelle discipline, pour employer le présent en parlant de Cultura Tres... Davantage qu'une pépite archéologique, ainsi qu'incitent à l'imaginer leurs origines géographiques, c'est une uchronie qu'on croirait contempler ici. La preuve d'une autre possibilité de monde, où le néo ne serait jamais né, où Sepultura et Korn n'auraient jamais perdu de vue qu'ils ne seraient rien sans Staley le Serpent à Plume et ses apôtres de la mélasse - et seraient par voie de conséquence restés au foyer en forme de marigot perdu dans la jungle, de ces premiers sirupeux vagissements du sludge, là dans cette partouze nineties qui est un peu la matrice que la décennie d'après a achevé de défigurer : vous m'excuserez si j'ai la fatuité de croire que j'ai commencé à écouter du sludge voici 20 ans, avec Dirt. Un monde, disions nous, qui n'aurait pourtant jamais découvert l'autre côté de l'Amérique et le rap, et qui ne connaîtrait pour toute nourriture, spirituelle et charnelle, que des composés et dérivés oléagineux. Une religion, une mystique du pétrole en vérité, vierge comme l'huile d'olive de toute notion de sa possible valeur marchande et triviale. Assez logiquement, l'on se sent ici aussi isolé, protégé, couvé, que dans une adipeuse et nourrissante bulle de ce pétrole. Certains disques sont des havres et c'est tant mieux.

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