dimanche 30 juin 2013

Eibon : II

Les vrais bons groupes n'ont pas besoin d'inventer quoi que ce soit - et peu importe, aussi, de savoir ce que fait Eibon, si c'est du doom, du black, du sludge - ou bien alors tout simplement du hardcore de cauchemar ? Les vrais bons groupes se contentent de jouer ce qu'ils ont à jouer, avec l'intensité, l'implication, la croyance, appelez cela comme vous en avez l'habitude, que cela réclame. Le second Eibon n'a pas besoin de peindre la fin du monde pour susciter la sensation vivante de la fin du monde. Le second Eibon raconte la guerre, et la bagarre dernière pour survivre, désespérée, sale, désertée de toute autre considération que cette ruade sauvage et primordiale - c'est peut-être pour cela que le terme hardcore vient à l'esprit. La guerre c'est la fin du monde à portée de l'expérience individuelle - dit-il comme s'il l'avait déjà faite, le fat. C'est que II la raconte, la convoque, la solidifie tellement bien - cette imminence hurlante, cette accélération vertigineuse de la sensation de danger, de présent comme une suite de fondrières, qu'on ne peut qu'être apostrophé. Il la raconte tellement bien et vivacement que ce n'est pas aujourd'hui que je vais vaincre mon allergie à l'effort, et m'atteler plus longtemps à vous en mal brosser le tableau - d'autant que question tableau, on aura reconnu qu'il y en a un auteur assermenté ci-à droite. Les vrais bons groupes ne laissent pas grand chose à dire dessus eux, en fait, et à la vérité n'en ont pas vraiment besoin, simplement qu'on dise qu'ils sont vraiment très bons.

1 commentaire:

BBB a dit…

Le premier morceau est déconcertant de simplicité et d'efficacité! J'attends de bien m'imprégner du second, et c'est sur la bonne voie.
De la vraie musique de fossoyeurs!