vendredi 21 juin 2013

Obszön Geschöpf : Highway of Horrors

Le namedropping, y a pas : lorsque je parviens à m'en abstenir, je ressens ce qui s'approche le plus de la fierté chez moi - un genre d'envie de briser des crânes, en fait. Mais ce qu'il faut bien s'y fourrer justement, dans le crâne, c'est que ces "names" ne sont, tout comme les fameuses et si débattues étiquettes stylistiques, rien que des mots, utilisés en tant que tels pour véhiculer les sensations et visions à moi évoquées par la musique, jusques à vous doux agneaux - rien qu'un peu si cela est possible. Dit-on "couleur-dropping" chaque fois qu'un écrivaillon utilise des adjectifs de couleur ?
Adjectifs, adverbes, substantifs, verbes, j'aime les mots, notoirement, et forcément j'aime ceux qui portent du pouvoir en eux ; alors, si je dis "Bile" dans ce billet, ce n'est pas tant qu'Obszön Geschöpf ressemble à Bile, ce qui est un peu le cas, ce n'est pas tant pour que vous imaginiez quelque chose comme un Bile-like en tentant de vous imaginer ce disque ; c'est que vous mesuriez un tantinet l'épaisseur suffocante de l'atmosphère de Highway of Horrors, la brutalité toxique des émanations chimiques qui en exsude de partout, bien encore plus malgré son orthogonalité que d'un Suckpump finalement trop martial et service d'ordre, ou même d'un Teknowhore trop hyperactif pour correctement hacher votre cerveau jusqu'au gabarit premier âge, tandis que HoH possède quant à lui la, ahem, tousse-tousse, festivité electro-goth des Psychopomps (ou Biopsy, pour donner dans un tiers-mondisme assez approprié) - vous appliquerez les mêmes consignes de précaution qu'au-dessus... - mais là encore va un peu plus loin, car HoH est un disque moustache comme pas deux, et un disque voué à la prise de pouvoir totalitaire, à laquelle il parvient d'ailleurs presqu'entièrement dès la deuxième piste, avec son passage Drexl-mon-pote qui crame le cervelet et toute résistance concomitante,  un disque de boîte à cul autant qu'un disque de massacre à la tronçonneuse, par la grâce (rires hachés) de ses beats à compresser les semi-remorques, et plus encore de cette voix unique et qui ajoute directement 2000 points glauquerie décompositoire à tout ce qu'elle touche de ses soupirs gluants, lesquels font passer la belle taille élancée et le romantisme de Jason Vorhees dans le souffle d'un asthmatique demi-moisi ; c'est à dire aussi qu'on entend distinctement qu'avant de s'amuser à jouer avec, ou plutôt faire jouer, des guitares, et pas tout à fait par les premiers pimpins venus puisqu'on a du Mercyless dans la salle s'il vous plaît - le monsieur obscène a longtemps traîné ses guêtres dans l'electro-dark sordidoïde la plus basse de plafond et d'appétits, affreusement monocorde, Allied Vision, Trial, Suicide Commando (dés débuts, bien entendu), amgoD, yelworC... toutes ces merdes ternes, lobotomiques et hargneuses, cette eurodance albinos nécrophile et néanmoins milicienne. Obszön Geschöpf y injecte aujourd'hui en guise de pot belge à base d'engrais chimique et de stéroïdes, une huileuse marmitée de rock'n'roll pas drôle et abalourdi de hip-hop attardé, taillé pour les after-parties dans les chiottes des restoroutes, à l'heure où personne n'entend plus crier personne, c'est bien ce qui les met de cette humeur de bêtes insatiables.

2 commentaires:

Rvn a dit…

la vache... ça doit bien faire dix ans la dernière fois que j'ai croisé ce nom, entendu sur un sampler elegy.... j'ai gardé le vague souvenir d'un truc banalement darkwave... a moins que jconfonde avec noctule sorix... bon en même temps ça date trop, mais tu gourmandes ("Dit-on "couleur-dropping" chaque fois qu'un écrivaillon utilise des adjectifs de couleur ?" non... et heureusement qu'on dit pas "cuisine-dropping" et "anatomie-dropping", sinon je serais souvent insulté)

Le Moignon a dit…

Faudra donc que j'essaie cette choserie - coïncidence, réécouté Teknowhore y a pas si longtemps, qui a plus que bien vieilli à mes esgourdes