vendredi 28 juin 2013

PAS Musique : Abandoned Bird Egg

Peut-on sérieusement accepter les promos de l'officine Alrealon quand on n'y connaît presque rien à Coil ? La réponse est d'intérêt purement anti-rhétorique, puisque comme on le sait peut-être, Coil et Black Sabbath, avec moi c'est même combat - indice : activité qui se pratique surtout la nuit, et : non, ce n'est pas le rêve, justement. Et puis surtout, Abandoned Bird Egg me rappelle bien assez de bien meilleurs souvenirs bien à moi, pour que je continue à cultiver la susdite bienheureuse ignorance. Bien.
A commencer par Download du temps que c'était potable, voire mieux que ça, en particulier la bande originale qu'ils ont donné à ce film sur la Manson Family, là, faites donc fonctionner votre navigateur comme vous savez le faire, et puis à Black Lung, dans ses phases les plus ambient et imprédictibles... Ça fait déjà rien qu'un peu une bonne idée de l'eau-de-vie de marc d'ambient techno psychédélique dont il est question ici, et libre de toutes les guitares industrielles piaulantes et fissurantes qu'elle veut ; ça fait déjà un très bon départ pour se laisser de bon gré enfoncer des aiguilles dans les lobes, frontaux et autres, par ce protocole de cauchemar aiguisé, grinçant, surréaliste, et pourtant aussi confortable et accueillant qu'un salon tout à fait aristocratique, douillet et bien équipé de toutes les commodités du psychonaute qui se respecte, je pourrais même ajouter aisément Vromb et Silk Saw sur un guéridon si besoin, pour me rassurer avec la possibilité d'une paire d'électrodes supplémentaires tandis que je me ressers une tasse de cet excellent thé dont je sens se propager déjà les fourmis luminescentes dans toutes mes ramifications nerveuses, brouillant leurs rapports d'un surmenage euphorique, les rongeant et effrangeant d'une onde de sensualité douce et malade, de provenance manifestement extra-terrestre, qu'à ce point-là et sans même la participation de Kevin Crompton c'en est proprement sidérant, qu'on s'en prendrait presque à bêler tel le porridge "beautyyy iiis thee enemyyyy" - et dont la fièvre (ne cherchez donc pas à rattraper le début de la phrase, ça n'a pas le moindre utilité, laissez aller), pour être douce et fleurie n'en est pas moins sûrement éreintante et délétère, à mesure que s'étire encore et encore le plaisir et les abeilles qui vous bourdonnent dans le cerveau, à moins que ce ne soit le cerveau qui comme un grand se sécrète des abeilles de plaisir dans son aquarium, pour une raison aussi soudaine et mystérieuse qu'un cancer et jusqu'à en grésiller à la limite du malaise incapacitant, d'ailleurs... Tout ceci est-il seulement réel ? Ce qui est réel, c'est que le cerveau est une bien belle machine, pour faire joujou à la mort dedans. Laissez donc aller.

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