mercredi 19 juin 2013

Rudimentary Peni : Cacophony




Salut fiston, je suppose que tu sais que, sans moi, tu serais à l’orphelinat. Tu es la fleur de mon cœur à l’ombre d’un pommier par une après-midi de dimanche. Le troupeau se moque de mon écriture. Je suppose que tu sais que je suis une petite fille. Une petite fille décharnée à la tête carrée et aux battements d’ailes impossibles. Que je suis une petite fille aux sarcasmes cinglants les veines dans le marbre. Une chèvre étourdie descendue des sept soleils pour châtier les géants paresseux et décadents de l’ancienne tribu des collines, leur peau rosée et leur mauvais sang néandertalien. La musique que tu entends est faite de craquements d’os et d’écoulements de sang. La musique que tu entends est jouée par des chauffeurs de corbillard ivres, séquestrés dans des catacombes inondées d’eau jaunâtre et malodorante. La basse capture, par l’intact instinct de l’insecte éteint, le gris neutre et les extrêmes du blanc et du noir pendant que les corps les plus malades, emmitouflés jusqu'au bout du menton, produisent les couleurs primaires primitives. La musique que tu entends est un sermon cacophonique ayant débuté dès la naissance de son prédicateur, elle est tour chancelante, elle est cloche de bronze fêlée par l’accumulation des siècles.
Je suppose que tu sais que la sœur étrange est des nôtres. Vois comme mon épée pleure la mort du pauvre roi, ô puisse de telles larmes pourpres toujours être versées ! Plagiat rudimentaire, mon cher Peni. Retour aux valeurs victoriennes : Henry besogne consciencieusement sa mère. Vision de batracien asthmatique. Temple cosmique hémisphérique. Crânes hurlants mus par leur propre souffle, en lice pour le vent des globes oculaires.

Différenciation aliénation solitude. Puissante perruque, quelle futile affaire que de continuer à vivre.

1 commentaire:

Anonyme a dit…
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