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Affichage des articles du juillet, 2013

Curmudgeon : Amygdala

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Alors comme ça, gros zazou, t’as voulu te pimenter la vie ? T’offrir une piste vierge, neuve, immaculée, rien qu’à toi ? Seulement voilà, ça ne s’est pas passé comme prévu, les locaux t’avaient pourtant bien prévenu. Tu files maintenant tout schuss sur tes skis flambant neufs ; devant toi une forêt de conifères, derrière toi le souffle de l’avalanche. Concrètement tu as le choix entre : -Périr enseveli sous la neige. -Périr écrasé contre un sapin (avant d’être enseveli sous la neige). -Te faire violence, jouer des hanches, sortir des réflexes de champion en espérant être le plus rapide. Honnêtement, c’est pas très jouable. Tes chances sont minces. En tout cas, tu vas vite être fixé.

Cowards : Hoarder

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J'avais - jeu de l'été : choisissez pour une fois l'adverbe vous-mêmes - éreinté leur premier ; surprendra-t-il réellement quelqu'un que je retourne sans discrétion particulière ma veste à l'occasion du présent e.p ? Est-ce un masochisme consubstantiel ? La découverte que le disque est dédié à mon meilleur ami, paix à son âme ? Une récente seconde rouste administrée par Eibon, qui m'aurait rendu plus sensible à la sophistication, à la profondeur de la musique de Connards, non pas plus grande que celle de Kickback (on est toujours obligé de citer le nom au moins une fois et ils en sont sûrement tout à fait conscients... à moins que ce ne soit surtout par réflexe, après tout Baldur aussi chante comme ça, et d'autres, puis le trait de black dans le potage hardcore c'est passé dans le domaine public) puisque Kickback est un groupe sophistiqué pour le moins - mais... différente ? Ça ne trompe pas, bien obligé aussi de citer Eibon, puisqu'il est bien que…

High on Fire : Surrounded by Thieves

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Il m'aura fallu le temps, mais je le mesure enfin aujourd'hui : c'est un de leurs meilleurs albums qu'ils nous ont démoulé là, les Earthride, à propos de leur équipée en Mongolie, sans savon ni une goutte d'eau, rien que la gasoline et un briquet...

Merzbow : Suzume - 13 Japanese Birds Pt. 1

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Juillet 2013, canicule. Sabotières, lavandières, blanchisseuses : toutes se promènent en toute petite tenue… dégel des sens… montée des eaux… le fleuve Amour en crue sort de son lit, inonde les plaines de bordure ; la rue se transforme en gigantesque traquenard ; partout des bouches suppliantes, partout des gorges oppressées appelant à l’aide. Que dire de l’insane promiscuité des transports en commun aux heures de pointe, de ces plongées en apnée dans des taxi-brousse bondés, le standard saturé de télégraphies suggestives : dents blanches derrière lèvres écarquillées - fuselages insensés - caresse furtive chevelure odorante - frôlement tissu délicieusement tendu. Pfffffff. Le taf et ses locaux non climatisés ne sont d’aucun refuge. Le personnel d’accueil en vacances a laissé place à deux saisonnières nettement plus jeunes, boudeuses et lascives. Deux bombâsses confites à l’eau de rose, loukoumisées, suintantes d’ennui dans leur vivarium. Figure de proue du vaisseau amiral, Perrette, d…

Parween : Point

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Suis-je supposé parler d'At the Drive-In dans ce billet ? Sûrement. J'imagine. Je crois. On s'en fout, non ? Je n'ai pas suffisamment bûché la fiche promo pour savoir exactement si Parween ont l'âge d'être leurs frères, ou leur petits neveux, mais peu importe car Parween parviennent à avoir directement l'air de potes à Fugazi, rien moins, avec leur rock gazeux à guitares métalliques, tintinabulantes, percussives, et fruitées pourtant, et vivifiantes. Faut dire aussi qu'ils disposent là d'un sacré beau brin de voix, qui quant à lui est sans discussion possible le cousin germain  du jeune Robert Smith, celui des années pleines d'appétits, de nerf et de fantaisie, quand il était au Top, et qui joue de ses riches et folâtres possibilités avec toute la modeste décontraction qui est celle d'un groupe effronté et joueur, à l'image de la poésie rigolarde dont semblent faits les textes, aérienne, n'exigeant pas d'être spécialement compri…

Gruesome Stuff Relish : Sempiternal Death Grind

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Ailleurs on se gausse de moi, parce que je soutiens que cette pochette est faite pour instantanément remémorer celle d'un certain album dont le titre commence par To Ride - ou pour remémorer le même type de sensations cinématographiques que lui, si vous préférez : peu importe ; vous qui êtes supérieurement éduqués puisque vous me lisez, vous me donnerez raison, ou pas : peu importe. On aura compris que le Sunlight Sound est de rigueur, mais pas celui de Ballou - et puis quoi ? puisqu'on peut discuter arômes de purs malts et comparer le grain de diverses voix death en amateur aussi averti que sourcilleux, pourquoi pourrait-on pas avoir des sunlights sounds d'élection, et d'autres à éviter ? - mais celui, mazouté et dûment surpeuplé d'yeux dans le bouillon, du dernier album de Rotten Sound en date ou des délicieux Puteraeon. Par surcroît l'on me susurre que la tournure générale de l'affaire ressemble à celle accoutumée chez Machetazo : on m'en verra tout…

[ówt krì] : The New Seed

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La troisième fourberie dans la série de promos proposés à votre serviteur par Alrealon. Peut-être en fait plutôt la première, chronologiquement, ce qui explique encore moins comment j'ai pu accepter - vous avez vu un peu l'illustration, sans même parler du nom du "groupe", que je ne sais pas qui ça aguiche mais certainement pas moi ? Et pourtant l'écoute même distraite et de survol convainc instantanément de suivre la chose, puisque chose il y a - quant à savoir quoi, ce m'est toujours aussi nébuleux, le terme paraît à propos, et malaisé aujourd'hui.
Quelque chose d'intangible, translucide, non précisément imputable, mais quelque chose de définitivement lynchien, dans ces raps paranormalement cryptiques, dans ces psalmodies de poule furibonde, ces pianos sensiblo-cafardeux aqueux qui semblent rescapés de la période où Trent savait en jouer - mais il aurait été embauché dans Download - dans ces nappes de corrosion synthétiques, ces râclements aériens, …

Dumm : Démo

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La démo de Dumm est une salope. Déjà parce qu'elle est bonne, comme de juste ; mais parce qu'en plus elle se permet de suggérer, avec une traîtreuse innocence, l'ampleur du cataclysme Dumm live. Oh, à y regarder d'un œil averti - et d'une caboche encore endolorie par leurs volées de coups de masse - il s'agit bien des mêmes morceaux, avec peut-être ici plus de réverbération née dans le hall de la gare qui renvoie aux années froides, et un peu plus d'apparente froideur et raideur mécanique dans les riffs - disons quelque chose qui fait vaguement songer à Pailhead ; et partant, assez logiquement, à une mini mais recommandable palanquée de groupes rarement associés à l'idée de cold wave, à juste raison d'ailleurs tant ils sont torrides et brûlants, mais qui trouve "The Kiss" ou "One Hundred Years" ou "Splintered in her Head" froids ? Qui est-ce déjà qui me parlait des premiers morceaux des Dazzling Killmen tout récemment …

Møch : C'est pas ça qui va relever la France

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Fini le black metal caniculaire sous la marque Lava, pour Møch ? Voire... On leur trouve tout de même encore de fantomatiques relents, non pas de Glorior Belli, ça va pas non ? mais presque de Vorkreist, dans de certaines façons malades de choriser comme dans un brouillon de nouvelle perdue de Barbey d'Aurevilly, dans certaines dissonances bon marché, qui viennent, encore heureux, gâter les lointains airs de ressemblance qu'on pourrait commencer de leur trouver avec des trucs frelatés comme Hangman's Chair - production et chant plus "pro" - horreur ! - oblige : oui, il faut renoncer du moins au johntardyen jadis employé pour les "textes" (rires gras).
Bref, ce n'est pas pour rien que leur crapuleuse échoppe s'appelle Wearemoch : y a que du moche dans Møch, et quelque part aussi c'est justice : ils sont supposés jouer du sludge, ou pas ?
Supposés, ouais : ils n'ont pas tant changé que rapidement, passée une entame de disque aux inquiétan…

Dumm, 30 Jours de Dérive, 10/07/13, Up & Down, Montpellier

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Les fringants jeunots (clins d'oeil lourdingues) d'All that Glitters vous proposaient ce soir-là les deux face d'une même musique.

30 Jours de Dérive : la face souriante et fraîche, donc - au moins en apparence. Une musique à la définition très classique - cold/shoegaze - exécutée avec à la fois tout le respect et la correction qui se doit, et une liberté, une audace sans façons, qui est au moins aussi précieuse que leur attitude, adorable de plaisir de jouer violemment contagieux. Au début, comme la première fois que je les avais vus, on fait un peu la moue indulgente, on se demande où ces morceaux vont bien pouvoir réussir à nous emmener ; puis rapidement on se fait méchamment embarquer, par cette musique pourtant cavalcadante, et dieu sait si lorsqu'on habite la ville de Marvin on peut être allergique aux cavalcades permanentes... Mais cette batteuse a un jeu qui lui excuse tous les pains - il faudrait être sourd pour ne pas en avoir entendu quelques uns - pirouettan…

Lustmord : The Word as Power

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Sous vos applaudissements (applaudissements nourris), c'est à présent le jeune Brian Williams (rires crépitants) qui rejoint le petit club select des miraculés du coma esthétique.
Après des années d'embarrassantes panouilles gamme Black Ushuaïa, The Word as Power, avec son retour au thèmes cosmogoniques monumentaux, ressemble d'abord vaguement aux deux disques lugubres de Lisa Gerrard - The Silver Tree et Immortal Memory - avec ses incantations aussi mornes et  longues qu'elles sont sinistres, mais nous remémore surtout beaucoup The Monstrous Soul, la puissance profonde et occulte de ses motifs répétés avec une lenteur inexorable à tout vestige de commisération, dans la nuit où il nous exposait nu et sans défense au vide vorace qui tombait des étoiles, à leur antique hostilité, à leur calme épais de malveillance, qui vient ici  comme une mélasse clarifiée à la bile napper la steppe d'Omala qui aurait été déshabillée de toute atmosphère en guise d'armure de pud…

Jessica 93 : Who Cares

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Rires gênés et nausée : un peu comme devant un épisode des Anges de la Téléréalité 5.

All Pigs Must Die : Nothing Violates this Nature

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Les laborieux d'APMD ont visiblement réussi à se dégotter les coordonnées d'un bon ostéo, probablement quelqu'un au vu de leur nom leur aura-t-il conseillé les services du bon docteur Douglas Pearce : en tous les cas les voici tous fringants-pimpants décoincés du cul !
Oh bien sûr, tout ça reste du domaine du congestionné de première, on n'emploie pas le chanteur (de mémoire) de The Hope Conspiracy pour des prunes, mais on y trouve là par-dessus désormais une discrète et sévère extravagance, un subtil et suffisant excès de moulinets et d'emphase, tout à fait en phase justement avec leur persévérant concept jihadique anti-toute religion, par endroits allant jusqu'au (discrètement) surprenant, tout en restant chaque instant ultra-metal et ultra-amphétaminé par-delà les bornes du hardcore, rigoriste fanatiquement, liant pour le meilleur l’écœurante virtuosité bourrinistique du virevoltant Ben Colère, ce qu'il faut de déo-guitare gamme Axe-to-fall, ici incongr…

Kine : Meditations in April Green

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Un disque venu du futur. Un disque pour des êtres translucides croisés entre acteurs nô et grillons érotomanes. Un disque qui tient de l'estampe égrillarde tous champignons dehors et dûment violacés, de la composition végétale sauvage et du monastère orbital futuriste, tout de jade évidemment, avec son système de propulsion conçu sur un protocole à base de koans fétichistes.
Comment, où et quand la chose, moyennant force gloussements spiritiques et néanmoins gourmands, introduit ses divers tentacules, pédoncules et autres pseudopodes de larve insectoïdo-bacillaire dans toutes les cavités trouvables et exploitables entre vos hémisphères - je vous parle bien entendu de votre cerveau, que croyez-vous donc ? - je vous le dirais bien, mais je crois savoir que vous êtes tous majeurs et en pleine possession de votre organe principal ?

Power Trip : Manifest Decimation

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OK, ce disque vous l'avez vu ou allez le voir partout ; parce que c'est du thrashcore crossover, que les vieux ils aiment bien le thrashcore crossover et te lâcher des noms de modèles de baskets à languettes pour te montrer qu'ils sont vieux, et que non mais vous avez bien vu la pochette ? et pourquoi donc croyiez-vous que je tinsse à faire un billet dessus, ce disque ?
Bref, je ne développe pas, vous voyez la logique... Enfin non, vous ne voyez pas. Parce que tout de même, le revival thrash montant à languette, il a eu le temps de s'éventer, un peu, depuis le temps, et pour que ce truc-ci parvienne à se faire entendre, alors qu'en plus il sort chez Southern Lord, le Seigneur de l'Harassement de la Tendance, il faut bien qu'il y ait quelque chose. Alors, est-ce qu'il y a quelque chose ?
La réponse est oui : dans cette monotonie terne et brûlée, dans cet aboiement rauque, cramé et monocorde et ce qu'il ajoute d'aride et de rougeâtre aux ambiances…

Cult of Occult : Cult of Occult

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A Lyon, c'est vraiment la racaille. Non seulement ces petits connards te jouent le si traditionnel extreme sick psych sludge doom de la façon la plus vandale imaginable, à la limite du Trapped Under Ice, avec un son de vrais vauriens ; mais encore n'est-il même plus permis d'en douter, si jamais c'était le cas auparavant - dois-je rappeler que leur album fraîchement paru a un titre qui commence par Hic et voit un de ses morceaux s'intituler "In Vino Veritas" ? dois-je vraiment vous inviter à prononcer le nom du groupe, à voix claire et haute ? plusieurs fois ? - lorsqu'on a entendu l'imbécile et bilieux texte de "Cult of Occult", le morceau, qui vaut largement le passage pages roses du dictionnaire sur "Opus ad Odio" : ces foutus petits sacs-à-merde ne sont même pas sérieux, bon sang de merde.
Ce qui ne les empêche pas un instant, je n'ai surtout pas parlé de second degré, et n'enlève rien à leur contondance aigüe pour …