dimanche 28 juillet 2013

Curmudgeon : Amygdala


Alors comme ça, gros zazou, t’as voulu te pimenter la vie ? T’offrir une piste vierge, neuve, immaculée, rien qu’à toi ? Seulement voilà, ça ne s’est pas passé comme prévu, les locaux t’avaient pourtant bien prévenu.
Tu files maintenant tout schuss sur tes skis flambant neufs ; devant toi une forêt de conifères, derrière toi le souffle de l’avalanche. Concrètement tu as le choix entre :
-         Périr enseveli sous la neige.
-         Périr écrasé contre un sapin (avant d’être enseveli sous la neige).
-         Te faire violence, jouer des hanches, sortir des réflexes de champion en espérant être le plus rapide.
Honnêtement, c’est pas très jouable.
Tes chances sont minces.
En tout cas, tu vas vite être fixé.

Cowards : Hoarder

J'avais - jeu de l'été : choisissez pour une fois l'adverbe vous-mêmes - éreinté leur premier ; surprendra-t-il réellement quelqu'un que je retourne sans discrétion particulière ma veste à l'occasion du présent e.p ? Est-ce un masochisme consubstantiel ? La découverte que le disque est dédié à mon meilleur ami, paix à son âme ? Une récente seconde rouste administrée par Eibon, qui m'aurait rendu plus sensible à la sophistication, à la profondeur de la musique de Connards, non pas plus grande que celle de Kickback (on est toujours obligé de citer le nom au moins une fois et ils en sont sûrement tout à fait conscients... à moins que ce ne soit surtout par réflexe, après tout Baldur aussi chante comme ça, et d'autres, puis le trait de black dans le potage hardcore c'est passé dans le domaine public) puisque Kickback est un groupe sophistiqué pour le moins - mais... différente ? Ça ne trompe pas, bien obligé aussi de citer Eibon, puisqu'il est bien question de la même singularité si malaisée à désigner du doigt précisément dans leur matière sonore et sa compacte cohérence noirâtre - z'avez qu'à voir, si vous insistiez vraiment je vous dirais que c'est de prime abord la moustache finement frisée des parties de batterie qui m'a chatouillé l'attention, or ce n'est absolument pas le batteur qui est la composante Eibon dans line-up hautement cumulard, lequel paraît donc relever d'une sorte de cousinage artistique... Malaisée, mais épaisse à tailler au couteau, une lourde présence, qui donne forcément envie de dériver sur la misère et le sordide exhalés par la jacquette Navette - mais certainement pas d'aller jouer les Gaspard Noë ou les Bukowski du pauvre, tant Hoarder prouve avec le plus grand naturel qu'il n'est nul besoin de surjouer ou surligner la saleté, le vice, la rugosité, ni de faire mine de tout te péter ton salon et de vomir dans les coins - pour jouer du hardcore, et du hardcore-blues du désespoir encore, qu'on peut tout à fait en parfait gentilhomme et sans salir rien d'autre que ses propres pieds s'extirper les boyaux à la hachette (Bondy style) dans une douce averse de sang, afin d'appuyer son propos et d'exposer plus clairement son point de vue - lequel est à la fois frontal et cru, faut pas déconner non plus on parle de hardcore, et enluminé, ombré d'innombrables cicatrices emmêlées, fantômes bleus et autres sortes de choses estompées, pâlies, abrasées par l'âge qui vient, ses vagues qui vous rongent peu à peu ; older... older. Je ne devrais peut-être pas tant faire d'allusions à Kickback, même pour les opposer, mais : eh ! c'est aussi une forme de compliment, c'est qu'ils commencent ici de se montrer comme le même genre d'animal, solitaire, nocturne, difficile à pister et à distinguer, jusqu'à en tourner à l'obsession - à la façon, tenez, d'un autre animal dont le nom commence et finit par K...
Et je crois que j'ai fini là de dire tous les mots pour faire amende honorable au talent douloureux de Connards.

samedi 27 juillet 2013

High on Fire : Surrounded by Thieves

Il m'aura fallu le temps, mais je le mesure enfin aujourd'hui : c'est un de leurs meilleurs albums qu'ils nous ont démoulé là, les Earthride, à propos de leur équipée en Mongolie, sans savon ni une goutte d'eau, rien que la gasoline et un briquet...

vendredi 26 juillet 2013

Merzbow : Suzume - 13 Japanese Birds Pt. 1


Juillet 2013, canicule. Sabotières, lavandières, blanchisseuses : toutes se promènent en toute petite tenue… dégel des sens… montée des eaux… le fleuve Amour en crue sort de son lit, inonde les plaines de bordure ; la rue se transforme en gigantesque traquenard ; partout des bouches suppliantes, partout des gorges oppressées appelant à l’aide. Que dire de l’insane promiscuité des transports en commun aux heures de pointe, de ces plongées en apnée dans des taxi-brousse bondés, le standard saturé de télégraphies suggestives : dents blanches derrière lèvres écarquillées - fuselages insensés - caresse furtive chevelure odorante - frôlement tissu délicieusement tendu. Pfffffff. Le taf et ses locaux non climatisés ne sont d’aucun refuge. Le personnel d’accueil en vacances a laissé place à deux saisonnières nettement plus jeunes, boudeuses et lascives. Deux bombâsses confites à l’eau de rose, loukoumisées, suintantes d’ennui dans leur vivarium. Figure de proue du vaisseau amiral, Perrette, divine boulangère à l’invincible armature, est redevenue infréquentable. Le triste paquet de 102 biscottes format familial dans la cuisine peut en témoigner. Alors que faire ? Rester cloîtré jusqu’à l’automne ? Se mettre au bromure ? Aux bains d’eau glacée ? Plutôt adopter un piaf-au-pif, tiens : un oiseau japonais.
Le soir même, en quête de fraicheur, nous sortons flâner le long du canal et tombons sur ce qu’il faut bien appeler un guet-apens : tout ce que la ville compte de volupté séraphique semble s’y être rassemblé, c’est le festival du jogging féminin, mille et une façons de trottiner gracieusement, un vrai bichodrome. L’emplumé se met alors à hurler à l’intérieur de mon crâne, le bec ouvert à 180 degrés. Agressions conjuguées de pépiements déstructurés, de vents solaires et de rythmiques multidirectionnelles. Matraquage, mazoutage, écrêtage, matraquage encore. Convulsivothérapie intérieure. Rapports de calibrations, carnets de vols cryptés. Reddition, mise à la masse des autres stimuli. Le monde au travers d’un scaphandre. L’ataraxie dans un magma de jaillissements sidérurgiques et de gargouillis séquencés.
Devant nous une nymphe au corps mince et sculptural s’arrête et commence ses étirements, paumes plaquées contre un tilleul, bassin légèrement relevé, dos cambré, souffle court. Au changement de jambe l’arbre s’émeut, a une montée de sève, je vois ses feuilles frémir malgré l’absence totale de vent. Une carpe aspire une goulée d’air et pousse un râle de désir muet ;  je passe mon chemin avec une indifférence de monogame intégriste.

jeudi 25 juillet 2013

Parween : Point

Suis-je supposé parler d'At the Drive-In dans ce billet ? Sûrement. J'imagine. Je crois. On s'en fout, non ? Je n'ai pas suffisamment bûché la fiche promo pour savoir exactement si Parween ont l'âge d'être leurs frères, ou leur petits neveux, mais peu importe car Parween parviennent à avoir directement l'air de potes à Fugazi, rien moins, avec leur rock gazeux à guitares métalliques, tintinabulantes, percussives, et fruitées pourtant, et vivifiantes. Faut dire aussi qu'ils disposent là d'un sacré beau brin de voix, qui quant à lui est sans discussion possible le cousin germain  du jeune Robert Smith, celui des années pleines d'appétits, de nerf et de fantaisie, quand il était au Top, et qui joue de ses riches et folâtres possibilités avec toute la modeste décontraction qui est celle d'un groupe effronté et joueur, à l'image de la poésie rigolarde dont semblent faits les textes, aérienne, n'exigeant pas d'être spécialement comprise et parcourue en profondeur pour être savourée comme le doux mais irrésistible euphorisant qu'elle est ; littéralement la voix de cette musique, brûlante comme une grosse rasade d'oxygène sur des poumons haletants de joyeuse fureur, une caresse acide, un goût de mangue et de ferraille ne même temps... Comme toujours pour parler de ce type de musique, je me retrouve rapidement embarrassé de ma pudeur et mon absence de références - mais jouer le disque qui trace la trajectoire punk tout en cabrioles et en tonneaux reliant Don Caballero, Helms Alee, Fugazi et The Cure, je me permets à titre tout à fait personnel de trouver que c'est carrément beau.

mardi 16 juillet 2013

Gruesome Stuff Relish : Sempiternal Death Grind

Ailleurs on se gausse de moi, parce que je soutiens que cette pochette est faite pour instantanément remémorer celle d'un certain album dont le titre commence par To Ride - ou pour remémorer le même type de sensations cinématographiques que lui, si vous préférez : peu importe ; vous qui êtes supérieurement éduqués puisque vous me lisez, vous me donnerez raison, ou pas : peu importe. On aura compris que le Sunlight Sound est de rigueur, mais pas celui de Ballou - et puis quoi ? puisqu'on peut discuter arômes de purs malts et comparer le grain de diverses voix death en amateur aussi averti que sourcilleux, pourquoi pourrait-on pas avoir des sunlights sounds d'élection, et d'autres à éviter ? - mais celui, mazouté et dûment surpeuplé d'yeux dans le bouillon, du dernier album de Rotten Sound en date ou des délicieux Puteraeon. Par surcroît l'on me susurre que la tournure générale de l'affaire ressemble à celle accoutumée chez Machetazo : on m'en verra tout à fait ravi, puisqu'à mon très grand dam je n'ai jamais réussi à prendre mon pied avec les pourtant si sémillants et séduisants susdits, non plus qu'avec Impetigo avec lesquels je les confonds sempiternellement, mais le propos s'égare. Quand bien même Gruesome Stuff Relish (et son phoniquement charmant patronyme) ne sait pas, et ne s'avise d'ailleurs pas, de jouer le piano aussi magistralement qu'Entombed, les interludes ici utilisés, surf-billy-whatever, remplissent mieux que bien l'office, et tout conspire à nous l'assurer avec amour et haleine de viande endormie dans une dent creuse : on est ici en terrain ami. Ceci une fois acquis, il ne reste plus au luxe et ses puissants attraits à faire son effet : il s'agira ce soir (forcément), quelle surprise, d'une voix. Une voix qui, pour évidemment ridicule et gratinée et peu concentrée en exploit technique que l'on puisse certainement la trouver si l'on a l'inélégante envie de s'en donner la peine, n'en ajoute pas moins une sévère dose à la balance, en filaments collants, en bave acide, en souffle chaud d'appétit trop longtemps laissé à momifier dans le garage sous le toît en tôle ondulée. Mais tout ça est bien subjectif sans doute, et le pauvre vocabulaire que j'appelle à ma rescousse bien trop générique pour avoir la moindre chance de pousser votre gros doigt emparessé de blasitude vers le clic de téléchargement - alors que, tout simplement, il est tellement évident à chaque fois que l'on se décide à l'écouter que ce disque a juste des foutus sacré nom de riffs qui boutent le feu au cul ! Il est juste question d'aimer le rock ou pas, et ce que j'aurais dû citer d'entrée de jeu, c'est bien plutôt Miguel and the Living Dead ou The Eighties Matchbox B-Line Disaster - mais on aurait encore dit que je suis obsédé par le gothique et que je ne peux pas m'empêcher d'en fourguer partout. Même à propos de cinoche, quel balourd.

lundi 15 juillet 2013

[ówt krì] : The New Seed

La troisième fourberie dans la série de promos proposés à votre serviteur par Alrealon. Peut-être en fait plutôt la première, chronologiquement, ce qui explique encore moins comment j'ai pu accepter - vous avez vu un peu l'illustration, sans même parler du nom du "groupe", que je ne sais pas qui ça aguiche mais certainement pas moi ? Et pourtant l'écoute même distraite et de survol convainc instantanément de suivre la chose, puisque chose il y a - quant à savoir quoi, ce m'est toujours aussi nébuleux, le terme paraît à propos, et malaisé aujourd'hui.
Quelque chose d'intangible, translucide, non précisément imputable, mais quelque chose de définitivement lynchien, dans ces raps paranormalement cryptiques, dans ces psalmodies de poule furibonde, ces pianos sensiblo-cafardeux aqueux qui semblent rescapés de la période où Trent savait en jouer - mais il aurait été embauché dans Download - dans ces nappes de corrosion synthétiques, ces râclements aériens, ces cocktails de Javel et de Marie Brizard dignes des plus oniriques et dégénératifs épigones de Skinny Puppy... Et c'est, encore une fois avec Alrealon, une dimension extra-terrestre, une grotte infinie qui ici se déploie de ladite graine en une corolle de la taille d'un point et qui gobe toute réalité, et vous aspire dans son environnement liquide et languide, dont les mols courants s'avèrent redoutablement aiguisés et, pour rester dans le ton, aussi indolores qu'un coup de rasoir sous l'eau, procurant mêmes liberté et légèreté - et de continuer l'ascension, sens dessus-dessous, à l'allure d'une fusée d'artifice pseudo-isolée, d'un bathyscaphe en toile d'araignée, dans la solitude d'une graine. Perplexe, je vous ai dit. Perplexe, en éveil, et en attente.

dimanche 14 juillet 2013

Dumm : Démo

La démo de Dumm est une salope. Déjà parce qu'elle est bonne, comme de juste ; mais parce qu'en plus elle se permet de suggérer, avec une traîtreuse innocence, l'ampleur du cataclysme Dumm live. Oh, à y regarder d'un œil averti - et d'une caboche encore endolorie par leurs volées de coups de masse - il s'agit bien des mêmes morceaux, avec peut-être ici plus de réverbération née dans le hall de la gare qui renvoie aux années froides, et un peu plus d'apparente froideur et raideur mécanique dans les riffs - disons quelque chose qui fait vaguement songer à Pailhead ; et partant, assez logiquement, à une mini mais recommandable palanquée de groupes rarement associés à l'idée de cold wave, à juste raison d'ailleurs tant ils sont torrides et brûlants, mais qui trouve "The Kiss" ou "One Hundred Years" ou "Splintered in her Head" froids ? Qui est-ce déjà qui me parlait des premiers morceaux des Dazzling Killmen tout récemment ? On grelotte de fièvre, ne dit-on pas ? Dumm est aussi cold et post-punk que peuvent l'être les Hawks, Cop Shoot Cop, Crass ou Crust, et d'ailleurs Dumm joue de la doom-crust-wave, Dumm est froid comme le marécage aux petites heures, lorsque la victime a fini de couler dedans sa gluante soupe, froid comme est au repos le métal de l'enclume, et Dumm ne connaît pas le repos, surtout lorsque vagit une trompette malade où s'attardent les échos de Swans s'accouplant à Death in June et à Sigilum S, surtout lorsque le tempo se fait peu à peu de plus en plus constricteur, de plus en plus étau et totalitaire, et que tout le groupe se met à bramer le rut final et le coup de grâce étiré à plaisir, mais non moins lorsqu'ils s'égaillent comme des harpies déplumées dans des courses dératées d'égorgeurs rock'n'roll. Alors, pour reprendre le fil de la syntaxe de ce laborieux billet, quand bien même cette petite - et non seulement prometteuse mais encore tout à fait plus-que-buvable en soi - chose ne libèrera pas tout à fait dans votre salon cossu la pleine décharge de l'orgie carnassière qu'est la conjonction de ces quatre discrets-là en concert - mais c'est égal, les séquelles en sont moins compliquées à gérer - le principal désagrément à signaler tout de même étant une fâcheuse persistance de ces morceaux, et particulièrement leurs lunaires hululements, dans le cerveau reptilien. A la réflexion en fait si, Dumm à la maison c'est comme en concert : une douche de napalm parfaitement rafraîchissante.

Møch : C'est pas ça qui va relever la France

Fini le black metal caniculaire sous la marque Lava, pour Møch ? Voire... On leur trouve tout de même encore de fantomatiques relents, non pas de Glorior Belli, ça va pas non ? mais presque de Vorkreist, dans de certaines façons malades de choriser comme dans un brouillon de nouvelle perdue de Barbey d'Aurevilly, dans certaines dissonances bon marché, qui viennent, encore heureux, gâter les lointains airs de ressemblance qu'on pourrait commencer de leur trouver avec des trucs frelatés comme Hangman's Chair - production et chant plus "pro" - horreur ! - oblige : oui, il faut renoncer du moins au johntardyen jadis employé pour les "textes" (rires gras).
Bref, ce n'est pas pour rien que leur crapuleuse échoppe s'appelle Wearemoch : y a que du moche dans Møch, et quelque part aussi c'est justice : ils sont supposés jouer du sludge, ou pas ?
Supposés, ouais : ils n'ont pas tant changé que rapidement, passée une entame de disque aux inquiétantes effluves sudistes ci-dessus évoquées, les divers menus de midi des uns et des autres ne commençassent à remonter à la torve lumière du jour, à commencer par une bonne dose de swampnoiseblues, un esprit Killdozer migraineux, grade enclume, qui se marie assez aimablement avec les samples idiots et l'esprit hooligan - Vorkreist, PSG, pour sûr certaines choses les innocenteront toujours de toute accusation d'être des Parisiens qui se rêvent nés ailleurs, et si leur swing sent résolument le caniveau, il n'y pas que le pastis et la feria qui donnent cette démarche et cette dignité-là, et le blues qui occupe une bonne première partie du disque n'évoque rien tant que ce qui manque sur cette affreuse pochette (qui en passant est sûrement un hommage de ces mongoliens à Satyricon) : un marcel et un précieux litron d'un de ces rouges qu'une rasade de bile ne vient qu'adoucir. Le sludge de Møch est plus moche qu'un wagon de RER B où l'on dodeline tandis qu'on rentre sa viande saoule dormir à son gourbi, mais ce n'est - presque - rien à côté des odieuses erreurs de la nature qui vous attendent passé "Interlude", à partir d'un "Bored an Sunday" dont rien, vocalement et musicalement, ne devrait avoir le droit d'exister, et dont tout vous procurera un vil plaisir libidineux d'onaniste frénético-compulsif - et tout le radieux punk de la chute qui le suit - "Schizoid", du Ceremony avec Philippe Nahon ? "Ten Cocks", le chanteur aurait-il déjà oublié le langage humain qu'il a eu tant de peine à apprendre ? ou bien est-ce une reprise de l'avant-dernier Peste Noire par un groupe de oï kanak ? "John Cum" Lugubrum et Cult of Occult se tombent dans les bras entre deux barriques crevées ?
Ho et puis merde, hein, il sera bien temps de leur payer une chronique qui ressemblera à quelque chose, lorsque l'album ressemblera à quelque chose de dur et qu'on peut toucher. En attendant, vous pouvez toujours aller les aider à réal... ah non, en fait, vous pouvez même pas, ils sont tellement cons qu'on peut ni leur filer du blé, ni le foutre dans son lecteur de merdes compressées, ce foutu tas d'ordures. Mais vous pouvez toujours aller l'écouter, et leur chier un peu dans la boîte mail pour qu'ils se les sortent.
En attendant, j'espère qu'en cette belle journée ils profitent bien de la fanfare et du doux chant des Rafale dans le ciel de la plus belle ville du monde.

jeudi 11 juillet 2013

Dumm, 30 Jours de Dérive, 10/07/13, Up & Down, Montpellier

Les fringants jeunots (clins d'oeil lourdingues) d'All that Glitters vous proposaient ce soir-là les deux face d'une même musique.

30 Jours de Dérive : la face souriante et fraîche, donc - au moins en apparence. Une musique à la définition très classique - cold/shoegaze - exécutée avec à la fois tout le respect et la correction qui se doit, et une liberté, une audace sans façons, qui est au moins aussi précieuse que leur attitude, adorable de plaisir de jouer violemment contagieux. Au début, comme la première fois que je les avais vus, on fait un peu la moue indulgente, on se demande où ces morceaux vont bien pouvoir réussir à nous emmener ; puis rapidement on se fait méchamment embarquer, par cette musique pourtant cavalcadante, et dieu sait si lorsqu'on habite la ville de Marvin on peut être allergique aux cavalcades permanentes... Mais cette batteuse a un jeu qui lui excuse tous les pains - il faudrait être sourd pour ne pas en avoir entendu quelques uns - pirouettant et matraquant, tribal sans taper une seconde dans la facilité zoulou à deux balles, jubilant et grisâtre à la fois - bien à l'image du groupe, donc, et c'est parfait parce que ça m'épargne l'effort de décrire la ferrugineuse et incandescente basse, elle aussi parfaitement duplice et jouissive, tout comme le sont à voir ces deux petits galapiats, avec leurs allures céleste d'angelots de nuit et de bord de mer, et si discrètement mais sûrement accomplis dans cette musique si propice aux poses assommantes par les temps qui courent.



Dumm : assommer, c'était d'ailleurs plutôt l'affaire de Dumm, et pas avec des poses ; ces sales types-là ont passé l'âge arthritique de les tenir trop longtemps. Dumm, c'est la face de ta punition ; avec leur swamp de l'apocalypse, le carnaval d'une cold tellement volcanique qu'on en trouverait presque scabreux de l'appeler encore ainsi, si l'on n'avait les idées depuis longtemps élargies et éveillées sur ce dont un bon corbeau peut être capable - et ceux-là sont de la famille de ceux du proverbe, qu'il ne vaut mieux pas nourrir si l'on tient à garder ses yeux dans leurs orbites. On ne peut pas dire que la loyauté les étouffe non plus, puisque s'ils m'avaient bien envoyé leur démo quelques jours avant, ils avaient, soigneusement si seulement ils étaient capable de soin, omis de me préciser que les déjà très accrocheurs et ferrugineux morceaux y figurant, prenaient sur les planches une ampleur dictatoriale et vaudou à vous en faire tomber le plafond sur la tête, le ciel pas très loin derrière, et le sourire découpé sur le visage à la feuille de boucher tout le long de l'opération.
L'eussé-je seulement su, j'aurais probablement fait un rentre-dedans éhonté auprès de tous les usual suspects de la scène barbue de la région - à base probable de Swans et de Death to Pigs, des mots simples et qui parlent à tous - et possiblement un peu moins de malheureux seraient-ils passés à côté de la râclée de... d'un bon moment, parce que les affreux sont déjà remarquablement bien partis, et pas pour en rester là, vu tout le reste des saloperies qu'ils doivent savoir imaginer - faut dire que ce petit monde-là joue déjà dans Meurtre, Casio Judiciaire, Jose and the Buttsluggers, Missfist, Mobylette Facile, Le Death to Mankind. Une belle bande de vieux connards, c'est moi qui vous le dis... Et qui pourtant iraient facilement tenter de chiper le titre d'adorables de la soirée aux 30 Jours de Dérive.

Bref, double face ou pas, une soirée cold wave, c'est l'assurance d'une soirée d'amour. Avec de la limaille dedans.

mardi 9 juillet 2013

Lustmord : The Word as Power

Sous vos applaudissements (applaudissements nourris), c'est à présent le jeune Brian Williams (rires crépitants) qui rejoint le petit club select des miraculés du coma esthétique.
Après des années d'embarrassantes panouilles gamme Black Ushuaïa, The Word as Power, avec son retour au thèmes cosmogoniques monumentaux, ressemble d'abord vaguement aux deux disques lugubres de Lisa Gerrard - The Silver Tree et Immortal Memory - avec ses incantations aussi mornes et  longues qu'elles sont sinistres, mais nous remémore surtout beaucoup The Monstrous Soul, la puissance profonde et occulte de ses motifs répétés avec une lenteur inexorable à tout vestige de commisération, dans la nuit où il nous exposait nu et sans défense au vide vorace qui tombait des étoiles, à leur antique hostilité, à leur calme épais de malveillance, qui vient ici  comme une mélasse clarifiée à la bile napper la steppe d'Omala qui aurait été déshabillée de toute atmosphère en guise d'armure de pudeur à l'intention des minotaures cosmiques. On peut bien parler, du reste, de Lisa Gerrard, puisque le même type de syncrétisme et d’œcuménisme semble être à l’œuvre, mais ici avec une économie de moyens, un laconisme minéral, morose, antédiluvien, qui rend encore plus impossible à déterminer la teneur exacte des mantras ci-fossilisés et peu à peu lentement palpitants, et ne les en fait que plus glacialement inquiétants, avec l'insondable tristesse des proies qui les infuse, et de surcroît que si le mesclun de mémé Gerrard, même dans ses susdits moments funèbres, semble vouloir faire œuvre de communion, d'aménité, de générosité, d'empathie, l'idiome employé ici - c'est écrit dessus - comme pouvoir, vise... le pouvoir, pur, distillé qu'il est à partir de ses éparses manifestations tibétaines, balkaniques, moldaves, mèdes, ottomanes, et tout ce que vous voudrez reconnaître d'autre du moment que cela charrie l'image de moustaches cruelles et d'yeux de braise aux appétits impies. Car autant les quelques précédents navets de Lustmord (depuis Carbon Core, quelle triste plaine...) pouvaient évoquer justement ce que Dead Can Dance a de pire et de National Geographic, autant la présente vermine n'a-t-elle la limpidité que de Phallus Dei, de Haus Arafna, de Raison d'Etre, et l'apparence laquée qui peut en résulter n'est-elle que le mirage renvoyé par la gluante sueur de la plus morbide des fièvres, née de l'humeur noire, du désespoir qui infeste les os, du plomb qui ralentit le sang afin que les étoiles descendent le sucer, tandis qu'avec une lenteur d'éternité vous plongez dans le ciel.

dimanche 7 juillet 2013

Jessica 93 : Who Cares

Rires gênés et nausée : un peu comme devant un épisode des Anges de la Téléréalité 5.

samedi 6 juillet 2013

All Pigs Must Die : Nothing Violates this Nature

Les laborieux d'APMD ont visiblement réussi à se dégotter les coordonnées d'un bon ostéo, probablement quelqu'un au vu de leur nom leur aura-t-il conseillé les services du bon docteur Douglas Pearce : en tous les cas les voici tous fringants-pimpants décoincés du cul !
Oh bien sûr, tout ça reste du domaine du congestionné de première, on n'emploie pas le chanteur (de mémoire) de The Hope Conspiracy pour des prunes, mais on y trouve là par-dessus désormais une discrète et sévère extravagance, un subtil et suffisant excès de moulinets et d'emphase, tout à fait en phase justement avec leur persévérant concept jihadique anti-toute religion, par endroits allant jusqu'au (discrètement) surprenant, tout en restant chaque instant ultra-metal et ultra-amphétaminé par-delà les bornes du hardcore, rigoriste fanatiquement, liant pour le meilleur l’écœurante virtuosité bourrinistique du virevoltant Ben Colère, ce qu'il faut de déo-guitare gamme Axe-to-fall, ici incongrument mais follement à sa place, pour vous dire même à dix heures du matin et sans bière il donne envie de faire des pompes tout en mâchant son couteau, en une version commando à la triste figure de Pulling Teeth.
Bref, à la fois mortellement sérieux et mortellement ridicule, enfin en somme à la hauteur des promesses de leur nom, ce qui suffit à en faire un disque redoutablement frais au milieu de cette fastidieuse file d'attente qu'est devenu le hardcore.

mercredi 3 juillet 2013

Kine : Meditations in April Green

Un disque venu du futur. Un disque pour des êtres translucides croisés entre acteurs nô et grillons érotomanes. Un disque qui tient de l'estampe égrillarde tous champignons dehors et dûment violacés, de la composition végétale sauvage et du monastère orbital futuriste, tout de jade évidemment, avec son système de propulsion conçu sur un protocole à base de koans fétichistes.
Comment, où et quand la chose, moyennant force gloussements spiritiques et néanmoins gourmands, introduit ses divers tentacules, pédoncules et autres pseudopodes de larve insectoïdo-bacillaire dans toutes les cavités trouvables et exploitables entre vos hémisphères - je vous parle bien entendu de votre cerveau, que croyez-vous donc ? - je vous le dirais bien, mais je crois savoir que vous êtes tous majeurs et en pleine possession de votre organe principal ?

mardi 2 juillet 2013

Power Trip : Manifest Decimation

OK, ce disque vous l'avez vu ou allez le voir partout ; parce que c'est du thrashcore crossover, que les vieux ils aiment bien le thrashcore crossover et te lâcher des noms de modèles de baskets à languettes pour te montrer qu'ils sont vieux, et que non mais vous avez bien vu la pochette ? et pourquoi donc croyiez-vous que je tinsse à faire un billet dessus, ce disque ?
Bref, je ne développe pas, vous voyez la logique... Enfin non, vous ne voyez pas. Parce que tout de même, le revival thrash montant à languette, il a eu le temps de s'éventer, un peu, depuis le temps, et pour que ce truc-ci parvienne à se faire entendre, alors qu'en plus il sort chez Southern Lord, le Seigneur de l'Harassement de la Tendance, il faut bien qu'il y ait quelque chose. Alors, est-ce qu'il y a quelque chose ?
La réponse est oui : dans cette monotonie terne et brûlée, dans cet aboiement rauque, cramé et monocorde et ce qu'il ajoute d'aride et de rougeâtre aux ambiances super-foutues déjà bien garnies en saveur post-atomique rocailleuse et désolée, au climat de traque digne de Kill'em All, de ces morceaux qui galopent tout droit à travers l'immensité poussiéreuse de la plaine paralysée de terreur, avec une énergie du désespoir un rien fatiguée et famélique mais néanmoins rugueuse, aidés par une production subtilement lointaine et caverneuse, qui les affilie autant à Amebix qu'à Lantern mais surtout à la fin du monde, à la dévastation et à ce qu'il faut foutre pour s'occuper après, dans les foutus canyons martiens du wasteland global, une nouvelle aube cendreuse après l'autre, et puis aussi un peu pour s'alimenter, une fois qu'on a mangé tout l'entourage pas assez proche pour vous couper l'appétit quand il se met à goualer. Le plus souvent, c'est des cailloux, les plus tendres c'est ceux qu'on trouve au bord des puits de radiations, du coup ils sont un peu chauds mais au moins ça se laisse mastiquer.
Voilà, j'espère avoir correctement répondu à la question que vous ne vous posiez pas.

lundi 1 juillet 2013

Cult of Occult : Cult of Occult

A Lyon, c'est vraiment la racaille. Non seulement ces petits connards te jouent le si traditionnel extreme sick psych sludge doom de la façon la plus vandale imaginable, à la limite du Trapped Under Ice, avec un son de vrais vauriens ; mais encore n'est-il même plus permis d'en douter, si jamais c'était le cas auparavant - dois-je rappeler que leur album fraîchement paru a un titre qui commence par Hic et voit un de ses morceaux s'intituler "In Vino Veritas" ? dois-je vraiment vous inviter à prononcer le nom du groupe, à voix claire et haute ? plusieurs fois ? - lorsqu'on a entendu l'imbécile et bilieux texte de "Cult of Occult", le morceau, qui vaut largement le passage pages roses du dictionnaire sur "Opus ad Odio" : ces foutus petits sacs-à-merde ne sont même pas sérieux, bon sang de merde.
Ce qui ne les empêche pas un instant, je n'ai surtout pas parlé de second degré, et n'enlève rien à leur contondance aigüe pour ce faire, de vous rosser et vilipender comme rarement vous l'aurez été en écoutant ce type de musique pour patates aux fines herbes, quand bien même l'on songerait les comparer aux délicieusements crétins et brutes Dopethrone. On a coutume de dire que les Lyonnais gagnent à être connus et qu'ils sont moins austères et malveillants que n'y paraît ? En effet, c'est bien cordialement et dans une bonhomie tout à fait rafraîchissante, pour acide qu'elle soit aux corps y exposés, que ces petites ordures-ci vous lynchent la tronche en long, en large et en travers, sans précipitation, et vous laissant œsophage et oreilles en feu. Surtout qu'ici, contrairement à l'album qui suivra, les coups de bourre les prennent avec bien plus de réussite, c'est peu de le dire, et pour le coup ils se montrent sans discussion à la hauteur de l'hostilité castigatrice purement potentiomérique qu'ils sont capables de déployer sur des planches. Connards, va.