jeudi 11 juillet 2013

Dumm, 30 Jours de Dérive, 10/07/13, Up & Down, Montpellier

Les fringants jeunots (clins d'oeil lourdingues) d'All that Glitters vous proposaient ce soir-là les deux face d'une même musique.

30 Jours de Dérive : la face souriante et fraîche, donc - au moins en apparence. Une musique à la définition très classique - cold/shoegaze - exécutée avec à la fois tout le respect et la correction qui se doit, et une liberté, une audace sans façons, qui est au moins aussi précieuse que leur attitude, adorable de plaisir de jouer violemment contagieux. Au début, comme la première fois que je les avais vus, on fait un peu la moue indulgente, on se demande où ces morceaux vont bien pouvoir réussir à nous emmener ; puis rapidement on se fait méchamment embarquer, par cette musique pourtant cavalcadante, et dieu sait si lorsqu'on habite la ville de Marvin on peut être allergique aux cavalcades permanentes... Mais cette batteuse a un jeu qui lui excuse tous les pains - il faudrait être sourd pour ne pas en avoir entendu quelques uns - pirouettant et matraquant, tribal sans taper une seconde dans la facilité zoulou à deux balles, jubilant et grisâtre à la fois - bien à l'image du groupe, donc, et c'est parfait parce que ça m'épargne l'effort de décrire la ferrugineuse et incandescente basse, elle aussi parfaitement duplice et jouissive, tout comme le sont à voir ces deux petits galapiats, avec leurs allures céleste d'angelots de nuit et de bord de mer, et si discrètement mais sûrement accomplis dans cette musique si propice aux poses assommantes par les temps qui courent.



Dumm : assommer, c'était d'ailleurs plutôt l'affaire de Dumm, et pas avec des poses ; ces sales types-là ont passé l'âge arthritique de les tenir trop longtemps. Dumm, c'est la face de ta punition ; avec leur swamp de l'apocalypse, le carnaval d'une cold tellement volcanique qu'on en trouverait presque scabreux de l'appeler encore ainsi, si l'on n'avait les idées depuis longtemps élargies et éveillées sur ce dont un bon corbeau peut être capable - et ceux-là sont de la famille de ceux du proverbe, qu'il ne vaut mieux pas nourrir si l'on tient à garder ses yeux dans leurs orbites. On ne peut pas dire que la loyauté les étouffe non plus, puisque s'ils m'avaient bien envoyé leur démo quelques jours avant, ils avaient, soigneusement si seulement ils étaient capable de soin, omis de me préciser que les déjà très accrocheurs et ferrugineux morceaux y figurant, prenaient sur les planches une ampleur dictatoriale et vaudou à vous en faire tomber le plafond sur la tête, le ciel pas très loin derrière, et le sourire découpé sur le visage à la feuille de boucher tout le long de l'opération.
L'eussé-je seulement su, j'aurais probablement fait un rentre-dedans éhonté auprès de tous les usual suspects de la scène barbue de la région - à base probable de Swans et de Death to Pigs, des mots simples et qui parlent à tous - et possiblement un peu moins de malheureux seraient-ils passés à côté de la râclée de... d'un bon moment, parce que les affreux sont déjà remarquablement bien partis, et pas pour en rester là, vu tout le reste des saloperies qu'ils doivent savoir imaginer - faut dire que ce petit monde-là joue déjà dans Meurtre, Casio Judiciaire, Jose and the Buttsluggers, Missfist, Mobylette Facile, Le Death to Mankind. Une belle bande de vieux connards, c'est moi qui vous le dis... Et qui pourtant iraient facilement tenter de chiper le titre d'adorables de la soirée aux 30 Jours de Dérive.

Bref, double face ou pas, une soirée cold wave, c'est l'assurance d'une soirée d'amour. Avec de la limaille dedans.

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