dimanche 14 juillet 2013

Møch : C'est pas ça qui va relever la France

Fini le black metal caniculaire sous la marque Lava, pour Møch ? Voire... On leur trouve tout de même encore de fantomatiques relents, non pas de Glorior Belli, ça va pas non ? mais presque de Vorkreist, dans de certaines façons malades de choriser comme dans un brouillon de nouvelle perdue de Barbey d'Aurevilly, dans certaines dissonances bon marché, qui viennent, encore heureux, gâter les lointains airs de ressemblance qu'on pourrait commencer de leur trouver avec des trucs frelatés comme Hangman's Chair - production et chant plus "pro" - horreur ! - oblige : oui, il faut renoncer du moins au johntardyen jadis employé pour les "textes" (rires gras).
Bref, ce n'est pas pour rien que leur crapuleuse échoppe s'appelle Wearemoch : y a que du moche dans Møch, et quelque part aussi c'est justice : ils sont supposés jouer du sludge, ou pas ?
Supposés, ouais : ils n'ont pas tant changé que rapidement, passée une entame de disque aux inquiétantes effluves sudistes ci-dessus évoquées, les divers menus de midi des uns et des autres ne commençassent à remonter à la torve lumière du jour, à commencer par une bonne dose de swampnoiseblues, un esprit Killdozer migraineux, grade enclume, qui se marie assez aimablement avec les samples idiots et l'esprit hooligan - Vorkreist, PSG, pour sûr certaines choses les innocenteront toujours de toute accusation d'être des Parisiens qui se rêvent nés ailleurs, et si leur swing sent résolument le caniveau, il n'y pas que le pastis et la feria qui donnent cette démarche et cette dignité-là, et le blues qui occupe une bonne première partie du disque n'évoque rien tant que ce qui manque sur cette affreuse pochette (qui en passant est sûrement un hommage de ces mongoliens à Satyricon) : un marcel et un précieux litron d'un de ces rouges qu'une rasade de bile ne vient qu'adoucir. Le sludge de Møch est plus moche qu'un wagon de RER B où l'on dodeline tandis qu'on rentre sa viande saoule dormir à son gourbi, mais ce n'est - presque - rien à côté des odieuses erreurs de la nature qui vous attendent passé "Interlude", à partir d'un "Bored an Sunday" dont rien, vocalement et musicalement, ne devrait avoir le droit d'exister, et dont tout vous procurera un vil plaisir libidineux d'onaniste frénético-compulsif - et tout le radieux punk de la chute qui le suit - "Schizoid", du Ceremony avec Philippe Nahon ? "Ten Cocks", le chanteur aurait-il déjà oublié le langage humain qu'il a eu tant de peine à apprendre ? ou bien est-ce une reprise de l'avant-dernier Peste Noire par un groupe de oï kanak ? "John Cum" Lugubrum et Cult of Occult se tombent dans les bras entre deux barriques crevées ?
Ho et puis merde, hein, il sera bien temps de leur payer une chronique qui ressemblera à quelque chose, lorsque l'album ressemblera à quelque chose de dur et qu'on peut toucher. En attendant, vous pouvez toujours aller les aider à réal... ah non, en fait, vous pouvez même pas, ils sont tellement cons qu'on peut ni leur filer du blé, ni le foutre dans son lecteur de merdes compressées, ce foutu tas d'ordures. Mais vous pouvez toujours aller l'écouter, et leur chier un peu dans la boîte mail pour qu'ils se les sortent.
En attendant, j'espère qu'en cette belle journée ils profitent bien de la fanfare et du doux chant des Rafale dans le ciel de la plus belle ville du monde.

1 commentaire:

Le Moignon a dit…

Et pourtant ! Ten Cocks est le morceau où les paroles - en français pour l'occasion - sont le plus définies... ;)
Quant à savoir qui de Møch' ou de Casio Judiciaire les a écrites en premier, les négociations sont en cours au Palais Justice...