mardi 27 août 2013

Elizabeth : Where Vultures Land

Les mots. Il suffit d'un pourvu que ce soit le bon. C'est bien pourquoi j'en empile pareilles quantités et, comme certains me l'ont entendu récemment professer, suis toujours prêt à bâcler un nouvel article sur le même disque pour simplement en placer un qui manquait, et risque de toucher - une cible, intentionnelle ou inconnue.
Les seuls mots que pour ma part j'avais lus partout sur le présent album dont on a parlé partout, ne m'ont donné l'indice que du pur machin gorgeruineur, et Dieu et Matthias savent la méfiance que j'ai à l'endroit de l'efficacité me concernant de tous ces trucs. Nostromo, Suisse, carnage, ultraviolence tronçonnante : voilà les mots que j'ai lus peu ou prou.
Triste, voilà le mot que je n'avais pas lu, et qu'un compère a eu la bonne inspiration de me glisser - quand on vous dit que le Yell Fest, ça ne se manque pas... Il a touché, et qui plus est, il parlait vrai. Cet album tient au moins autant de Converge (celui de You Fail Me, d'ailleurs) que d'un Daggers qui aurait les jambes en coton, la tête étrangement légère, et la tentation de rocker des rotules, avec cette tristesse que l'on dit slave, teintée de joie sans lendemain, exsangue et pourtant mordante. Ajoutez l'élégance funambule, emo et bourricot à la fois, commune à leurs compatriotes de Coilguns et Cortez, et surtout celle de torcher l'histoire en une vingtaine de minutes, décapantes, furibondes, carnassières, et qui pour tout dire me fait plutôt, moi, penser à des loups, quoique les noirâtres cous décharnés des vautours... - sans s'appesantir ni en larmes, ni en menaces, ni en déglingue, et voilà : d'une, commencent à s'effriter mes préventions contre les Suisses (qui ne sont donc pas forcément tous des Mumakil, Unfold, Sludge ou Kruger), de deux, commencent à se réconcilier les statuts d'ex-homme de très bon conseil sur Vs et d'éleveur de barbus, d'un certain monsieur Sangfrais qui m'aura mis plusieurs fois à l'amende cette année, ce qui fait toujours plaisir. Ça tient à un mot. Merci.

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