mardi 13 août 2013

Oathbreaker : Eros|Anteros

Toujours sur votre faim de moments recueillis à nettoyer ses plaies au vitriol tout en se fredonnant des kaddish en langage grondé, depuis le Rise & Fall d'après Our Circle is Vicious ? Vous les trouverez peut-être ici - oh, pas beaucoup plus nombreux, mais saisissants, douloureux, coupants comme est l'odeur de maladie qui sourd de partout de cette musique mangée de toutes sortes de gales, tiques et autres mites plus souffreteuses et acrimonieuses les unes que les autres - on croit reconnaître un peu en fatras irréel mais pour autant en parfaite cohérence les gonzesses de Ludicra, de Kylesa, de SubRosa... Bref tout ce que le hardcore peut compter de harpies décrépites, de douces lèvres retroussées écumantes sur des dents aussi jaunasses que tranchantes ; on trouvera sans doute un peu de Converge, aussi, mais ce n'est pas comme si le groupe était réputé pour la bonne santé qui en irradie ni pour une féminité loin enfouie. Le titre du présent disque encouragerait somme toute assez volontiers à qualifier ce hardcore de vénérien, mais il n'est pas que cela, puisque sur ces vagues de pulsions masochistes et délétères viennent souffler d'étranges vents vikings, d'étranges appels du monde des esprits, qui viennent encore rendre un brin plus trouble le bouquet stupéfiant et corrosif d'un album lunaire, forestier, magique, excessif, éprouvant, vertigineux - femelle, certes et en un mot comme en cent ; unique, surtout.

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