lundi 19 août 2013

Therapy? : Caucasian Psychosis

Là encore, il aura fallu du temps (vingt ans, tout de même) pour en convenir, mais les tous débuts de Therapy?, c'était déjà sacrément quelque chose ; une fichue new-wave de racaille replicant qui trimbale sa déglingue famélique, les tendons métalliques au vent exposées dans diverses blessures et accrocs de sa blafarde couenne synthétique vérolée ; en toute bonne logique, les morceaux portent aussi bien les fétiches cyberpunk des pochettes des deux petits e.p. d'origine, que la vision Schielo-Ungarienne ci-contre adoptée pour leur édition compilée. Sacré fichu groupe, étaient-ils déjà, sous leurs modesties punk - l'hésitation du patronyme qui semble ne revendiquer même pas ses névroses, la banalité beaufe de bouboule Cairns sous laquelle couve un vrai Joker, acide, fiévreux, amoureux, brouillon, incontrôlable, affamé - une sorte de gigue électrique grelottante et coupante de la folie ordinaire, où pourraient venir se tenir par la main les débuts de Faith no More, ceux de Foetus, de Killing Joke, de Cure, et puis Pailhead, Billy Idol, Hammerhead, Big Black, Joy Division, et je pourrais sans doute ajouter un bon paquet d'autres punks lunaires, comme pour tous les groupes dont l'identité est trop forte pour se définir en rapprochements autres que fugaces et aussi éclairants qu'un miroir éclaté, et qui ne sont que la gaucherie devant la simplicité des grands.

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