mardi 27 août 2013

Yell Fest, 23 & 24/8/13, Le Loup dans la Bergerie, Chambalon

Les gifles cuisantes de cette troisième édition :

Satan : loupés voici quelques mois à Montpellier pour cause de nom qui semblait trop augurer de rockin' lolcore à la Cobra, c'est donc à côté d'une quasi-manière de résurrection du Mayhem de Deathcrush que j'étais passé. Impressionnants de malveillance à peine pubère en apparence - le Mal conserve - et toute entière vouée à Sa plus grande gloire, sans aucun décorum ni fanfreluche, juste le feu de l'enfer dans le fond du slim, et un chanteur magnétique de teigne livide et grêle. Un t-shirt Danzig, bien entendu, ça aide. Quelques "hough!" de champion envoyés avec un goût sûr et parcimonieux, aussi.

Hungry like Rakovitz : le contraire exact, précis comme un coup de couteau à gigot, d'une écrasante majorité de groupes en math- et en chaotic-, dont certains hélas pour eux ont joué sur le Causse Méjean ce week-end : une invraisemblable bousculade de plans grind, hardcore, black, stoner, death et tutti quanti - et jamais la moindre sensation de greffe gratuite, stérile, surenchériste. Mais la vivante sensation que tout obéit à une logique, que pour sûr eux seuls savent voir, mais dont l'évidence transpire et contamine un auditoire conquis massivement par la paradoxale fluidité aérée de cette tornade de punk méchanoïde et bouillant, haché et hachant, d'expéditives mesures stoner voire de mesures magistrales autant que contrepodologiqes balancées là comme ça en toute fin de certains morceaux, laquelle fin est rarement où l'on croit, sans oublier surtout une bonne vieille vibe hardcore old-school à vous faire des moulinets joviaux cependant que vos cervicales continuent de se disloquer en tous sens ; et encore : une élégance sans apprêts ni pareille dans les riffs convulsifs et/ou marteleurs, un équilibre étourdissant de l'acide et du gras, une gracieuse agilité acrobatique digne d'un Soilent Green qui tirerait dans la catégorie de poids de Binaire. Fessée en règle.

Cult of Occult : ont été fidèles à ce que j'en attendais, dans la mesure des possibilités offertes par les conditions. La grande scène, du peu que j'ai pu voir les rares moments où j'ai ouvert les yeux, était bien occupée par une mise en scène dont chacun jugera pour lui la sincérité et la moralité ; et le volume sonore pur a réussi malgré le ciel ouvert et l'absence de guitare, à sonner aussi dégueulasse, vil, et sacré, que d'habitude - quand bien même il aura un peu fallu s'auto-suggérer les si délicieux passages où on ne comprend plus rien à ce qui se passe tellement les riffs s'embourbent dans leur propre obésité. Doom à l'extrême. Donc parfait. Voire doom à la Kickback, et parfaitement cérémoniel avec ça , et parfaitement sans prétention. Plus-que-parfait, donc.

Trois bonnes grosses  tartes, en somme, dont la qualité suffisait haut la main à rendre la saison plus que rentable, puisque pour ne pas changer, l'ambiance et l'accueil ont été miraculeuses et au petit poil.

Les autres groupes, mis à part Sofy Major que j'ai été agréablement surpris de découvrir aussi camionneurs, et dont le mélodisme vocal pour le moins... étrange, mais conquérant, aura presque réussi à me consoler du forfait inopinément déclaré par Watertank - ont été écoutés avec une désinvolture qui allait de la paresseuse bienveillance paternaliste, à la plus sèche et hostile abhorrence. Il n'en sera donc pas question.

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