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Affichage des articles du septembre, 2013

Obszön Geschöpf : Symphony of Decay

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La meilleure collision advenue entre EBM et death metal (oui, c'est meilleur encore lorsque c'est par surprise), peut-être parce que c'est le death le plus vocalement et généralement sexuel que vous entendrez jamais, peut-être parce que c'est le seul disque de death  qui fait autant pas rire qu'un très bon disque d'EBM, peut-être parce que c'est le seul disque d'EBM qui charcute aussi sévèrement qu'un très bon album de death. Death metal de backroom. Peut-être aussi est-ce qu'il y a dedans des vrais gros bouts de Nine Inch Nails et de hip-hop. Il s'agirait pas de s'endormir dessus.
Et comme tous ses albums, il est juste suffisamment trop long pour être encore plus nettement atroce. Terrifiant.

202 Project, Jessica 93, Tropical Horses, 27/09/13, Chez Bastien, Montreuil

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Tropical Horses : garagesurf indus, oui Madame, on pense à Binaire du tout début (que de coincidences décidément environnent toujours monsieur Jean-Pierre Panik...), on pense à Monsieur le Directeur, on est un peu en mal de balises pour situer toute cette hirsute et éblouissante fureur, mais on prend une saisissante et vivifiante petite gifle qui commence bien la soirée (nous avons loupé le premier groupe)

Jessica 93 : comme je suis de nature naïve et indulgente, et toujours prêt à me changer en bon public, j'aime à dire que The Soft Moon seraient probablement très bons s'ils choisissaient de faire des morceaux plus longs.
Peut-être pas, après tout.

Mon estimé compère Le Moignon me confie qu'il ne comprend pas, quoiqu'il aime ce qu'il entend, la qualification en cold wave. Je ne peux qu'abonder, puisque le premier mot qui me vient serait plutôt : tiédasse.

202 Project : je m'étais fait un principe, l'autre fois, de ne pas relayer les propos indélicats qu…

Oyaarss : Bads

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Si vous avez manqué le début : ultime rescapé de son espèce, l’adjudant-chef Couturier vivote dans un abri sous-terrain. Sa seule occupation : faire des puzzles. Son seul objectif : durer. Je suis en train de terminer la bataille d’Aboukir lorsque je suis pris d’un pressentiment qui sédimente en certitude alors que les dernières pièces se fondent dans le tableau. Le compte n’y est pas. Il en manque une. Un morceau du nuage de fumée, là, en haut à gauche. Je cherche sur la table, sous la table, dans la boite : rien. Je procède à une inspection minutieuse du refuge : toujours rien, nulle part. Ne pas laisser place à l’amertume. Chasser cet affreux sentiment d’échec. Je décide d’enchainer sur une œuvre plus modeste et commence à trier le tas pour isoler les bords. À quoi bon ? L’inanité de mon passe-temps me foudroie soudain. Accablé, à bout de nerfs, je m’allonge sur mon lit et m’endors aussitôt. Une cité sans lumière. Un royaume souterrain. Des galeries vitrifiées. Une architecture rivée…

OvO : Abisso

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Vous cherchez, par hasard, la version un tant soit peu décontractée et décorsetée de Khlyst, Gnaw, et aussi Made Out of Babies, Jucifer, Nic Endo - toutes ces sympathiques conneries parfois un peu trop pénétrées de leur grande dangerosité ? Ne cherchez pas plus loin. OvO injecte dans tout le merdier griffu une très gratifiante brouettée de fumier de connerie imbibée et complaisante, mal coloriée, hurlante, bien à la hauteur de leurs camarades de label de Zolle, et tout comme eux, n'en tourne pas pour autant une seconde à la déconnade, bien au contraire - les plus cons sont souvent les plus malfaisants, après tout - et Alain la Tique ne s'y est pas trompé d'ailleurs, puisqu'il cachetonne ici, et s'intègre parfaitement à la tapisserie à moitié décapée, donnant son modeste meilleur sans tenter de déchirer la couverture, juste comme il le faisait déjà sur Passion, comme quoi ce type est doué pour les petits contrats. Mais revenons à nos moutons carnivores. Abisso a de…

The Oscillation : From Tomorrow

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Kraut-psyche, qu'elle dit la fiche promo. Ce n'est donc pas cette fois que je vais enfin (ou pas) commencer à chercher à écouter du krautrock. Parce que je ne vois ici rien d'autre que du rock psyché. Ah, si, remarquez : une ambiance industrialo-pharmaceutique presque pas loin d'un 202 Project qui serait parti choper de nouvelles ivresses en bacilles sous quelque tropique mal défini, mal situé et mal famé. Ce serait ça le kraut ? A la rigueur je serais peut-être mieux disposé à pour une fois admettre l'étiquette shoegaze, après tout l'allusion médicamenteuse est déjà lâchée, et serait du reste difficile à retirer ; mais alors un shoegaze qui pour une fois irait moins créditer la thèse du tapis de pédales et du mur rosâtre y perpendiculaire, que celle qui m'est plus chère car lue du temps de mes années tendres dans une biographie des Cure, et qui en faisait la bannière sous laquelle rallier tous ces poulains qu'ils emmenaient en première partie à une épo…

SubRosa : More Constant than the Gods

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Tout comme en littérature, il existe en musique des œuvres qui réclament une suspension d'incrédulité ; des disques pour lesquels l'avertissement à l'auditeur mérite d'être formulé ; même dans le champ du metal ; même dans le champ des albums qui ont le profil pour finir ici.
Parce que More Constant than the Gods est un disque d'exception. Le livret de No Help for the Mighty Ones avait l'odeur entêtante des recueils de "Contes et Légendes" de divers peuples (qu'on avait envie de préférer compléter par "des Indiens d'Amérique") de mon enfance : More Constant than the Gods en a le corps. Simple au sens botanique. Épatant. Avec, parce qu'il s'attaque tout de même aux adultes difficilement suspensibles que nous sommes en général, une fichue tapée de paillettes de magie dans tous les replis et drapés de son aussi invraisemblable que somptueux déshabillé hiératique ; une exquise et aveuglante finesse de mille détails d'une mus…

Grave Miasma : Odori Sepulcrorum

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Comme c'est approprié - cette pochette, là-contre. Un temple bien sûr, qui sent sa Grèce, son Égypte, sa Mésopotamie, bref, n'importe pourvu qu'en tous les cas son indifférence totale et primordiale à tout jeunisme monothéiste - car il s'agit de mormétal. Une peinture, car s'il est un art où Grave Miasma ici se montre confondant de virtuosité, discrète et efficace, c'est celui des couleurs, et de leur étourdissante palette - surnaturelles, donc, paranormales et tout le toutim, puisqu'il s'agit toujours de mormétal, rappelez-vous. Et aucun contour. Non pas que le son utilisé par Odori Sepulcrorum abuse d'écho ou d'aucune débauche d'effets appelés à souligner une aura d'occultisme qui ne serait pas déjà dans le fruit - non plus que d'aucun carnaval dans les couleurs évoquées plus tôt, au cas où on serait allé se l'imaginer : la parfaite mesure en toutes choses, le juste murmure d'agitation dans les ténèbres, un remou qui suffit…

Horseback : A Plague of Knowing

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Filosolem.
Arf...
Effilocheauzen !
...
Filosœufauplat ?
Pfff...

Gorguts : Colored Sands

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Qu'est-ce qu'on ne pourrait trouver dans le nouveau Gorguts, je vous le demande, surtout quand on est enclin à voir des ponts germer partout - et s'il est un album qui germe et profusionne et prolifère, c'est-y pas bien celui-ci ? Du Neurosis en plus merlan, du Nile en moins pudibond, du Ulcerate en plus baroque, du Leviathan qui se serait fait une combinaison en peau de Botch, Aevangelist qui apprendrait le coupé-décalé cannibale avec Meshuggah, Starkweather chaussant du 67, Deathspell Omega bouddhiste, Intronaut sataniste, Immolation sous DMT? L'intersection d'Atrophy, Gateways to Annihilation et Codex Incubo ?
Oui, le namedropping est excessivement dru. En même temps, aujourd'hui chacun sait qui a pompé Gorguts et/ou l'a bombardé influence majeure. A quoi bon décrire une musique dont tout le monde sait un peu trop à quoi elle ressemble ? A part dire que peut-être a-t-on enfin là l'album de death Thousand Sons...
Il suffit de savoir qu'à ce n…

Feastem : Avaritia Humanae

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Quant à leur gloutonnerie, elle est ou ne peut mieux constatée ; jamais les cochons ne sont rassasiés ; ils mangent goulument, ou plutôt ils dévorent ; leur tête, toujours baissée, cherche continuellement des alimens : s'ils boivent ou mangent plusieurs ensemble dans la même auge, ils se battent, crient, excluent les moins forts et les blessent quelquefois ; on est obligé de séparer les jeunes cochons des plus âgés, lorsqu'on apporte la mangeaille, parce que les derniers les estropieraient pour tout avaler. Si la mère n'était point attachée quand ou apporte la boisson de ses petits, elle les écarterait et se dépêcherait de se l'approprier. Sur la fin de l'engrais, lorsqu'ils ne peuvent plus se mouvoir, qu'ils ont perdu l'usage de tous leurs sens, ils mangent encore, ils mangent jusqu'au dernier moment; dès qu'ils laissent de leur mangeaille, ils sont près de mourir.
Manuel du charcutier, ou, L'art de préparer et de conserver les différentes …

Void Paradigm : Void Paradigm

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Dans un monde correctement ordonné, le baroque black ce n'est évidemment pas Unexpect, Arcturus, Diablo Swing Orchestra, Vulture Industries, et ma main sur ta gueule, tu veux que je te l'y colle ? Dans un monde convenable, le black détraqué ce n'est pas une énième parodie de Virus ou Apocryphal Voice ou les deux à la fois. Le black malade de baroquie, dans un monde adéquat, ça ressemble plutôt à The Acausal Mass - ou à sa version canaille ici présente.
D'ailleurs Void Paradigm vaut mieux qu'une énième auto-parodie de Virus, tellement plus sexuel est il, forcément puisqu'on parle ici de Français, et d'un alcoolisme en spirale qui épingle directement le disque quelque part dans le trou noir qui bée entre Anhédonie - oui, Monsieur le Marquis a de la présence - Et le Diable Rit avec Nous - ce batteur qui équarrit avec la grâce d'un maître du katana... - et 666 International - j'ai dit, que le disque tanguait et roulait délicieusement sur la mer d'u…

Yidhra : Hexed

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Du doom axe stoner/tradi : OK, pourquoi pas, le bon moment pour ce genre de choses finit toujours par revenir.
Une voix grumeleuse de virilité ploucarde à s'y méprendre avec un éboulis de couilles de Rob Zombie et Neil Fallon - dépressifs tous les deux : ça devient plus positivement intéressant.
Ambiance saturnienne et orageuse limitrophe du cimetière des Wounded Kings : banco, coco. On est autant ici dans le doom de débardeurs-sorciers de Mala Suerte - qui sont toujours trop rares - que dans la réussite totale du programme HPL-iste de l'affaire - mais en faveur du prolétariat, pour une fois ; du point de vue de la laborieuse et imbécile populace d'Innsmouth, si vous voulez : des si piquants Profonds ; dotés pour l'occasion de gros choppers ventrus, dégoulinants de barbes d'algues putrescentes, et dont les échappements dégueulent des solos d'or souillé par dizaines de gallons, beaux comme du Corrosion of Conformity revenu des Enfers, avec quelques lambeaux en …

202 Project, Stolearm, Elest, 14/9/13, Black Sheep, Montpellier

Ce n'est pas tant du fait que j'aie participé à l'initiative et l'organisation de ce concert, que je ne pourrais pas correctement en parler - il faut vous imaginer que, de vil parti pris que je suis, j'ai également parfois parlé d'albums que j'ai achetés... - mais c'est surtout que je me suis pris ce qui s'appelle pudiquement une méchante petite tarte, et que justement la pudeur, mais oui, elle-même, m'empêchera de dire plus en détail l'effet sur moi de ce set merveilleux que nous a balancé là Jean-Pierre Panik, l'homme de 202, et que déjà parler de rencontre entre la trilogie biblique des Cure et les affres du blues le plus spirituel, est une bien maladroite et triviale retranscription du miracle que quant à moi j'ai vécu ; à ce compte-là, autant directement dégainer les à deux balles mais douloureusement véridiques "envoûtant", "lancinant", "viscéral", "térébrant", "transissant" (on…

Jucifer, David Vincent, 12/9/13, Black Sheep, Montpellier

David Vincent jouent le stoner comme on l'aime : barbariquement. Mot-clés : 16, War Pigs, Lahius, Milligram. Ça envoie par paquets de trente-douze, difficile de voir où vont les morceaux mais ça n'a que peu d'importance, on en prend plein sa tronche.

Jucifer mériteraient qu'on crée pour eux l'appellation blacksludge ; parce que Black Mayonnaise est déjà pris, et puis que justement ils ressemblent (sur leurs dernières apparitions en tous les cas) à un crash dégoûtant entre Black Mayonnaise et, euh, Dropdead, Disrupt, Hellhammer ? Un gros dégueulis de merde occulte consciencieusement imbibée au mazout et nappée au goudron. Et l'impression délicieuse d'être rentré dans The Devil's Rejects.

Rule of Thirds : Rule of Thirds

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Le sourire en coin de l’oie blanche bêcheuse du Louvre n’a rien d’intrigant, loin de là et tant s'en faut, la Joconde est clairement une chieuse. Nettement plus captivant, le visage en noir et blanc de Streetcleaner autorise les interprétations les plus volatiles (Contentement ? Soumission ? Proie ? Succube ? Pie crevée ?), ce qui lui valut l’insigne honneur de se faire punaiser contre un mur de ma chambrette (alors, heureuse ?). L’écoute obsessive de cet EP de Rules of Thirds, en boucle une bonne partie de l’été, a rappelé cette jeune femme un peu froide à mon bon souvenir, l’animant d’émotions sur le fil du rasoir, de tremolos à la limite de la rupture. Aucune colombe ne vole en ces cieux, mon ami, c’est la mort chrétienne défroquée. Trois sépulcreries à se ruiner les chicots. La première dent glissée sous l’oreiller, on priera pour que le groupe n’explose pas en plein vol et l’on attendra sagement le prochain passage de la petite chauve-souris.

The Haxan Cloak : Excavation

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Hé ! les gars, c'est bien, la techdub, techstep, dubstep, ou quoi que vous appeliez ça, je suis largué je l'avoue - mais il ne faudrait pas oublier de noter que dans "bass music" il n'y a pas que "bass" : vous voyez où je veux en venir ?
Au passage, tant que vous n'aurez pas l'autre moitié du machin, un conseil d'ami : laissez tomber les nœuds coulants, les camaïeux de noir super austères et les intitulés macabres. Personne n'aime les balles dans le pied.
Remarquez que pour se caresser sous la douche vers 4 heures en descente d'ecsta, ça doit être au poil.

Watain : The Wild Hunt

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Attention ne clignez pas des yeux, parce que ça ne va pas durer longtemps : je vais tâcher de faire ça sans m'attarder avant que la bile ne monte et les babines ne se retroussent - car que voulez-vous, on ne peut pas juste blacklister tout l'internet, et j'en ai déjà trop lu d'impayables sur The Wild Hunt.
Alors : il paraît que c'est du Dissection, seulement en moins bien. C'est donc très logique après tout, moi qui ai toujours trouvé Dissection à chier, et pour qui le seul album envisageable de Watain est Sworn to the Dark - que je trouve la présente chose rigoureusement formidable, splendide, merveilleuse, féérique, avec ses délicates fragrances de Judas Priest et de Danzig, ses couloirs et ses chambres raffinées, que je le bombarde céans étincelant, liquoreux, romantique et débauché ; juste un peu en-dessous de Satyricon ci-dessous, et encore.
Mais que voulez-vous, on vient chacun de quelque part comme disait Maxime Le Forestier, et moi je ne suis pas né en …

Oathbreaker : Eros|Anteros

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Alors lui/elle/?, c'est le petit salopard caractérisé de cette année ; l'air sur-expressif voire boursouflé et admirablement écœurant, au début, ensuite tellement de son temps, analysé à froid ou écouté distraitement ; et en fait, tellement à part, que même y voir la lascive valse d'Enslaved et Rise & Fall, ou de Negura Bunget et Converge, ce qui est déjà pas mal, le réduit par trop - lui et sa façon claire de sonner tant que de jouer, sans donc utiliser de tours, ni de console ni de médiator, pour brouiller ou faire les yeux charbonneux à une musique douloureusement claire, dont la force poétique est aussi coupante qu'un vent d'hiver, l'atmosphère aussi rêche et déshéritée que ce fond de jardin gris en bordure de la forêt sauvage.... A moins que ce ne soit juste moi, qui ne sais plus l'effet d'un bon disque d'emocore ?

TV Ghost : Disconnect

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J'aurais aimé, sincèrement, me sentir vertueusement investi de la conviction que ce nouvel album des ex-aliénés de TV Ghost tape bien trop pile où il faut entre Turn on the Bright Lights, Skying et Imps of Perversion, pour être honnête et acceptable. J'aimerais, sincèrement, me targuer de la certitude que ces mélodies et ces couleurs si imparables et cependant si lunaires, se seront éventées dans trois mois, aussi légères que de la moustache de hipster. J'aimerais savoir dicter à mes sens droits dans leurs bottes neurochimiques, de ne point ainsi divaguer par-dessus le marché au milieu d'images nacrées et torves des Beatles, de Snowman, des Stranglers, Alan Vega, des fruits confits, Eighties Matchbox dans une fumerie à Shanghaï, Michael Gira engoncé dans une peau de coyotte, de Where the Wild Things Are, ou Alice au Pays des Merveilles illustré par un Loisel particulièrement fripon - et pas un seul Tim Burton ni un Danny Elfman à l'horizon...
Las ! cela fait déjà t…

Primitive Man : Scorn

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Comme une impression persistante, en plusieurs moments de ce gouffre d'album, d'être transporté à la fin des années 80, pour assister au cataclysme originel, de voir, ainsi que le Terminator un peu avant la fin du premier film émergeait telle une inhumaine et intolérable Nemesis mise à nue, de la ruine, la débâcle universelle et l'incendie - émerger Godflesh de la confuse bourrasque Napalm Death ; une manière de reconstitution : certes Clinging to the Trees of a Forest Fire sont tout sauf aussi historiques que Napalm, et tant de choses extrêmes ont flâné sur la place publique déjà entretemps, avant que Primitive Man n'y vienne traîner ses bras qui touchent par terre : pour sûr, il n'y a là pas grand chose d'inédit, et ce n'est pas de la surprise que viendra l'hypothétique frisson - quand bien même Scorn est un peu l'album que pour ma part j'attends désespérément de Napalm Death.
Et de toutes les manières, Scorn n'est pas Streetcleaner non p…

Nine Inch Nails : Hesitation Marks

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Évidemment, qu'on a pas fini d'en parler.
Déjà, parce qu'inexplicablement, j'ai omis de mentionner le nom de Prince, et que quand bien même c'est l'évidence même, il faut le dire tout de même.
Bien sûr que Prince est ici, de retour, le Prince à peau de python molure jaune ; puisque, bien sûr, on est ici clairement au niveau de The Downward Spiral. Au moins aussi sale et collant, même si moins éruptif, abrasif et désordonné ; l'ancien se vautrait, plongeait comme l'adolescent ordalique qu'il était au fond du gouffre baudelairien, comme on avale quand même le pauvre fond de tube de lexomil avec la gnôle, même si ce ne sera vraisemblablement que pour se mi-légumifier le cerveau. L'actuel est adulte, en pleine possession hélas de ses moyens, il sait parfaitement où inciser, lui ou les autres, en ricanant seulement quand il y pense, et il joue à tituber au bord du gouffre en permanence, il joue avec le vertige et avec les bouffées de panique naissant…

Red Harvest : Cold Dark Matter

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Il y a à la fois Skinny Puppy et Frontline Assembly sur ce disque. Il y a Voivod, aussi, période Paranoia du Centaure. MAIS IL Y A SURTOUT RED HARPUTAIN DE VEST. Parce que ce n'est pas pour rien qu'à la découverte de cet album précis j'ai mis fin à une période chien de faïence qui durait depuis la première vue dans un magazine de la pochette de There's Beauty in the Purity of Sadness (elle m'est au moins autant restée gravée que celle de Coloured Funeral, celle-là), quand bien même cela m'a permis de leur en reconnaître, d'autres bons et très bons albums, à commencer par IPP dont à l'inverse je me rappelle la révulsion première causée par la vision - et l'écoute - sur borne Fnac : Cold Dark Matter reste pour moi leur mélange le plus toxique, létal, xénoïde, inhumain, altérant. Un indépassable d'un genre musical un peu inutile qu'il enterre, à savoir le monumetal cybermachin, mais aussi un disque d'electro-indus à guitares parfaitement g…

Satyricon : Satyricon

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C'est pas faute d'avoir été annoncé, par deux fois, à coup de menaçantes rafales de trompes, qui venaient pondérer la turbulence cocaïnée de ses deux prédécesseurs. Il est là. Le meilleur album de Satyricon, très probablement. Tranquillement beau. Archaïque, vespéral, crépusculaire, comme tous peuvent le voir ci-à gauche. Long, lent et douloureux comme la pleine tension d'une érection. Simplement et impavidement mâle, quand les trois ou quatre disques précédents s'oignaient par trop pour ne pas rappeler que le culturisme va souvent de pair avec certaine atrophie chimique. Ombrageux, viking jusqu'à la limite de la new-wave et ses équivoques, aigre et vif comme un fruit sauvage. Sexe comme le doom dont il s'inspire, celui âcre des Darkthrone récents, celui orageux de leurs fils Khold, celui d'un Frost dont on a toujours senti plus de potentiel dans la pesante animalité que dans les indifférents pilonnages, celui de la nostalgie heavy douce-amère qu'on se…

Hungry Like Rakovitz : The Cross is not Enough

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Je revois le ravissement et la jubilation dans lesquels ils ont plongé le public du Yell Fest. Je revois en particulier le regard illuminé et un peu hanté de mon compère fan de power electronics et de grind à l'épreuve de leurs découpages de morceaux. Je vois cette pochette, ce nom de groupe. Je vois l'échec que j'ai rencontré au moment de décrire leur conception non pareille de la cadence, du rythme, leur façon de hacher et étirer le tissu des événements, avec une prestesse de funambule éméché, leurs riffs qui surfent sur la texture du moment avec hardiesse, ne le déchirant jamais qu'à dessein. Je vois le libellé qui me pend au nez, celui d'un produit dont en teknival les Italiens précisément sont le second synonyme de présence juste après les Anglais, et qui a le même type de pouvoir liquide sur le réel. Je vois la difficulté de parler de ce disque comme d'un disque, quand il a toutes les propriétés d'un état de conscience.
Je ne vois qu'une évidence…

Ghostface Killah : Twelve Reasons to Die - The Brown Tape

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L'enculé. On reprend la même trame, les mêmes personnages, les mêmes dialogues, avec d'autres beats, d'autres instrus, et on te fait un autre film entièrement. Ghost fait son Alain Resnais ? Smoking/No Smoking ? Pas sûr qu'on fume beaucoup moins d'opium ici que sur le jumeau. Quand bien même l'atmosphère est cette fois moins lourdement érotique, peut-être un peu plus Wu, en plus player et scintillant, plus bamba, monocle et bouclard, disons une sorte de polar de la Prohibition mais avec des Cubains - ceux de The Big Doe Rehab, et son titre qui après tout sonne tellement série noire ? N'empêche que l'affaire est toujours aussi nocturne, onirique, au bord du fantastique même... Une variation aisément aussi indispensable que l'autre. Enculé.