dimanche 29 septembre 2013

Obszön Geschöpf : Symphony of Decay

La meilleure collision advenue entre EBM et death metal (oui, c'est meilleur encore lorsque c'est par surprise), peut-être parce que c'est le death le plus vocalement et généralement sexuel que vous entendrez jamais, peut-être parce que c'est le seul disque de death  qui fait autant pas rire qu'un très bon disque d'EBM, peut-être parce que c'est le seul disque d'EBM qui charcute aussi sévèrement qu'un très bon album de death. Death metal de backroom. Peut-être aussi est-ce qu'il y a dedans des vrais gros bouts de Nine Inch Nails et de hip-hop. Il s'agirait pas de s'endormir dessus.
Et comme tous ses albums, il est juste suffisamment trop long pour être encore plus nettement atroce. Terrifiant.

202 Project, Jessica 93, Tropical Horses, 27/09/13, Chez Bastien, Montreuil

Tropical Horses : garagesurf indus, oui Madame, on pense à Binaire du tout début (que de coincidences décidément environnent toujours monsieur Jean-Pierre Panik...), on pense à Monsieur le Directeur, on est un peu en mal de balises pour situer toute cette hirsute et éblouissante fureur, mais on prend une saisissante et vivifiante petite gifle qui commence bien la soirée (nous avons loupé le premier groupe)

Jessica 93 : comme je suis de nature naïve et indulgente, et toujours prêt à me changer en bon public, j'aime à dire que The Soft Moon seraient probablement très bons s'ils choisissaient de faire des morceaux plus longs.
Peut-être pas, après tout.

Mon estimé compère Le Moignon me confie qu'il ne comprend pas, quoiqu'il aime ce qu'il entend, la qualification en cold wave. Je ne peux qu'abonder, puisque le premier mot qui me vient serait plutôt : tiédasse.

202 Project : je m'étais fait un principe, l'autre fois, de ne pas relayer les propos indélicats que j'avais entendus sur une prétendue ressemblance entre lui et la demoiselle ci-dessus. Mais puisque cette fois-ci les circonstances les confrontent et ne me donnent pas le choix que de rapprocher les torchons et les serviettes, allons-y pour constater toute la différence qu'il y a entre un gugusse qui laisse couler de lui brute toute la béatitude ahurie où le plongent des riffs et des filandres qui le font décoller depuis des années que je lui souhaite longues, sinon vigoureuses - et le patron, ici à la barre, qui a digéré, assimilé, métabolisé toutes ses influences, penchants et vibrations ; et nous délivre, une fois encore, l'alliage solaire du malaise industriel cold wave et de l'élégance blues. Une matière qui est à lui et à personne d'autre.
Magistral, oui Monsieur. J'ai distinctement entendu quelques joues fessées avec verdeur parmi mes compères parisiens, et j'ai eu presque aussi mal que quinze jours avant.

samedi 28 septembre 2013

Oyaarss : Bads



Si vous avez manqué le début : ultime rescapé de son espèce, l’adjudant-chef Couturier vivote dans un abri sous-terrain. Sa seule occupation : faire des puzzles. Son seul objectif : durer.
Je suis en train de terminer la bataille d’Aboukir lorsque je suis pris d’un pressentiment qui sédimente en certitude alors que les dernières pièces se fondent dans le tableau. Le compte n’y est pas. Il en manque une. Un morceau du nuage de fumée, là, en haut à gauche. Je cherche sur la table, sous la table, dans la boite : rien. Je procède à une inspection minutieuse du refuge : toujours rien, nulle part. Ne pas laisser place à l’amertume. Chasser cet affreux sentiment d’échec. Je décide d’enchainer sur une œuvre plus modeste et commence à trier le tas pour isoler les bords. À quoi bon ? L’inanité de mon passe-temps me foudroie soudain. Accablé, à bout de nerfs, je m’allonge sur mon lit et m’endors aussitôt.
Une cité sans lumière. Un royaume souterrain. Des galeries vitrifiées. Une architecture rivée au sol, contrainte à l’horizontalité. Une esthétique abrupte, hermétique. Je suis un bâtisseur de l’âge d’or et je ne suis plus seul. Le coryphée se met à striduler, nous l’imitons. Nos élytres claquent, nos corps bancals se mettent en marche. Mus par une volonté collective nos gestes sont précis, nous couvrons l’espace, creusons, assemblons, agençons, ajustons. Notre chant célèbre la cohésion, l’ardeur à la tâche et la persévérance. Nous modulons sa cadence aux rythmes de nos efforts et nous enivrons de sa répétitivité. Persistante, une mélopée étrangère s’y mêle. Elle s'élève de l’œuf-Dieu, l’enfant-bulle dont nous respirons le rêve d’angoisse qu’il fit la veille de sa délivrance. C'est pour sa psyché que nous construisons ce sanctuaire. Le songe prend alors une ligne de fuite, je me réveille et réalise que je n’ai, en réalité, jamais commencé la bataille d’Aboukir. Je suis de nouveau seul, la vie reprend ses droits.

OvO : Abisso

Vous cherchez, par hasard, la version un tant soit peu décontractée et décorsetée de Khlyst, Gnaw, et aussi Made Out of Babies, Jucifer, Nic Endo - toutes ces sympathiques conneries parfois un peu trop pénétrées de leur grande dangerosité ? Ne cherchez pas plus loin. OvO injecte dans tout le merdier griffu une très gratifiante brouettée de fumier de connerie imbibée et complaisante, mal coloriée, hurlante, bien à la hauteur de leurs camarades de label de Zolle, et tout comme eux, n'en tourne pas pour autant une seconde à la déconnade, bien au contraire - les plus cons sont souvent les plus malfaisants, après tout - et Alain la Tique ne s'y est pas trompé d'ailleurs, puisqu'il cachetonne ici, et s'intègre parfaitement à la tapisserie à moitié décapée, donnant son modeste meilleur sans tenter de déchirer la couverture, juste comme il le faisait déjà sur Passion, comme quoi ce type est doué pour les petits contrats. Mais revenons à nos moutons carnivores. Abisso a des cheveux de paille séchée au soleil qui rend fou, et Abisso fait honneur à la face de punaise de son emballage, qu'on croirait l’œuvre d'un Away qui aurait passé l'après-midi enfermé à la cave à essayer en vain de cuver une bouteille de Chianti chaud ; Abisso fait honneur au simplisme rustre du nom de ses auteurs et à son propre vilain titre de catcheur de province, dans ses beats bigleux qui rivalisent de criard, de rogome, de claudicant, d'écrase-arpions et de migraineux avec ses propres guitares tournées et gondolées ; Abisso me fait plaisir parce que vous savez quoi ? je me demandais justement récemment ce qu'étaient devenus mes chers Made in Mexico (et découvrais avec horreur que Madame était partie dans Assembly of Light Choir), et m'en voici consolé avec ce Massacre à la Tronçonneuse dans les Pouilles.
Et puis, tout de même, petit à petit, chemin faisant Abisso fait son trou, et tient les promesses d'Averne de son titre, aussi. Parce que la... chanteuse, dans le genre bacille anaérobie irradié jusqu'à atteindre la taille d'un petit ours, pardon ! Elle est la bouche de ce disque, ça oui - pas celle qui chante : celle qui dévore. Une tâche noire d'encre, le gribouillis d'un gros pinceau rêche et mal léché, la caillasse de charbon où viennent magnétisés s'agglutiner tous les copeaux, de bois, de métal et de chair, dont l'essaim bourdonne de morceau en morceau, caustique et piaillant. Elle est la plaie et le couteau, comme disait l'autre - je vous laisse décider le ou laquelle des trois...

mercredi 25 septembre 2013

The Oscillation : From Tomorrow

Kraut-psyche, qu'elle dit la fiche promo. Ce n'est donc pas cette fois que je vais enfin (ou pas) commencer à chercher à écouter du krautrock. Parce que je ne vois ici rien d'autre que du rock psyché. Ah, si, remarquez : une ambiance industrialo-pharmaceutique presque pas loin d'un 202 Project qui serait parti choper de nouvelles ivresses en bacilles sous quelque tropique mal défini, mal situé et mal famé. Ce serait ça le kraut ? A la rigueur je serais peut-être mieux disposé à pour une fois admettre l'étiquette shoegaze, après tout l'allusion médicamenteuse est déjà lâchée, et serait du reste difficile à retirer ; mais alors un shoegaze qui pour une fois irait moins créditer la thèse du tapis de pédales et du mur rosâtre y perpendiculaire, que celle qui m'est plus chère car lue du temps de mes années tendres dans une biographie des Cure, et qui en faisait la bannière sous laquelle rallier tous ces poulains qu'ils emmenaient en première partie à une époque, et dont la commune timidité indie faisait à tous fixer leurs pompes à longueur de concerts. Parce que, tout bonnement, il y a du Cure dans cette humeur, charbonneuse mais avec une ambiguïté fantasque, ce smog toujours prêt à se teinter du rose incandescent du baiser, et du vert irradié, baveux et clignotants ainsi qu'on les voit ci-dessus, toujours prêt à... partir, encore une fois, à la dérive, le cœur au bord des lèvres et le front qui perle de sueurs éthyliques au fond d'une cale grinçante et ricanante, cap sur les chaleurs les plus psychotropes, et les jardins vénéneux qu'on trouve sur ces îles envoûtées qui n'existent pas, où la tête tourne au gré du délire où l'on se laisse aller jusqu'à laisser échapper de vigoureux et crânes "ough!" animaux, pour ne plus entendre la sourde angoisse de la basse qui à son heure tout dévore, tandis que là-derrière dans la jungle les guitares entre elles s'appellent et gémissent, et des lambeaux de saxophone geignent, comme si Sonic Youth était devenu le nom d'une réserve abandonnée peuplée de petits singes en rut, dans un pays où l'air même que l'on respire est aussi vénérien et tuméfié de chimères ébrieuses qu'un morceau de Deutsch Nepal.
Je pars devant, hein, je vous laisse me rattraper. Pas certain de revenir d' "Out of Touch", je me ferai peut-être étoile d'ouate à la place, loin, là-bas, au fond.

lundi 23 septembre 2013

SubRosa : More Constant than the Gods

Tout comme en littérature, il existe en musique des œuvres qui réclament une suspension d'incrédulité ; des disques pour lesquels l'avertissement à l'auditeur mérite d'être formulé ; même dans le champ du metal ; même dans le champ des albums qui ont le profil pour finir ici.
Parce que More Constant than the Gods est un disque d'exception. Le livret de No Help for the Mighty Ones avait l'odeur entêtante des recueils de "Contes et Légendes" de divers peuples (qu'on avait envie de préférer compléter par "des Indiens d'Amérique") de mon enfance : More Constant than the Gods en a le corps. Simple au sens botanique. Épatant. Avec, parce qu'il s'attaque tout de même aux adultes difficilement suspensibles que nous sommes en général, une fichue tapée de paillettes de magie dans tous les replis et drapés de son aussi invraisemblable que somptueux déshabillé hiératique ; une exquise et aveuglante finesse de mille détails d'une musique dont il faut renoncer d'emblée à attendre aucune finesse non plus, car son pouvoir ne peut être éprouvé et reçu qu'en s'ouvrant entier à son ampleur univoque gabarit montagne, à ce sentiment appalachien (qui renvoie au néant les désormais avortones ambitions de Run Thick in the Night et Descent, pourtant fort prisées ici jusqu'ici ; mais les Walkyries viennent et ne souffrent de refus de personne, ni des fiers vétérans fourbus de Given to the Rising, ni des loups efflanqués de la forêt) et païen tellement monumental qu'il ne peut que faire exploser le cœur ou faire exploser de rire ; cette emphase ahurissante, cette foi portée à incandescence et à emplir le ciel, jusqu'à en faire fourmiller à la limite de l'engourdissement ou l'évanouissement, par saturation pure et simple du récepteur.
Mais tout ceci a des airs bien compliqués, et rébarbatifs aussi, comme s'il fallait se préparer à l'album, adopter une certaine posture intellectuelle, et puis pourquoi pas des étirements et une position de garde, encore ? C'est beaucoup plus simple que cela. Vous saurez très rapidement si vous êtes fait pour ce disque ou pas - tout de suite, en fait. Si déjà vous sentez que la pensée se met en route... Je compatis.

dimanche 22 septembre 2013

Grave Miasma : Odori Sepulcrorum

Comme c'est approprié - cette pochette, là-contre. Un temple bien sûr, qui sent sa Grèce, son Égypte, sa Mésopotamie, bref, n'importe pourvu qu'en tous les cas son indifférence totale et primordiale à tout jeunisme monothéiste - car il s'agit de mormétal. Une peinture, car s'il est un art où Grave Miasma ici se montre confondant de virtuosité, discrète et efficace, c'est celui des couleurs, et de leur étourdissante palette - surnaturelles, donc, paranormales et tout le toutim, puisqu'il s'agit toujours de mormétal, rappelez-vous. Et aucun contour. Non pas que le son utilisé par Odori Sepulcrorum abuse d'écho ou d'aucune débauche d'effets appelés à souligner une aura d'occultisme qui ne serait pas déjà dans le fruit - non plus que d'aucun carnaval dans les couleurs évoquées plus tôt, au cas où on serait allé se l'imaginer : la parfaite mesure en toutes choses, le juste murmure d'agitation dans les ténèbres, un remou qui suffit à surcharger le tableau de magnétisme. Non, le disque est juste harassant, vertigineux, brouillé, labyrinthique, troublant : comme un cauchemar, que je me propose de vous laisser vivre sans davantage le gâcher en vous prêtant plus longtemps aucune lampe de poche.

jeudi 19 septembre 2013

Horseback : A Plague of Knowing

Filosolem.
Arf...
Effilocheauzen !
...
Filosœufauplat ?
Pfff...

Gorguts : Colored Sands

Qu'est-ce qu'on ne pourrait trouver dans le nouveau Gorguts, je vous le demande, surtout quand on est enclin à voir des ponts germer partout - et s'il est un album qui germe et profusionne et prolifère, c'est-y pas bien celui-ci ? Du Neurosis en plus merlan, du Nile en moins pudibond, du Ulcerate en plus baroque, du Leviathan qui se serait fait une combinaison en peau de Botch, Aevangelist qui apprendrait le coupé-décalé cannibale avec Meshuggah, Starkweather chaussant du 67, Deathspell Omega bouddhiste, Intronaut sataniste, Immolation sous DMT? L'intersection d'Atrophy, Gateways to Annihilation et Codex Incubo ?
Oui, le namedropping est excessivement dru. En même temps, aujourd'hui chacun sait qui a pompé Gorguts et/ou l'a bombardé influence majeure. A quoi bon décrire une musique dont tout le monde sait un peu trop à quoi elle ressemble ? A part dire que peut-être a-t-on enfin là l'album de death Thousand Sons...
Il suffit de savoir qu'à ce niveau de grâce il n'y a guère que Baring Teeth et Starkweather, justement. Et à ce niveau de barbarie psychédélique rabelaisienne, pas grand monde.
Remettre les pendules à l'heure, on appelle ça.

mercredi 18 septembre 2013

Feastem : Avaritia Humanae


Quant à leur gloutonnerie, elle est ou ne peut mieux constatée ; jamais les cochons ne sont rassasiés ; ils mangent goulument, ou plutôt ils dévorent ; leur tête, toujours baissée, cherche continuellement des alimens : s'ils boivent ou mangent plusieurs ensemble dans la même auge, ils se battent, crient, excluent les moins forts et les blessent quelquefois ; on est obligé de séparer les jeunes cochons des plus âgés, lorsqu'on apporte la mangeaille, parce que les derniers les estropieraient pour tout avaler. Si la mère n'était point attachée quand ou apporte la boisson de ses petits, elle les écarterait et se dépêcherait de se l'approprier. Sur la fin de l'engrais, lorsqu'ils ne peuvent plus se mouvoir, qu'ils ont perdu l'usage de tous leurs sens, ils mangent encore, ils mangent jusqu'au dernier moment; dès qu'ils laissent de leur mangeaille, ils sont près de mourir.

Manuel du charcutier, ou, L'art de préparer et de conserver les différentes parties du cochon d’après les plus nouveaux procédés précédé de l'art d'élever les porcs, de les engraisser et de les guérir, par une réunion de charcutiers et rédigé par Mme Celnart, 1827.

mardi 17 septembre 2013

Void Paradigm : Void Paradigm

Dans un monde correctement ordonné, le baroque black ce n'est évidemment pas Unexpect, Arcturus, Diablo Swing Orchestra, Vulture Industries, et ma main sur ta gueule, tu veux que je te l'y colle ? Dans un monde convenable, le black détraqué ce n'est pas une énième parodie de Virus ou Apocryphal Voice ou les deux à la fois. Le black malade de baroquie, dans un monde adéquat, ça ressemble plutôt à The Acausal Mass - ou à sa version canaille ici présente.
D'ailleurs Void Paradigm vaut mieux qu'une énième auto-parodie de Virus, tellement plus sexuel est il, forcément puisqu'on parle ici de Français, et d'un alcoolisme en spirale qui épingle directement le disque quelque part dans le trou noir qui bée entre Anhédonie - oui, Monsieur le Marquis a de la présence - Et le Diable Rit avec Nous - ce batteur qui équarrit avec la grâce d'un maître du katana... - et 666 International - j'ai dit, que le disque tanguait et roulait délicieusement sur la mer d'une acide congestion aux plus belles couleurs de la lie ? Un album aiguisé, d'une grâce obscène et toxique, et qui rappelle fort à propos que oui, parfois du moins, le black est toujours le nouveau punk.

Yidhra : Hexed

Du doom axe stoner/tradi : OK, pourquoi pas, le bon moment pour ce genre de choses finit toujours par revenir.
Une voix grumeleuse de virilité ploucarde à s'y méprendre avec un éboulis de couilles de Rob Zombie et Neil Fallon - dépressifs tous les deux : ça devient plus positivement intéressant.
Ambiance saturnienne et orageuse limitrophe du cimetière des Wounded Kings : banco, coco. On est autant ici dans le doom de débardeurs-sorciers de Mala Suerte - qui sont toujours trop rares - que dans la réussite totale du programme HPL-iste de l'affaire - mais en faveur du prolétariat, pour une fois ; du point de vue de la laborieuse et imbécile populace d'Innsmouth, si vous voulez : des si piquants Profonds ; dotés pour l'occasion de gros choppers ventrus, dégoulinants de barbes d'algues putrescentes, et dont les échappements dégueulent des solos d'or souillé par dizaines de gallons, beaux comme du Corrosion of Conformity revenu des Enfers, avec quelques lambeaux en moins ; le sourire large comme un pneu ; la conscience liquide comme après un fix d'Earthride. Bienvenue dans la nef grandiose et pisseuse d'un cosmos fichu- et puis après tout, pourquoi on pourrait pas être à la fois bûcheron, et scaphandrier naturel - et aussi motocyclette et bathyscaphe de l'éther, SVP ? Et surtout, être dépressif à chanter sur les vols de corbeaux, et pourvu d'une paire de balloches presqu'aussi grosses que ses battoirs ?

dimanche 15 septembre 2013

202 Project, Stolearm, Elest, 14/9/13, Black Sheep, Montpellier

Ce n'est pas tant du fait que j'aie participé à l'initiative et l'organisation de ce concert, que je ne pourrais pas correctement en parler - il faut vous imaginer que, de vil parti pris que je suis, j'ai également parfois parlé d'albums que j'ai achetés... - mais c'est surtout que je me suis pris ce qui s'appelle pudiquement une méchante petite tarte, et que justement la pudeur, mais oui, elle-même, m'empêchera de dire plus en détail l'effet sur moi de ce set merveilleux que nous a balancé là Jean-Pierre Panik, l'homme de 202, et que déjà parler de rencontre entre la trilogie biblique des Cure et les affres du blues le plus spirituel, est une bien maladroite et triviale retranscription du miracle que quant à moi j'ai vécu ; à ce compte-là, autant directement dégainer les à deux balles mais douloureusement véridiques "envoûtant", "lancinant", "viscéral", "térébrant", "transissant" (on me signale que ce dernier est un peu moins trouvable en grande surface, bon). Sourire béat et crispation maxillaire étaient de sortie bras-dessus bras-dessous.

Les autres groupes aussi étaient très bien, hein.

vendredi 13 septembre 2013

Jucifer, David Vincent, 12/9/13, Black Sheep, Montpellier

David Vincent jouent le stoner comme on l'aime : barbariquement. Mot-clés : 16, War Pigs, Lahius, Milligram. Ça envoie par paquets de trente-douze, difficile de voir où vont les morceaux mais ça n'a que peu d'importance, on en prend plein sa tronche.

Jucifer mériteraient qu'on crée pour eux l'appellation blacksludge ; parce que Black Mayonnaise est déjà pris, et puis que justement ils ressemblent (sur leurs dernières apparitions en tous les cas) à un crash dégoûtant entre Black Mayonnaise et, euh, Dropdead, Disrupt, Hellhammer ? Un gros dégueulis de merde occulte consciencieusement imbibée au mazout et nappée au goudron. Et l'impression délicieuse d'être rentré dans The Devil's Rejects.

jeudi 12 septembre 2013

Rule of Thirds : Rule of Thirds


Le sourire en coin de l’oie blanche bêcheuse du Louvre n’a rien d’intrigant, loin de là et tant s'en faut, la Joconde est clairement une chieuse. Nettement plus captivant, le visage en noir et blanc de Streetcleaner autorise les interprétations les plus volatiles (Contentement ? Soumission ? Proie ? Succube ? Pie crevée ?), ce qui lui valut l’insigne honneur de se faire punaiser contre un mur de ma chambrette (alors, heureuse ?). L’écoute obsessive de cet EP de Rules of Thirds, en boucle une bonne partie de l’été, a rappelé cette jeune femme un peu froide à mon bon souvenir, l’animant d’émotions sur le fil du rasoir, de tremolos à la limite de la rupture. Aucune colombe ne vole en ces cieux, mon ami, c’est la mort chrétienne défroquée. Trois sépulcreries à se ruiner les chicots. La première dent glissée sous l’oreiller, on priera pour que le groupe n’explose pas en plein vol et l’on attendra sagement le prochain passage de la petite chauve-souris.

mercredi 11 septembre 2013

The Haxan Cloak : Excavation

Hé ! les gars, c'est bien, la techdub, techstep, dubstep, ou quoi que vous appeliez ça, je suis largué je l'avoue - mais il ne faudrait pas oublier de noter que dans "bass music" il n'y a pas que "bass" : vous voyez où je veux en venir ?
Au passage, tant que vous n'aurez pas l'autre moitié du machin, un conseil d'ami : laissez tomber les nœuds coulants, les camaïeux de noir super austères et les intitulés macabres. Personne n'aime les balles dans le pied.
Remarquez que pour se caresser sous la douche vers 4 heures en descente d'ecsta, ça doit être au poil.

mardi 10 septembre 2013

Watain : The Wild Hunt

Attention ne clignez pas des yeux, parce que ça ne va pas durer longtemps : je vais tâcher de faire ça sans m'attarder avant que la bile ne monte et les babines ne se retroussent - car que voulez-vous, on ne peut pas juste blacklister tout l'internet, et j'en ai déjà trop lu d'impayables sur The Wild Hunt.
Alors : il paraît que c'est du Dissection, seulement en moins bien. C'est donc très logique après tout, moi qui ai toujours trouvé Dissection à chier, et pour qui le seul album envisageable de Watain est Sworn to the Dark - que je trouve la présente chose rigoureusement formidable, splendide, merveilleuse, féérique, avec ses délicates fragrances de Judas Priest et de Danzig, ses couloirs et ses chambres raffinées, que je le bombarde céans étincelant, liquoreux, romantique et débauché ; juste un peu en-dessous de Satyricon ci-dessous, et encore.
Mais que voulez-vous, on vient chacun de quelque part comme disait Maxime Le Forestier, et moi je ne suis pas né en hard rock à l'époque de Slipknot (ce n'est pas un jugement : j'ai fini par me mettre à Slipknot plus tard), mais d'Appetite for Destruction. Et d'Use your Illusions I.

lundi 9 septembre 2013

Oathbreaker : Eros|Anteros

Alors lui/elle/?, c'est le petit salopard caractérisé de cette année ; l'air sur-expressif voire boursouflé et admirablement écœurant, au début, ensuite tellement de son temps, analysé à froid ou écouté distraitement ; et en fait, tellement à part, que même y voir la lascive valse d'Enslaved et Rise & Fall, ou de Negura Bunget et Converge, ce qui est déjà pas mal, le réduit par trop - lui et sa façon claire de sonner tant que de jouer, sans donc utiliser de tours, ni de console ni de médiator, pour brouiller ou faire les yeux charbonneux à une musique douloureusement claire, dont la force poétique est aussi coupante qu'un vent d'hiver, l'atmosphère aussi rêche et déshéritée que ce fond de jardin gris en bordure de la forêt sauvage.... A moins que ce ne soit juste moi, qui ne sais plus l'effet d'un bon disque d'emocore ?

TV Ghost : Disconnect

J'aurais aimé, sincèrement, me sentir vertueusement investi de la conviction que ce nouvel album des ex-aliénés de TV Ghost tape bien trop pile où il faut entre Turn on the Bright Lights, Skying et Imps of Perversion, pour être honnête et acceptable. J'aimerais, sincèrement, me targuer de la certitude que ces mélodies et ces couleurs si imparables et cependant si lunaires, se seront éventées dans trois mois, aussi légères que de la moustache de hipster. J'aimerais savoir dicter à mes sens droits dans leurs bottes neurochimiques, de ne point ainsi divaguer par-dessus le marché au milieu d'images nacrées et torves des Beatles, de Snowman, des Stranglers, Alan Vega, des fruits confits, Eighties Matchbox dans une fumerie à Shanghaï, Michael Gira engoncé dans une peau de coyotte, de Where the Wild Things Are, ou Alice au Pays des Merveilles illustré par un Loisel particulièrement fripon - et pas un seul Tim Burton ni un Danny Elfman à l'horizon...
Las ! cela fait déjà trop de lustres que j'ai perdu tout espoir d'avoir l'étoffe d'un masochiste digne de ce nom.

dimanche 8 septembre 2013

Primitive Man : Scorn

Comme une impression persistante, en plusieurs moments de ce gouffre d'album, d'être transporté à la fin des années 80, pour assister au cataclysme originel, de voir, ainsi que le Terminator un peu avant la fin du premier film émergeait telle une inhumaine et intolérable Nemesis mise à nue, de la ruine, la débâcle universelle et l'incendie - émerger Godflesh de la confuse bourrasque Napalm Death ; une manière de reconstitution : certes Clinging to the Trees of a Forest Fire sont tout sauf aussi historiques que Napalm, et tant de choses extrêmes ont flâné sur la place publique déjà entretemps, avant que Primitive Man n'y vienne traîner ses bras qui touchent par terre : pour sûr, il n'y a là pas grand chose d'inédit, et ce n'est pas de la surprise que viendra l'hypothétique frisson - quand bien même Scorn est un peu l'album que pour ma part j'attends désespérément de Napalm Death.
Et de toutes les manières, Scorn n'est pas Streetcleaner non plus, il n'est pas ses mécaniques et maléfiques rafales de napalm dans la nuit nucléaire, Scorn est bien plus immobile, comme figé dans l'horreur de son instant de naissance, le placenta ruisselant sur ses traits affreux et miaulants - et puis Scorn est plus proche de Selfless, d'abord. Il en a la théâtralité métallisée, l'aura astrale, le menu à base de terre cramée par les radiations à tous les repas. Scorn est autant industriel - et ce non pas particulièrement grâce à ses interludes death industrial délicatement congelés - qu'il est black metal, qu'il est funeral, qu'il est hardcore, qu'il est grindcore. A moins qu'il ne soit, pour le meilleur ou pour le pire, rien de tout ceci. Peu importe, à la vérité, puisqu'il est surtout un disque qui devait logiquement faire sa sortie initiale sur le label d'un fan hardcore de The Great City - attendu que, au même titre que ce dernier, Scorn est un gouffre, un ailleurs, un instant infini, une immersion totale dans l’œil du cataclysme. Au cœur de l'impensable tournis, là où rien absolument ne bouge, parfaitement inerte dans l'horreur.

Nine Inch Nails : Hesitation Marks

Évidemment, qu'on a pas fini d'en parler.
Déjà, parce qu'inexplicablement, j'ai omis de mentionner le nom de Prince, et que quand bien même c'est l'évidence même, il faut le dire tout de même.
Bien sûr que Prince est ici, de retour, le Prince à peau de python molure jaune ; puisque, bien sûr, on est ici clairement au niveau de The Downward Spiral. Au moins aussi sale et collant, même si moins éruptif, abrasif et désordonné ; l'ancien se vautrait, plongeait comme l'adolescent ordalique qu'il était au fond du gouffre baudelairien, comme on avale quand même le pauvre fond de tube de lexomil avec la gnôle, même si ce ne sera vraisemblablement que pour se mi-légumifier le cerveau. L'actuel est adulte, en pleine possession hélas de ses moyens, il sait parfaitement où inciser, lui ou les autres, en ricanant seulement quand il y pense, et il joue à tituber au bord du gouffre en permanence, il joue avec le vertige et avec les bouffées de panique naissante de la raison aussitôt étouffées, à la façon d'un organiste, car Trent a toujours été un maître du baromètre, tout comme il se montre ici toujours le même roi de l'espace et du champ, avec ces si typiques bruits indéfinissables d'ustensiles et d'aiguisages au loin dans la cuisine, cependant qu'on est ligoté, à poil, au fauteuil dans l'immense salon design avec vue sur la nuit indifférente d'Hollywood ; des migraines démentes qui commencent infrason et qui peu à peu s'en viennent depuis le fond jusqu'à vous scier le cerveau devant toute autre idée - et on se demandera, après, pourquoi, Angelo me pardonne, Mulholland Drive est appliqué et Lost Highway surnaturel...
Et "Everything" ? "Everything" est l'horreur suprême : la lumière ; discordante, aigüe, tintamarresque ; la terreur quand au bout de la nuit, de la défonce et du stupre vil et alangui à l'infini tu vois soudain l'aube se profiler sur l'horizon, rampant pour te poignarder de son fracas vivant ; le toujours aussi drolatique Trent joue à se et nous faire mal et peur, avec cette brusque ouverture des rideaux sur la vie, la lumière, le monde, l'espoir, à en faire dégueuler du sang et de la bile, comme ça en plein milieu du si rassurant sordide saurien de l'éternelle nuit moite et cauchemardesque qui constitue le cœur du disque. Une explosion, une pollution brutale, une condamnation. Ouais, c'est carrément gothique. Trent a bien fini de faire semblant, fini les (touchants) albums lettres de motivations pour la vie normale. Trent humilie Front Line Assembly, humilie Skinny Puppy, humilie Patrick Bateman, humilie ses propres tentatives gospel sur The Fragile, humilie Kanye West, humilie Oliver Chessler, humilie la lumière et l'ambroisie, humilie qui vous voudrez. Trent humilie même par le mépris ses propres coquetteries de réitérer encore et encore les finales à la "Hurt". Trent est toujours le prince des sécrétions collantes dans le cuir des canapés.
Ah... j'avais oublié comment c'était, d'être Trent une heure durant.

samedi 7 septembre 2013

Red Harvest : Cold Dark Matter

Il y a à la fois Skinny Puppy et Frontline Assembly sur ce disque. Il y a Voivod, aussi, période Paranoia du Centaure. MAIS IL Y A SURTOUT RED HARPUTAIN DE VEST. Parce que ce n'est pas pour rien qu'à la découverte de cet album précis j'ai mis fin à une période chien de faïence qui durait depuis la première vue dans un magazine de la pochette de There's Beauty in the Purity of Sadness (elle m'est au moins autant restée gravée que celle de Coloured Funeral, celle-là), quand bien même cela m'a permis de leur en reconnaître, d'autres bons et très bons albums, à commencer par IPP dont à l'inverse je me rappelle la révulsion première causée par la vision - et l'écoute - sur borne Fnac : Cold Dark Matter reste pour moi leur mélange le plus toxique, létal, xénoïde, inhumain, altérant. Un indépassable d'un genre musical un peu inutile qu'il enterre, à savoir le monumetal cybermachin, mais aussi un disque d'electro-indus à guitares parfaitement grandiose, tranchant, implacable, impitoyable à l'extrême, et pourtant en état de conscience second autant que du Kill the Thrill - qui se serait pris à une came salement synthétique, totalitaire et nocive, c'est à dire. En fait, étant donné que Godflesh n'est pas tout à fait du metal indus et tant mieux, Red Harvest et en particulier cet album sont le metal indus, et c'est tant mieux parce que déjà avant de l'entendre lui, avouez que le style n'est pas des plus affriolants ; quelques autres disques peuvent probablement être sauvés, mais pendant la durée de Cold Dark Matter il n'existe personne, parce que cet album est une dimension parallèle, et que vous y avez bien assez de panique et de peur à gérer, croyez-moi, pour vous poser ces questions inutiles ; car encore une fois, il s'agit d'un album d'electro qui, atomisant au passage toutes les petites choses telles que Millenium, va directement tutoyer les machineries haut de gamme type Mentallo & the Fixer voire Index voire FPAC voire carrément Fractured de New Mind - mais à leur contraire, ne se voue pas tant à la contemplation, et détruit méthodiquement à mesure ce qu'elle assimile et re-combine. Au nombre de quoi, aurais-je omis de le noter, figure évidemment le black metal. Bref. Un album mutant. En même temps, ce n'est pas comme si Red Harvest avaient sorti beaucoup d'albums humains.

jeudi 5 septembre 2013

Satyricon : Satyricon

C'est pas faute d'avoir été annoncé, par deux fois, à coup de menaçantes rafales de trompes, qui venaient pondérer la turbulence cocaïnée de ses deux prédécesseurs. Il est là. Le meilleur album de Satyricon, très probablement. Tranquillement beau. Archaïque, vespéral, crépusculaire, comme tous peuvent le voir ci-à gauche. Long, lent et douloureux comme la pleine tension d'une érection. Simplement et impavidement mâle, quand les trois ou quatre disques précédents s'oignaient par trop pour ne pas rappeler que le culturisme va souvent de pair avec certaine atrophie chimique. Ombrageux, viking jusqu'à la limite de la new-wave et ses équivoques, aigre et vif comme un fruit sauvage. Sexe comme le doom dont il s'inspire, celui âcre des Darkthrone récents, celui orageux de leurs fils Khold, celui d'un Frost dont on a toujours senti plus de potentiel dans la pesante animalité que dans les indifférents pilonnages, celui de la nostalgie heavy douce-amère qu'on sent fleurir et sourire sur"Nekrohaven", ou qui dévore par galeuses plaques "The Infinity of Time and Space". Langoureusement heavy et carnassier à la façon de "They Rode on" sur le dernier Watain. Luciférien ? Est-il besoin de le préciser ? Et puis il faut bien dire qu'arrive par le fond cette lumière métallique, fraîche à la fois comme le soir qui tombe, la nuit qui vient, et chaude et douce comme le feu de l'été. Laquelle sévère et coupante lumière vespérale prendra la forme d'une formidable et âpre ballade au beau milieu du disque, et là, j'ai un problème.
Je me suis vaguement promis, en vue d'un mieux-disant moimêmnique, de cesser d'écrire en réaction à, et sans doute devrais-je occulter davantage de lectures inutiles, dans cette idée. Mais le mal est fait en l'espèce, et : merde, mais qu'est-il arrivé à ce cher vieux hard rock ? Les hardos ont-ils oublié qu'avant d'écouter toujours plus d'extrême ils étaient des hardos, et que ce qu'ils écoutent n'est toujours qu'à la fin du heavy metal ? Et qu'aussi extrême soit-il aucun album de heavy metal digne de ce nom et d'un peu de son emphase consubstantielle, ne peut avantageusement se dispenser d'une putain de ballade, s'il veut prétendre à la grandeur ? Vous êtes donc tous devenus des fiottes, à force de bpm ? Pop, non-black, ont-ils dit ainsi que tant d'autres choses et peu importe, ils seront sans nul doute légion (pouf pouf) à défiler pour déclarer le groupe déchu, avec leurs airs cuistres habituels : tant mieux. Satyricon, comme qui dirait, a trouvé l'honneur dans la déchéance.

mercredi 4 septembre 2013

Hungry Like Rakovitz : The Cross is not Enough

Je revois le ravissement et la jubilation dans lesquels ils ont plongé le public du Yell Fest. Je revois en particulier le regard illuminé et un peu hanté de mon compère fan de power electronics et de grind à l'épreuve de leurs découpages de morceaux. Je vois cette pochette, ce nom de groupe. Je vois l'échec que j'ai rencontré au moment de décrire leur conception non pareille de la cadence, du rythme, leur façon de hacher et étirer le tissu des événements, avec une prestesse de funambule éméché, leurs riffs qui surfent sur la texture du moment avec hardiesse, ne le déchirant jamais qu'à dessein. Je vois le libellé qui me pend au nez, celui d'un produit dont en teknival les Italiens précisément sont le second synonyme de présence juste après les Anglais, et qui a le même type de pouvoir liquide sur le réel. Je vois la difficulté de parler de ce disque comme d'un disque, quand il a toutes les propriétés d'un état de conscience.
Je ne vois qu'une évidence, qu'une explication : ce hardcore-ci n'est pas de cette planète-là.

lundi 2 septembre 2013

Ghostface Killah : Twelve Reasons to Die - The Brown Tape

L'enculé. On reprend la même trame, les mêmes personnages, les mêmes dialogues, avec d'autres beats, d'autres instrus, et on te fait un autre film entièrement. Ghost fait son Alain Resnais ? Smoking/No Smoking ? Pas sûr qu'on fume beaucoup moins d'opium ici que sur le jumeau. Quand bien même l'atmosphère est cette fois moins lourdement érotique, peut-être un peu plus Wu, en plus player et scintillant, plus bamba, monocle et bouclard, disons une sorte de polar de la Prohibition mais avec des Cubains - ceux de The Big Doe Rehab, et son titre qui après tout sonne tellement série noire ? N'empêche que l'affaire est toujours aussi nocturne, onirique, au bord du fantastique même... Une variation aisément aussi indispensable que l'autre. Enculé.