mercredi 18 septembre 2013

Feastem : Avaritia Humanae


Quant à leur gloutonnerie, elle est ou ne peut mieux constatée ; jamais les cochons ne sont rassasiés ; ils mangent goulument, ou plutôt ils dévorent ; leur tête, toujours baissée, cherche continuellement des alimens : s'ils boivent ou mangent plusieurs ensemble dans la même auge, ils se battent, crient, excluent les moins forts et les blessent quelquefois ; on est obligé de séparer les jeunes cochons des plus âgés, lorsqu'on apporte la mangeaille, parce que les derniers les estropieraient pour tout avaler. Si la mère n'était point attachée quand ou apporte la boisson de ses petits, elle les écarterait et se dépêcherait de se l'approprier. Sur la fin de l'engrais, lorsqu'ils ne peuvent plus se mouvoir, qu'ils ont perdu l'usage de tous leurs sens, ils mangent encore, ils mangent jusqu'au dernier moment; dès qu'ils laissent de leur mangeaille, ils sont près de mourir.

Manuel du charcutier, ou, L'art de préparer et de conserver les différentes parties du cochon d’après les plus nouveaux procédés précédé de l'art d'élever les porcs, de les engraisser et de les guérir, par une réunion de charcutiers et rédigé par Mme Celnart, 1827.

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