samedi 28 septembre 2013

OvO : Abisso

Vous cherchez, par hasard, la version un tant soit peu décontractée et décorsetée de Khlyst, Gnaw, et aussi Made Out of Babies, Jucifer, Nic Endo - toutes ces sympathiques conneries parfois un peu trop pénétrées de leur grande dangerosité ? Ne cherchez pas plus loin. OvO injecte dans tout le merdier griffu une très gratifiante brouettée de fumier de connerie imbibée et complaisante, mal coloriée, hurlante, bien à la hauteur de leurs camarades de label de Zolle, et tout comme eux, n'en tourne pas pour autant une seconde à la déconnade, bien au contraire - les plus cons sont souvent les plus malfaisants, après tout - et Alain la Tique ne s'y est pas trompé d'ailleurs, puisqu'il cachetonne ici, et s'intègre parfaitement à la tapisserie à moitié décapée, donnant son modeste meilleur sans tenter de déchirer la couverture, juste comme il le faisait déjà sur Passion, comme quoi ce type est doué pour les petits contrats. Mais revenons à nos moutons carnivores. Abisso a des cheveux de paille séchée au soleil qui rend fou, et Abisso fait honneur à la face de punaise de son emballage, qu'on croirait l’œuvre d'un Away qui aurait passé l'après-midi enfermé à la cave à essayer en vain de cuver une bouteille de Chianti chaud ; Abisso fait honneur au simplisme rustre du nom de ses auteurs et à son propre vilain titre de catcheur de province, dans ses beats bigleux qui rivalisent de criard, de rogome, de claudicant, d'écrase-arpions et de migraineux avec ses propres guitares tournées et gondolées ; Abisso me fait plaisir parce que vous savez quoi ? je me demandais justement récemment ce qu'étaient devenus mes chers Made in Mexico (et découvrais avec horreur que Madame était partie dans Assembly of Light Choir), et m'en voici consolé avec ce Massacre à la Tronçonneuse dans les Pouilles.
Et puis, tout de même, petit à petit, chemin faisant Abisso fait son trou, et tient les promesses d'Averne de son titre, aussi. Parce que la... chanteuse, dans le genre bacille anaérobie irradié jusqu'à atteindre la taille d'un petit ours, pardon ! Elle est la bouche de ce disque, ça oui - pas celle qui chante : celle qui dévore. Une tâche noire d'encre, le gribouillis d'un gros pinceau rêche et mal léché, la caillasse de charbon où viennent magnétisés s'agglutiner tous les copeaux, de bois, de métal et de chair, dont l'essaim bourdonne de morceau en morceau, caustique et piaillant. Elle est la plaie et le couteau, comme disait l'autre - je vous laisse décider le ou laquelle des trois...

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