mercredi 25 septembre 2013

The Oscillation : From Tomorrow

Kraut-psyche, qu'elle dit la fiche promo. Ce n'est donc pas cette fois que je vais enfin (ou pas) commencer à chercher à écouter du krautrock. Parce que je ne vois ici rien d'autre que du rock psyché. Ah, si, remarquez : une ambiance industrialo-pharmaceutique presque pas loin d'un 202 Project qui serait parti choper de nouvelles ivresses en bacilles sous quelque tropique mal défini, mal situé et mal famé. Ce serait ça le kraut ? A la rigueur je serais peut-être mieux disposé à pour une fois admettre l'étiquette shoegaze, après tout l'allusion médicamenteuse est déjà lâchée, et serait du reste difficile à retirer ; mais alors un shoegaze qui pour une fois irait moins créditer la thèse du tapis de pédales et du mur rosâtre y perpendiculaire, que celle qui m'est plus chère car lue du temps de mes années tendres dans une biographie des Cure, et qui en faisait la bannière sous laquelle rallier tous ces poulains qu'ils emmenaient en première partie à une époque, et dont la commune timidité indie faisait à tous fixer leurs pompes à longueur de concerts. Parce que, tout bonnement, il y a du Cure dans cette humeur, charbonneuse mais avec une ambiguïté fantasque, ce smog toujours prêt à se teinter du rose incandescent du baiser, et du vert irradié, baveux et clignotants ainsi qu'on les voit ci-dessus, toujours prêt à... partir, encore une fois, à la dérive, le cœur au bord des lèvres et le front qui perle de sueurs éthyliques au fond d'une cale grinçante et ricanante, cap sur les chaleurs les plus psychotropes, et les jardins vénéneux qu'on trouve sur ces îles envoûtées qui n'existent pas, où la tête tourne au gré du délire où l'on se laisse aller jusqu'à laisser échapper de vigoureux et crânes "ough!" animaux, pour ne plus entendre la sourde angoisse de la basse qui à son heure tout dévore, tandis que là-derrière dans la jungle les guitares entre elles s'appellent et gémissent, et des lambeaux de saxophone geignent, comme si Sonic Youth était devenu le nom d'une réserve abandonnée peuplée de petits singes en rut, dans un pays où l'air même que l'on respire est aussi vénérien et tuméfié de chimères ébrieuses qu'un morceau de Deutsch Nepal.
Je pars devant, hein, je vous laisse me rattraper. Pas certain de revenir d' "Out of Touch", je me ferai peut-être étoile d'ouate à la place, loin, là-bas, au fond.

1 commentaire:

Raph a dit…

miam ! hâte