jeudi 31 octobre 2013

Gehenna : Unravel

Fourbu, farouche, rigoureux, hiver, coupant, râpeux, rocaille, loups, sinistre, patibulaire, ermite, sévère, souche, carne, vespéral, orage... Finalement, les mots ne sont-ils pas les mêmes pour décrire un album de Neurosis et un album de true black ? A moins que non, que ce ne soit que mon goût de publicitaire pour les formules, et qu' Unravel ne soit pas tout à fait n'importe quel disque de true black... Mais pourtant, ce disque qui donne l'hallucinante impression d'écouter Kelly et Von T. engoncés dans des peaux de bêtes, n'est rien d'autre que du true black. Lacustre, sourd et archaïque ; Unravel ne s'écoute pas, il s'accueille à poumons grands ouverts.

mardi 29 octobre 2013

Inquisition : Obscure Verses for the Multiverse

Les définitions de genre univoques, bibi il aime pas de trop. Alors le black c'est du punk et de la haine, d'accord, tout à fait, les exemples ne manquent pas, servez-vous. Mais le black c'est du death de vieux vagabond décharné, occupé à mourir congelé à la sortie de la ville, c'est très vrai aussi, il sera bien temps de l'affirmer avec force lorsqu'on parlera du dernier Gehenna.
Et aujourd'hui, le black c'est de la musique mystique ; au sens solaire ; au sens cosmique. Les deux premières pages du livret de la chose en question sont explicites là-dessus, mais si elles sont réjouissantes, elles ne remplissent pas une fonction indispensable : il suffit d'écouter la lumière non pareille, exaltée, surréelle de ces riffs, les couleurs impossibles qu'ils font frétiller d'aise et de gourmandise dans l'infini de l'esprit - pour l'entendre : Obscure Verses for the Multiverse est un appel, gorgé de ferveur et de langueur, en spirale, une aimante prière, suave et aigrelette, aux puissances de la ruine et du changement permanent, à leurs ors resplendissants, une face au sourire béat présentée aux légions fourmillantes et innombrables de la dissolution. Une merveille, un ravissement, un siphon vers le reste de l'existence. Un chemin douloureux et glorieux vers l'épuisement. Venez dans la lumière.

lundi 28 octobre 2013

Inferno : Omniabsence Filled by His Greatness

D'évidence, on y vient pour la pochette ; pas vrai ?
On n'y trouvera, probablement, pas ce qu'elle promet (mis à part si c'est : un livret magnifique). Pas tout à fait. Pas comme prévu. Déjà, non, ce n'est pas du Metastazis. Et surtout, non, on n'aura pas son quota attendu de ces dissonances, de ces gammes de la turpitude qui commencent rien qu'un peu à être convenues, et donc parfois vidées de tous leurs pouvoirs, entre certains doigts maladroits (non mais vous allez arrêter, tous, avec cet ennuyeux Flesh Cathedral ?). Inferno n'en ont pas besoin, il faut dire, ils ont un avantage naturel : ils sont Tchèques. Et donc, ils peuvent très aisément rester dans le parfaitement mélodieux voire délicat et agréable à l'oreille, pour convoquer une épaisse atmosphère de mystères, saisissante à la gorge, brasillante, suffocante peut-être même ainsi qu'on aime à dire, mais alors suffocante d'ivresse, suffocante de sourdes vagues de plaisir qui encombrent et engorgent les sens sans tout à fait les envahir de façon nette, massive, plate en un mot. Omniabsence ressemble à une bouteille de Tokay (c'est la Hongrie, je sais, peu importe) couverte d'une poussière qu'on sent un peu en la sirotant au goulot, s'en dorant la gorge, les artères et les boyaux. Omniabsence d'ailleurs ressemble à un autre et illustre album de pochards dont le titre est The Top : il en a les infinies propriétés désaltérantes, en cascades éblouissantes d'étrangeté il en dispense le délicieux muscat brûlant et sinueux. Oh, et puis à la fin ! qui a dit que pour communier, occultiser, ou simplement pactiser jambes en l'air avec quelques puissances de l'autre monde il fallût systématiquement être bon à décrasser et désinfecter des ongles des orteils jusqu'à la racine des cheveux à la fin de l'affaire ?

mercredi 23 octobre 2013

EndAnd : Mechanics & Energetics of Stilt-Running

Post punk, punk hardcore, post hardcore : tu la vois, la logique ? Eux non plus. Ils se contentent d'enquiller des morceaux de punk rock dignes de Fugazi en grande forme, tout aussi suroxygénés mais encore un peu réveillés à généreuses rasades d' une joviale acrimonie comme britonne, école Future of the Left, et surtout à grands coups d'une décontraction canaille qui allonge sans avoir l'air d'y toucher le cou de leurs chansons, entre les nuages, jusqu'à aller faire un clin d'oeil complice au dernier Parween, par exemple, quand l'envie leur en prend.
Fraîchement hystérique, prodigieusement frais.

mardi 22 octobre 2013

The Great Tyrant : There's a Man in the House

La tentation serait forte de dire simplement que Sigmund und sein Freund ont miraculeusement rené - tant on croit retrouver ici cette sorte de divagation sur le thème des Swans basculés dans la folie dandy. Mais The Great Tyrant tiennent fort bien tout seuls dans leur propre démence, qui fait rencontrer un Michael Gira trans-temporel et les Stranglers, un peu.
La tentation serait grande de trouver que, forcément, Pinkish Black ne pouvaient qu'être moins bons, que puisque l'un des The Great Tyrant s'est suicidé, ce ne pouvait qu'être le plus tourmenté et saturé par le talent, d'un groupe dévoué au tourment. Or Pinkish Black, c'est pas mal du tout... Mais forcément, il est difficile de soutenir la comparaison avec la douloureuse insanité zeuhl-goth de cette chose de disque-ci, cet amer et grinçant alliage de Shub Niggurath, cette voix qu'on dirait presque d'un Alexis Cailleton qui se serait fait une tenue de soirée dans le cadavre efflanqué d'un Nick Cave fraîchement exhumé, cette musique semblable au renflement d'une inquiétante et caprine érection dans le tissu précieux d'un smoking, au langoureux cliquetis chitineux derrière les poussiéreux drapés lourds comme une mamelle, d'une antique tenture lie-de-vin dont il paraît certain qu'elle a été le complice silencieux de mainte partie aussi fine que tangente, âge après âge - une sorte d'Omala de chambre, vous avez deviné, de Bodychoke florentin... Une paille.

lundi 21 octobre 2013

Gay Kiss : Fault



- Alors dis-moi, c’est quoi ton problème avec l’homosexualité ?
- Mais, je te le répète, je n’ai absolument AUCUN problème avec l’homosexualité !
- Embrasse-moi
- Heu, attends, ce n’est pas ce que je voulhhHhmmPpfffmhMhhPfflllm

Casio Judiciaire : Pièce à Conviction

Peut-être, éventuellement, admettons, si Big Black avaient joué de l'ebm, auraient-ils réussi à faire aussi salissant que RHODOÏDE ceci, là, que ce machin sinistre qui résonne de souvenirs rouillés et souillés de Second Layer, de The Klinik et des tout premiers Leaether Strip, réussi RHODOÏDE à créer des choses aussi collantes RHODOÏDE que ces refrains inhumains et ces synthés trop humains, toute cette chiasse mentale RHODOÏDE de matières synthétiques, obsessionnelle et obsédante, ces surfaces lisses, mortes et froides, horriblement suintantes des humeurs impossibles et pourtant déplaisamment gluantes, de tous les appétits RHODOÏDE qui les rongent et les cloquent de l'intérieur. RHODOÏDE.
Une nouvelle peur s'éveille, derrière Saint Maur des Fossés. Un nouveau Mur s'érige. Le diable habite Champigny.

dimanche 20 octobre 2013

Wormlust : The Feral Wisdom

Il y a des albums, c'est comme le premier Valborg : pas la peine de chercher à être à la hauteur, ou même simplement de respecter la clignotante résolution de s'abstenir de namedropping. Le tout est de trouver une calembredaine à dire, peu importe laquelle, pourvu que cela serve de prétexte à fourrer sous les yeux de votre interlocuteur la pochette.
Dont acte.

Après ça, on peut bien dégoiser sur ce que cette musique peut bien tenir d'une rencontre saugrenue entre Leviathan et Ævangelist, ce qui est déjà n'importe quoi, que l'on pense à leurs styles "de base" respectifs, ou aux deux champs dangereux de divagation agravifique que cela ouvre - et pourtant évoquer puissamment Comets on Fire, leur lumière acide, et encore une écoute d'On the Ellipse assistée par les fruits d'une cueillette en forêt, et le givre entre des étoiles sardoniques aux rires grêles et idiots, où semble ondoyer un immense serpent de vide... La mission est quoi qu'il en soit accomplie. Il faut faire confiance au produit. De toutes les manières les écoutes se suivent depuis des semaines, et je ne sais toujours pas ce que j'en pense, presque j'ai l'impression que c'est moi l'évêque-flipper de la pochette.

mardi 15 octobre 2013

Pigs : Gaffe

Matthieu de Solar Flare ne fait pas qu'arborer des tatouages aussi discrètement étranges que les harmonies vocales donc il oxygène le truckin'core de Sofy Major : c'est aussi un homme qui n'oublie pas les gens. Il m'avait proposé le promo d'American Heritage, puis celui de Watertank, alors que j'avais pourtant décliné sa toute première offre de promo. Et il m'a donc envoyé le nouveau Pigs, sans même que je le demande. D'ailleurs je suis sûr qu'il n'a pas oublié que ladite première offre de promo prétexte de notre premier contact, concernait le premier Pigs, ni non plus oublié que je lui avais avoué me sentir trop peu touché par ledit disque pour envisager d'en parler. Période de fatigue unsanienne probablement, et non-adhérence assez nette à la voix de Dave Curran. Alors, quand un type dans ce genre vous envoie le disque quand même, sans même tâter le terrain, on pressent derechef qu'il y a peut-être des raisons d'être attentif - et de respecter le bonhomme aussi, ce qui va pas être le cas si je continue à parler de lui au lieu de ses poulains.
Or donc, Pigs. La voix de Dave Curran, elle n'est toujours pas ma chose préférée du monde, c'est certain. Et pourtant elle glisse beaucoup mieux. Parce que Pigs, ce n'est plus juste du Unsane un peu plus acide et qui permet de ne pas trop user ses Unsane. Pigs, sur les trois ci-devant morceaux qu'on espère indices de l'album à venir - chez Solar Flare - s'aère, se délie la langue et les jambes, swingue - rassurez-vous, avec un bon swing et un bon club on peut faire pas mal de casse, le compère Curran, son si flegmatique accent et ses laconiques acolytes ne se sont pas encore mis au mathématiques, à mater leurs pompes et aux pull-over à rayures ; non, chacun à leur discrète façon sur leur instrument, ils conspirent tranquillement à injecter leur rugueuse élégance dans cette musique qu'il va bien falloir après tout cesser d'appeler Unsane (raté), pour parler de façon un peu plus ouverte de blues urbain cambouisard, la brouillant d'un vice digne des plus dangereux sournois, des Harkonen, des Craw et des Cop Shoot Cop... En fait, maintenant que vous le dites, ces trois petits morceaux-là sont bien meilleurs à eux seuls que les trois derniers albums d'Unsane. Et je pourrais fort bien me mettre à trouver que le voix de cet homme si courtois - voyez une peu le titre prévenant qu'il a donné à l'ep en question - m'est moins fatigante après tout que celle de Spencer. Je m'en vais, en tout état de cause, réécouter attentivement You Ruin Everything, vu que je n'ai que ça à faire pour tromper l'attente d'un successeur porteur de si fiévreuses espérances.

Motörhead : Aftershock

Il avait suffi de peu. Des nouvelles de diabète, de concerts annulés, un film aux relents de nécrologie, un album aux allures d'hospice... On était frappé de plein fouet par la mortalité de papa, le monde changeait de couleur et de goût tout à coup, une époque s'était écroulée, insouciante et pleine de certitudes inavouées.
Il aura suffi de pas grand chose. Une pochette brutale, une enfilade de morceaux courts, trempés de boogie aussi propre qu'une praline en plein sur le blair, qui aplatit et fait pisser le sang instantanément, entrelardés de blues aveuglants. On avait déjà oublié, sapristi, quand bien même on se rappelait forcément et volontiers en lançant le disque, qu'un album récent de Motörhead pouvait très facilement être un bon voire un très très bon album de Motörhead - ce que cela faisait, de s'emplâtrer un foutu nouvel album de Motörhead, un vrai. Mais en une écoute on sait, pas de triche ni de trompe-couillon possible sur ce genre de terrain. On sait et on ramasse. Lemmy va aussi bien qu'on peut aller, Phil est en feu, et Mickey ? Est-ce que vous avez bien regardé Mickey avant de poser des question idiotes ?
Pas grand chose ? Vraiment ? Vous essaierez de dire ça de ma part au train qui va vous rentrer dans le buffet.

dimanche 13 octobre 2013

Oozing Wound : Retrash

Je me permettrai en cette occasion d'affirmer mon désaccord avec un confrère à l'avis toujours précieux : ce disque est non seulement à sa place chez Thrill Jockey, mais encore, c'est mon point de vue, tout à côté de Liturgy, dont il possède à parts au moins égales le jusqu'au-bout-isme hallucinatoire - Oozing Wound l'appliquent quant à eux au velcro-thrash, et là où Renihilation donnait envie d'enfin se fader une relecture d'Hyperion de Dan Simmons, Retrash lui vous fichera la pulsion de courir toutes affaires cessantes - le temps de passer un bermuda en jean déchiré et des baskets blanches, tout de même - chez le bouquiniste faire rapine de tout ce qu'il pourra vous trouver de vieille science-fiction française des années 60, la plus acide, cruelle, rance, vicieuse, sadienne, paranoïaque et fer-blanc possible. Blanc aveuglant et brûlant, oui, comme chez Liturgy donc, et sans une trace du fantôme d'un atome de sucre, c'est aussi pour quoi l'on a davantage envie de ranger Oozing Wound dans le noise que dans le metal, ce son qui s'inflige des inflammations lancinantes aux oreilles et qui par surcroît s'en délecte à les entretenir en répétant sans fin ses motifs aigres et teigneux, en spirale ascendante vers la folie furieuse ; et noir et gris griffonnés au bic, évidemment, à s'en enfin consoler une fois pour toutes de n'avoir jamais trouvé autant de millipède malignité qu'on en souhaitait dans le Black Future de Vektor. Enfin, je veux dire, il faut aussi que je vous raconte ce que vous fait l'idée de ce splendide scolopendre et ses nombreuses petites pattes griffues dans les douillets replis de votre cerveau ? Scolopendre qui n'est même pas jaunâtre, donc, puisqu'on a dit noir et blanc, impitoyablement ternes et sans issue, gravés dans le papier par une blafarde nuit qu'on imagine tiède et gluante de fièvre k-dickienne... Mais qu'est-ce que vous attendez donc ? COUREZ, pauvres fous !

samedi 12 octobre 2013

DreamDecay : N V N V N V



Musique pénible. Bousillage de guibolles. Le presque partout porté disparu. Alain Malsain, sa mère ovulaire vermoulue, son épouse poisseuse. Trente-neuf ventres enfleurés de chèvres revêches brossées à contresens du poil. 
Pénible et indigeste. Gras-double, âcre masse dans sa cage. Douleur couleur oubli d’oie. Servitude vitrée. Chat maigre sur nuque tendue. Défaillance de chien de faïence. Mal au bide. 
Pénible, indigeste et vicelarde. L’assureur à sueur rance des proxénètes de proximité se dévisse la tête et la lance au loin. Frigo vide. Paillasson souillé. Merditude des choses quand le gros sel de l’eau des nouilles de la vie vient à manquer. 
Et si tu trouves quoique ce soit sur les dauphins (posters, images…) tu serais sympa de m’en envoyer.

mardi 8 octobre 2013

Jex Thoth : Blood Moon Rise

Du diable ou de qui que ce soit si je m'attendais à ça. On a beau être du nombre des innombrables fans énamourés de l'album rouge... S'imaginait-on vraiment que, sorti bien évidemment de quelques Led Zeppelin et d'Overkill, un disque de vieux rock ère babeloche pût faire aussi fichûment mal ? Mal, mal, mal. Blood Moon Rise est une lame dans le cœur. Une très fine, presque un reflet sur l'eau, qui pénètre comme un souffle, infime, et plonge bien au fond. Un vent aride et caressant, un baiser céleste qui vous dessèche jusqu'aux os, vous réduit en poussière, vient en doux coup de grâce se poser sur les lèvres suppliantes de l'assoiffé rampant, une bénédiction radieuse de maternelle concupiscence, une promesse de douleur sans pareille, aussi fraîche et effrontée qu'une gardienne de chèvres à peine nubile, et rusée et calme qu'une vieille fileuse trois fois veuve ; Hwi Noree et Darwi Odrade tout à la fois. Continuer à tenter de le définir est vain. Rien dans ce disque n'a de contour, il est un ensablement de l'âme, il est les molles et immenses dunes du désert mangeur de planètes. Au début, disons le platement, il m'a fait chier et contrarié, et je n'arrivais pas à me laisser faire, à l'écouter sans rien faire. Va donc savoir pourquoi, je n'étais pourtant pas spécialement estropié ce jour-là : il a soudain trouvé une voie ; et y a fait invasion, en masse, comme une peste fait une ville fantôme. Désormais je n'arriverai plus jamais à rien faire, lorsqu'il aura commencé ; le corps matériel s'ensable, et le reste suit le sirocco où il va, au loin. Ce qui, étrangement, n'empêche pas de sentir en bas l'autre courant d'air, le fil de la lame qui sans un bruit ni un effort vous ouvre sur la gorge son large sourire amer.

dimanche 6 octobre 2013

Melt-Banana : Fetch


Oscillant entre une Pop sous hélium pour papillons épileptiques et une Noise gélifiée pour ravis de la crèche, Fetch t’ouvre grand les bras, une barbe à papa dans une main, un cocktail Molotov dans l’autre, une balise Argos en guise de visage. Des ritournelles lobotomisantes comme des publicités pour constructeur automobile dans un anglais cassé, réduit en miette, de la confiture d’anglais jappée par un Chipmunk aux yeux rouges, une Betty Boop en roue libre.
Moins de terrorisme, plus de sautillance et des atmosphères plus posées : lifting réussi, retour gagnant, tu vas avoir honte de les avoir presque oublié et, je te l’annonce par avance, tu vas te prendre une méchante fessée.

vendredi 4 octobre 2013

Staer : Daughters

Le noise par la noise. Le bruit industriel terroriste à partir d'une cellule et d'un équipement rocks. Si vous pensez à ces imbéciles heureux de Lightning Bolt où aux cannabilieux White Mice, et à leurs morceaux dératés pour fans de Marvin, attention, toutefois. La chose la plus rock dont s'approche Daughters s'intitule The Anatomy of Addiction, je pense.
Mais à la vérité, on est davantage ici sur le territoire où maraudent les prédateurs supérieurs du type Divorce à la rigueur, mais plutôt carrément Child Abuse voire ZS, vu la taille, le tranchant et les formes barbares qu'exhibent les griffes de ce jazz d'exterminateur - vu la netteté également coupante des textures toxiques qui s'y tapissent, jusqu'à en rappeler les contrées les plus chimiques de Techno Animal.
N'abandonnez pas tout espoir et entrain, cependant : il sévit au cœur de cette enclave dantesque et corrosive une humeur d'ivresse primitive, propre à réveiller les organes en vous qui sont réceptifs à Converter, Ultralyd, Sielwolf et Mombu, les tremper comme des sucres dans la joie panique la plus abjecte, les infuser à fond d'un sentiment d'harmonie et de gratitude à se faire disloquer, démembrer, remodeler et galvaniser à chaud, à en faire péter la poitirine de la liquide allégresse du chasseur, dans un concert de piaillements surréels. Presque davantage du côté de la house music, si elle était carnivore. Y a pas à dire, long live the new flesh est toujours une bonne idée de truc à faire.

Horse Arm, le nom du label (pour la version cd)  paraît tout à fait approprié, on ne sait pourquoi.

mardi 1 octobre 2013

Vorkreist : Sigil Whore Christ

Cruel dilemme à l'écoute du dernier Vorkreist : grande serait la tentation de languir après un disque où ils se consacreraient exclusivement à leurs moments downtempo, tant les vapeurs de vice s'en exhalent lourdement ; et pourtant ce serait perdre ce qui fait le précieux talent de Vorkreist : la discrétion, la façon de ne pas appuyer - toutes proportions gardées, il s'agit après tout de metal satanique - ses traits par trop de Gemey Maybelline, de rester dans la simplicité, la discrétion de ses effets ; car voyez-vous, Vorkreist fait dans l'ambiance, Monsieur. Ah. Voilà l'affaire. Aussi, c'est tout ce qui compte et peut faire l'intérêt, dans un genre aussi potentiellement fatigant par sa surcharge constitutive, que le black-death. Mais Vorkreist ne s'y connaît pas qu'un peu, en ambiance : il en est une. Vorkreist ne lancine pas en te fourrant ses répétitions sous le nez comme un sourd-muet sa fichue pétition : Vorkreist te fait piquer du nez, à force de te manger le cerveau de sa migraine vaporeuse, du pesant quoique brumeux battement de son sang contre toutes tes idées encombrées, qu'il emmène vers le fond, vers une morosité caressant et remâchant sans fin l'idée de quelque cochonnerie un peu fourbe, et pourtant giflante d'obscénité, pour peu qu'on parvienne à garder l'attention éveillée et alerte. Car c'est ce qu'est Vorkreist : un porc vicieux dont toutes les facultés intellectuelles raffinées sont canalisées dans la ruse et asservies à ses appétits. Et croyez-moi, si l'on peut avoir envie d'extrapoler des premières une tenue de marquis, derrière son jabot et l'élégance tour à tour ramassée et déliée
 de ses manières, gronde une véritable bête à faire reculer Hell Militia et d'autres mâtins tout aussi bien râblés.