mardi 8 octobre 2013

Jex Thoth : Blood Moon Rise

Du diable ou de qui que ce soit si je m'attendais à ça. On a beau être du nombre des innombrables fans énamourés de l'album rouge... S'imaginait-on vraiment que, sorti bien évidemment de quelques Led Zeppelin et d'Overkill, un disque de vieux rock ère babeloche pût faire aussi fichûment mal ? Mal, mal, mal. Blood Moon Rise est une lame dans le cœur. Une très fine, presque un reflet sur l'eau, qui pénètre comme un souffle, infime, et plonge bien au fond. Un vent aride et caressant, un baiser céleste qui vous dessèche jusqu'aux os, vous réduit en poussière, vient en doux coup de grâce se poser sur les lèvres suppliantes de l'assoiffé rampant, une bénédiction radieuse de maternelle concupiscence, une promesse de douleur sans pareille, aussi fraîche et effrontée qu'une gardienne de chèvres à peine nubile, et rusée et calme qu'une vieille fileuse trois fois veuve ; Hwi Noree et Darwi Odrade tout à la fois. Continuer à tenter de le définir est vain. Rien dans ce disque n'a de contour, il est un ensablement de l'âme, il est les molles et immenses dunes du désert mangeur de planètes. Au début, disons le platement, il m'a fait chier et contrarié, et je n'arrivais pas à me laisser faire, à l'écouter sans rien faire. Va donc savoir pourquoi, je n'étais pourtant pas spécialement estropié ce jour-là : il a soudain trouvé une voie ; et y a fait invasion, en masse, comme une peste fait une ville fantôme. Désormais je n'arriverai plus jamais à rien faire, lorsqu'il aura commencé ; le corps matériel s'ensable, et le reste suit le sirocco où il va, au loin. Ce qui, étrangement, n'empêche pas de sentir en bas l'autre courant d'air, le fil de la lame qui sans un bruit ni un effort vous ouvre sur la gorge son large sourire amer.

1 commentaire:

Ø a dit…

Magnifique cet album... Et en concert... Mamma...