dimanche 13 octobre 2013

Oozing Wound : Retrash

Je me permettrai en cette occasion d'affirmer mon désaccord avec un confrère à l'avis toujours précieux : ce disque est non seulement à sa place chez Thrill Jockey, mais encore, c'est mon point de vue, tout à côté de Liturgy, dont il possède à parts au moins égales le jusqu'au-bout-isme hallucinatoire - Oozing Wound l'appliquent quant à eux au velcro-thrash, et là où Renihilation donnait envie d'enfin se fader une relecture d'Hyperion de Dan Simmons, Retrash lui vous fichera la pulsion de courir toutes affaires cessantes - le temps de passer un bermuda en jean déchiré et des baskets blanches, tout de même - chez le bouquiniste faire rapine de tout ce qu'il pourra vous trouver de vieille science-fiction française des années 60, la plus acide, cruelle, rance, vicieuse, sadienne, paranoïaque et fer-blanc possible. Blanc aveuglant et brûlant, oui, comme chez Liturgy donc, et sans une trace du fantôme d'un atome de sucre, c'est aussi pour quoi l'on a davantage envie de ranger Oozing Wound dans le noise que dans le metal, ce son qui s'inflige des inflammations lancinantes aux oreilles et qui par surcroît s'en délecte à les entretenir en répétant sans fin ses motifs aigres et teigneux, en spirale ascendante vers la folie furieuse ; et noir et gris griffonnés au bic, évidemment, à s'en enfin consoler une fois pour toutes de n'avoir jamais trouvé autant de millipède malignité qu'on en souhaitait dans le Black Future de Vektor. Enfin, je veux dire, il faut aussi que je vous raconte ce que vous fait l'idée de ce splendide scolopendre et ses nombreuses petites pattes griffues dans les douillets replis de votre cerveau ? Scolopendre qui n'est même pas jaunâtre, donc, puisqu'on a dit noir et blanc, impitoyablement ternes et sans issue, gravés dans le papier par une blafarde nuit qu'on imagine tiède et gluante de fièvre k-dickienne... Mais qu'est-ce que vous attendez donc ? COUREZ, pauvres fous !

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