mardi 15 octobre 2013

Pigs : Gaffe

Matthieu de Solar Flare ne fait pas qu'arborer des tatouages aussi discrètement étranges que les harmonies vocales donc il oxygène le truckin'core de Sofy Major : c'est aussi un homme qui n'oublie pas les gens. Il m'avait proposé le promo d'American Heritage, puis celui de Watertank, alors que j'avais pourtant décliné sa toute première offre de promo. Et il m'a donc envoyé le nouveau Pigs, sans même que je le demande. D'ailleurs je suis sûr qu'il n'a pas oublié que ladite première offre de promo prétexte de notre premier contact, concernait le premier Pigs, ni non plus oublié que je lui avais avoué me sentir trop peu touché par ledit disque pour envisager d'en parler. Période de fatigue unsanienne probablement, et non-adhérence assez nette à la voix de Dave Curran. Alors, quand un type dans ce genre vous envoie le disque quand même, sans même tâter le terrain, on pressent derechef qu'il y a peut-être des raisons d'être attentif - et de respecter le bonhomme aussi, ce qui va pas être le cas si je continue à parler de lui au lieu de ses poulains.
Or donc, Pigs. La voix de Dave Curran, elle n'est toujours pas ma chose préférée du monde, c'est certain. Et pourtant elle glisse beaucoup mieux. Parce que Pigs, ce n'est plus juste du Unsane un peu plus acide et qui permet de ne pas trop user ses Unsane. Pigs, sur les trois ci-devant morceaux qu'on espère indices de l'album à venir - chez Solar Flare - s'aère, se délie la langue et les jambes, swingue - rassurez-vous, avec un bon swing et un bon club on peut faire pas mal de casse, le compère Curran, son si flegmatique accent et ses laconiques acolytes ne se sont pas encore mis au mathématiques, à mater leurs pompes et aux pull-over à rayures ; non, chacun à leur discrète façon sur leur instrument, ils conspirent tranquillement à injecter leur rugueuse élégance dans cette musique qu'il va bien falloir après tout cesser d'appeler Unsane (raté), pour parler de façon un peu plus ouverte de blues urbain cambouisard, la brouillant d'un vice digne des plus dangereux sournois, des Harkonen, des Craw et des Cop Shoot Cop... En fait, maintenant que vous le dites, ces trois petits morceaux-là sont bien meilleurs à eux seuls que les trois derniers albums d'Unsane. Et je pourrais fort bien me mettre à trouver que le voix de cet homme si courtois - voyez une peu le titre prévenant qu'il a donné à l'ep en question - m'est moins fatigante après tout que celle de Spencer. Je m'en vais, en tout état de cause, réécouter attentivement You Ruin Everything, vu que je n'ai que ça à faire pour tromper l'attente d'un successeur porteur de si fiévreuses espérances.

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