mardi 1 octobre 2013

Vorkreist : Sigil Whore Christ

Cruel dilemme à l'écoute du dernier Vorkreist : grande serait la tentation de languir après un disque où ils se consacreraient exclusivement à leurs moments downtempo, tant les vapeurs de vice s'en exhalent lourdement ; et pourtant ce serait perdre ce qui fait le précieux talent de Vorkreist : la discrétion, la façon de ne pas appuyer - toutes proportions gardées, il s'agit après tout de metal satanique - ses traits par trop de Gemey Maybelline, de rester dans la simplicité, la discrétion de ses effets ; car voyez-vous, Vorkreist fait dans l'ambiance, Monsieur. Ah. Voilà l'affaire. Aussi, c'est tout ce qui compte et peut faire l'intérêt, dans un genre aussi potentiellement fatigant par sa surcharge constitutive, que le black-death. Mais Vorkreist ne s'y connaît pas qu'un peu, en ambiance : il en est une. Vorkreist ne lancine pas en te fourrant ses répétitions sous le nez comme un sourd-muet sa fichue pétition : Vorkreist te fait piquer du nez, à force de te manger le cerveau de sa migraine vaporeuse, du pesant quoique brumeux battement de son sang contre toutes tes idées encombrées, qu'il emmène vers le fond, vers une morosité caressant et remâchant sans fin l'idée de quelque cochonnerie un peu fourbe, et pourtant giflante d'obscénité, pour peu qu'on parvienne à garder l'attention éveillée et alerte. Car c'est ce qu'est Vorkreist : un porc vicieux dont toutes les facultés intellectuelles raffinées sont canalisées dans la ruse et asservies à ses appétits. Et croyez-moi, si l'on peut avoir envie d'extrapoler des premières une tenue de marquis, derrière son jabot et l'élégance tour à tour ramassée et déliée
 de ses manières, gronde une véritable bête à faire reculer Hell Militia et d'autres mâtins tout aussi bien râblés.

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